‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 157 sur 205 · LES SACREMENTS · texte numérisé non relu

LES SACREMENTS

Rome au xiv® siècle, devint générale dans le courant du XV® ; la double élévation était déjà en usage dans l'Église grecque, depuis le xii* siècle. Le concile de Plaisance, tenu sous la présidence d'Urbain II, ajouta la préface de la Sainte Vierge aux autres déjà en usage ; ce qui en porta le nombre à dix, comme nous le voyons encore aujourd'hui. Tandis que le concile de Latran (1215) se plaignait de la tiédeur des prêtres qui célébraient la messe à peine quatre fois par an, au contraire quelques synodes s'élevaient contre l'abus d'offrir le saint sacrifice plusieurs fois par jour^ On le permettait cependant aux jours de Noël et de Pâques ; ailleurs aussi pour la Pentecôte et la Toussaint, et même pour l'arrivée d'un grand personnage. Innocent III restreignit à Noël et au cas de stricte nécessité la célébration multiple de la sainte messe ; d'où la pratique actuelle du binage. La missa sicca^ c'est-à-dire la messe sans consécration, offrande ni communion; la messe Bifaciata^ trifaciata^ etc., c'est-à-dire une messe avec combinaison de deux ou trois Introït. Épîtres et Évangiles; la messe des morts; célébrée pour les vivants, afin de hâter leur mort, étaient des pratiques qui furent alors sévèrement défendues.

L'usage de donner la sainte Commanion aux enfants après le baptême tomba en désuétude ^. De même pour l'usage de communier sous les deux espèces ; néanmoins, on le faisait encore en beaucoup d'endroits au xiii*' siècle, et le Pape lui-même la pratiquait aux messes solennelles jusque dans le xv® siècle. Par suite de l'hérésie de Jean Huss, le concile de Constance mit fin à l'opposition concernant la communion sous une seule espèce^. Déjà le IV*' concile de Latran (1215) avait obligé les chrétiens, sous des peines sévères, de s'approcher de la sainte Table une fois l'an, à Pâques '*. On portait plus solennellement qu'autrefois la sainte communion aux malades, en accompa-

1. Hefele, V, 796, 9M, 947, 951 8., 1007, 108Î; VI, 183, 219, 4Ö5, K39. — ü. Syoode de Trêves (l«7). — Hefele, v, 947. — 3, Sess. XUI. — 4. Maksi, XXU, 1000, 1010.

gnant le saint Sacrement avec des cierges allumés et au son de la cloche ou d'une sonnette. Devant Tautel ou le tabernacle brûlait une « lumière perpétuelle ».

4° Depuis le milieu du xiii'- siècle, on employa universellement dans le sacrement de Pénitence la forme indicatiçe^ de l'absolution, au lieu de la déprécatwe. Le IV concile de Latran (1215) prescrivit, avec menaces de peines sévères, de garderie secret de la confession, et de se confesser une fois par an à son propre prêtre [proprio sacerdoti). Ces dernières expressions soulevèrent bientôt une lutte violente : évêques, universités et curés soutenaient qu'un paroissien ne peut, contre la volonté de son curé, faire sa confession pascale à un religieux; au contraire, vers la fin du xiii* siècle, les Ordres mendiants prétendaient que leurs pénitents n'étaient nullement obligés de refaire leur confession à leur propre curé. Le synode provincial de Reims (1287) s'adressa au Saint-Siège qui donna raison aux Dominicains et aux Franciscains 2. C'est pourquoi ils entendirent les confessions, sans la permission du curé, avec l'assentiment du pape, de son légat et de l'évêque. On distinguait déjà les cas réservés au pape et à l'évêque. Se confesser à un laïque était permis et même conseillé en temps de calamité ; bien qu'il fût toujours reconnu que le laïque n'avait aucun pouvoir d'absoudre^. La pénitence restait sévère. Après le Décret de Gratiën et les Décret taies de Grégoire IX, les anciens canons pénitenUaux^ sans être abrogés, tombèrent en désuétude. Le cardinal Henri de Séguse (-j- 1271) rédigea 46 canons que saint Bonaventure inséra dans son confessionale^ en ajoutant d'autres encore. Les pénitences qui y sont prescrites, diffèrent peu de celles de l'époque précédente : prières, aumônes, jeûnes, pèlerinages, entrée en religion, discipline,

1. Cf. Hefele, V, 948 : Auctor itate, qua fungor, ego te absolvo, etc. (lîJT). — 2. Cf. Hefele, V, 228-229 et les références qui s'y trouvent. — 3. P. Livrais, De l'intervention des laïques, des diacres et des abbesses dans V administration de la pénitence, Paris, 1899. — Cf. Suppîementum Summae Theol.j S. Th., q. YIH, a. 1, S et s.

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