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LA VIE LITURGIQUE

précédemment archidiacre de Liège. Entre temps (1263) eut lieu le célèbre miracle eucharistique de Bolsena^. En 1264, Urbain IV étendit cette fête au monde entier ^; mais elle ne fut vraiment universelle que lorsque Clément V, au concile œcuménique de Vienne (13H-1312), fit sienne la bulle d'Urbain IV et la confirma de son autorité ^. Le splendide ofiice de cette fête est l'œuvre de saint Thomas d'Aquin^.

2<^ En ce même temps, le culte de *la Très sainte Viergr© augmenta beaucoup et prit une place importante dans la vie des peuples : les pèlerinages entrepris et les églises bâties en l'honneur de Marie devinrent très nombreux, on jeûna le samedi et les vigiles de ses fêtes. Les Ordres mendiants exercèrent une vigoureuse influence sur le culte rendu à la Mère de Dieu ; les Carmes répandirent le scapulaire. VAf^e Maria fut souvent récité; aux paroles de TAnge et de sainte Elisabeth, furent ajoutées (très probablement par Urbain IV) celles-ci : Jésus Christus, Amen *. Saint Bernard et saint Bonaventure propagèrent le culte de Marie par leurs écrits, bientôt traduits en différentes langues et beaucoup lus. En 1263, les Franciscains célébrèrent la fête de la Visitation de la sainte Vierge, qui, en 1389, fut instituée par Urbain IV et Boniface IX, pour le monde entier. Outre la tradition qui attribue à saint Dominique Tinstitution du Rosaire, Tordre des Frères Prêcheurs a beaucoup fait pour augmenter le culte de la Sainte Vierge par leurs prédications, par l'introduction du chant du Salçe Regina à l'office de Complies, par la récitation quotidienne de son petit office et l'érection de nombreuses congrégations de la Sainte Vierge dans leurs églises.

En Orient, à peu près dans le milieu du x® siècle, on

1. Pastor, Histoire des Papes^ trad. Fdrct Raynaud, Paris, 1898, t. VI, p. 556 SB. — 2. La buUe chea Ratmald, 1964, n. arr. — 3. Cap. unicum. De relig, et de Ven, SS, in Clem, (3, 16). — 4. Echard, Scriptores^ I, 340. — 6. EssER, Gesch, des Engl, Grusses (Hist. Jahrb, der Gifrresgesellsch., 1884, p. 88 ss.}.

célébrait, le 9 décembre, la fête de la Conception de Marie; de même en Irlande dès le ix® siècle, en Angleterre avant le milieu du xi®. Était-ce solenniser Tlmmaculée Conception? Quoi qu'il en soit, il est certain qu'au commencement du xu® siècle, en Angleterre, les défenseurs de cette fête : Anselme d'Edmunsbury, Osbert de Clare, Eadmer, Nicolas de Saint- Alban, faisaient ressortir la prérogative de l'Immaculée Conception. De l'Angleterre, la fête passa à Rouen en Normandie, puis à d'autres églises de France ^ Saint Bernard s'y opposa vivement; tandis que plusieurs docteurs niaient la doctrine de l'Immacidée Conception, Scot en écarta les principaux obstacles théologiques.

3** Le culte des Saints prit aussi une grande extension surtout à la suite des croisades et de la prise de Constantinople (1204); alors l'Occident fut comnie inondé de reliques, au point que les Papes et les évoques durent plus d'une fois s'opposer à la supercherie des uns et à la trop grande crédulité des autres. Alexandre III (1159-1181) se réserva la canonisation des saints. En beaucoup d'endroits, les fêtes de saint Nicolas, sainte Marie-Madeleine, saint Laurent, saint Michel, saint Jean- Baptiste, etc., furent rendues obligatoires. En général, le nombre des fêtes chômées était considérable. Le synode de Yzaboles (Hongrie) en compta quarante (1092) ; celui de Toulouse, quarante (1229) ; celui d'Oxford (1222) en prescrivit rigoureusement cinquante-trois, plus vingt et une demi-fêtes. L'évêque d'Utrecht Jean d'Arkel, imposa, outre les dimanches, plus de cinquante fêtes obliga-

1. Eadmeri Tract, de Concept, S. Mariae^ éd. Thurston et Slatek, Frib.-en-Br., 1904. — E. Vacasdard, Les origines de la fête de la Conception dans le Diocèse de Rouen et en Angleterre^ Rev, des Quest, hist., janvier 1897. — H. Lesêtre, Ulmmaculée Conception et VÉglise de PariSf Paris, 1904. — H. Thurston, The Irish origines of our Lady's Conception feast, dans The Monthj 1904. — A. Noyon, Les origines de la f^t de VImmaculée Conception en Occident, Études^ 1904. — Ed. Bishop, On the origins of the feast of the Conception of the blessed Virgin Mary, Londres, 1904. — p. Doncoeur, Les premières interventions du Saint-Siège relatives à l'Immaculée Conception, Rev, d^hist, ecclés., 1907-1908.

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