‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 158 sur 205 · LES SACREMENTS · texte numérisé non relu

LES SACREMENTS

participation à la croisade ^ Les processions de flagellants, usitées au xiii*^ et au xiv® siècle, ayant donné lieu à beaucoup d'abus, furent défendues ; néanmoins elles ne cessèrent pas de suite, mais devinrent plus nombreuses à Tépoque de la peste noire (xiv® siècle), et eurent lieu dans tous les pays, excepté en France^.

Les rédemptions déjà mentionnées subsistaient encore, c'est-à-dire que les occasions d'être relevé des censures ecclésiastiques sans en subir la pénitence se multiplièrent beaucoup; de telle sorte que la pénitence publique fut très diminuée.

Ceci provenait en partie de la grande libéralité des indulgences. Au commencement du xiii® siècle, elles étaient tellement multipliées, qu'Innocent III (1215) enleva aux évêques le pouvoir d'accorder l'indulgence plénière et limita les indulgences partielles^. Cependant les Papes accordèrent souvent eux-mêmes une indulgence plénière à qui prenait la croix, équipait un croisé, construisait un navire, ou contribuait de quelque autre manière à la croisade. Innocent III accorda une indulgence plénière pour la construction d'un pont sur le Rhône près de Lyon; Innocent IV, pour la construction de la cathédrale de Cologne (1248). En 1300, Boniface VIII publia le premier ya^/fó et accorda une indulgence plénière à tous ceux qui visiteraient la Ville Éternelle et rempliraient les conditions prescrites^. Plus tard, on put gagner ces indulgences, sans faire le voyage de Rome*. Les évêques accordaient souvent des indulgences partielles pour la construction des ponts : 1224 à Maëstricht pour le pont de la Meuse ; 1286 à Esslingen ; 1300 à Mayence^. Pour chaque indulgence, les conditions étaient l'état de grâce et une bonne œuvre.

1. ScHMiTz, Bmshûcher, Mayence, 1883, p. 792 ss. — 2. Cooper, Der Fiagellantismus und die Flagellanten^ Dresde, 1899. — Moll, II, 3, p. 73 ss. — 3. Lateran, IV, 2.-4. CependaDt le jubilé de l'année 1350 fut le premier des jubilés régulièrement institués, annoncés d'ayance et réglementés par le Saint-Siège. Celui de 1300 avait été pour ainsi dire Improvisé. Le pape ne le ratifia qu'après coup. — Cf. E. Rooocâiuchi, Le premier jubilé de i350, Paris, 1900. — 5. Michael, Gesch, cf. deutschen Volke$, I, 170-171.

5** Étant donné que le fiancé et la fiancée sont les ministres réels du mariagre, le mariage clandestin est considéré comme valide, mais sévèrement défendu. Peu à peu divers synodes prescrivirent des proclamations * et déterminèrent les empêchements, le temps -prohibé, l'impossibilité du divorce, même en cas d'adultère*.

6^ Quelques docteurs n'admettaient pas que la même personne pût recevoir rExtrême-Onction plusieurs fois, sous prétexte que la pénitence publique n'était donnée qu'une fois; d'autres admettaient l'usage actuel. On y employait, suivant les lieux, la formule indicative ou la formule déprécative. L'âge exigé était en général au moins quatorze ans ^.

S 113. — La vie liturgique^.

V Au culte divin se rapportent spécialement les fêtes de l'Église. La plus importante qui paraisse à cette époque, est celle du Très saint Sacrement, établie à Liège en 1246, par suite des révélations faite à sainte Julienne de Mont-Cornillon, puis confirmée en 1252 par le légat Hugues de Saint-Cher«^. En 1260, l'évêque Henri correspondit à ce sujet avec le pape Urbain IV,

1. Hefele, V, 797, 895, 948, liS3; VI, 439, 446, 549, etc. — 2. Déjà PlEiUkE D£ Blois (XII* siècle) disait : • Votum, conditio, violentia, spirituaiis patei^ nitas, error, dissimilisque fides, aetas, turpe scelus, sanguis, conjunctio, tempus. Haec si canonico vis consentire vigori, te de jure vêtant jura subire tbori. > P. L., GCYII, 343-345. — Gap. Cum inhibitio, 3 De cland, matr, (4, 3). — 3. Kern, s. j., De Sacramento extremae unctionis tractaiva dogmaticus, Ratisb., 1907. — 4. Kellner, Heortologie oder dctê Kirchenjahr und die Heiligenfeste in ihrer geschichtlichen Entwicklung, Flib.-en- Br., 1901. — BiuMER, Histoire du Bréviaire j trad. Biron, 2 vol., Paris, 4905.— LECOYDE LÀ Marche, La chaire française au moyen-âge, Paris, 1883. — Albert, Qeêchichte der Predigt in DeutscMand bis Luther, 3* p., Gùtenrioh, 1896. — Bracn, Die liturgische Gewandung im Occident und Orient nach Ursprung und Entwicklung, Verwendung und Symbolik, Frib.-en-Br., 1907. Mit 316 Abbildungen. — Beissel, Die Verehrung U. L. Frau in Deutschl. wàhrend des Mittelalters^ Frib.-en-Br., 1896 ; Die Verehrung der Heiligen und ihrer Reliquien in Deutschland^ 2 vol., Frib.-en-Br., 1890-1893.

— 5. Mortier, Hist, des maîtres généraux de l'ordre des Fr, Pr,, I, 650-653*

— Acta SS., Vita B. Julianae, I Avril.

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