ORIGINE DE L'ÉPISCOPAT
tandis (\xx* episcopus exprime davantage la fonction. Le collège des pasteurs d'une Église se nommait presbyte^ rium. On ne trouve pas une fois, dans les écrits du i®"^ siècle, les presbyteri et diaconi mentionnés ensemble, quatre fois au contraire episcopi et diaconi. Ceci s'explique-t-îl par la signification primitive des mots? Il était naturel en efifet d'opposer diaconus (serviteur) à episcopua (supérieur) plutôt qvCk presbyter (ancien).
3*» Une question se pose encore : les presbyteri et episcopi étaient-ils simplement prêtres ou bien évoques? Quelques modernes, et parmi eux Pétau, ont pensé que sinon tous, du moins la plupart avaient reçu la consécration episcopale; plus tard, ce dernier pencha vers le sentiment des anciens : Clément de Rome, saint Chrysostonae, saint Jérôme * et d'autres, qui regardaient les episcopi aussi bien que les presbyteri comme de simples prêtres. Quoiqu'on ne puisse actuellement avoir en cette affaire une certitude complète, on se représente dilficilement les presbyteria existants comme des collèges d*évêcpies, car l'unité caractéristique et traditionnelle des évèques deviendrait impossible à expliquer. La manière dont le concile de Trente* applique le texte des Actes des Apôtres 3 ne contredit en rien cette opinion.
4^ De l'établissement do l'administration ecclésiastique, des évêques, des prêtres, des diacres, ressort naturellement la distinction des clercs et des laïques '•. Cependant cette différence n'apparaît pas toujours dans les premiers temps : en effet, les presbyteri, episcopi et diaconi n'étaient pas seuls à annoncer l'Évangile, il y avait aussi tous ceux qui, par l'effusion du Saint-
1. D. Sanders, Etudes sur St. Jérôme, Bnixelles, 1903. — 2. Sess. XXIII, De ordine, cap. iv. — 3. Act., xx, î8. — Cf. Michiels, Origines de Vépiscopat, Louvain, 1900, p. 223 ss., qui cite en faveur de cette opinion divers Pères de l'Église, saint Thomas et des auteurs postérieurs au concile de Trente, Stapleton, Cornélius a Lapide, Beelen et Bacuez. — 4. Act,, xx, 28. — S. Clem. Rom., Ep. ad Cor,, c, xliii-xliv. — 8. Ignace, Ep, ad Smym,, c. vin. Le mot Clerus est expliqué par S. Jérôme, Ép, 52 : Vel quia de sorte sunt Domini, vel quia ipse Dominus sors i. e. pars clericorum est. -- Cf. S. Augustin, In Psalm. Lxvn, 19.
Esprit, avaient reçu des dons particuliers [charisme]. On rencontre sous le nom de prophètes^ évangélistes, pasteurs etc., ces privilégiés parfois même chargés de la direction des communautés. Lorsque diminua le nombre de ceux qui avaient reçu les charismes^ le véritable Clerg-é apparut, non seulement pour l'administration des Sacrements qui lui avait toujours été exclusivement réservée, mais pour la prédication et le gouvernement. Vers la fin du premier siècle, on ne rencontre plus que des clercs dans les fonctions ecclésiastiques, les charismes étaient plus rares ou avaient disparu^.
5** On connaît le champ d'action des évêques, prêtres et diacres : lespremiers, chefs de la communauté, avaient le soin des âmes et la responsabilité ; seuls ils célébraient la sainte Messe et administraient les sacrements. Les prêtres, placés sous Tcvêque, ne devaient exercer aucune fonction sans son approbation^. Â sa mort, ou en cas d'empêchement, ils le remplaçaient. Au commencement, les diacres faisaient le service des agapes ^ ; plus tard ils se tinrent auprès des évêques et des prêtres, soignèrent les pauvres, administrèrent les biens ecclésiastiques^, servirent à l'autel, distribuèrent la sainte Communion, conférèrent le baptême et eurent plus d'une fois la surveillance des pénitents^. La plupart du temps, l'influence des diacres surpassait celle des prêtres. On trouve les diaconesses depuis les temps apostoliques jusqu'au vi* siècle. Leur charitable ministère, à l'égard du sexe féminin, était indispensable pour les agapes et surtout l'administration du baptême®.
Lorsque dans les Églises les plus importantes, le service des autels et d'autres exercices religieux revêtaient plus d'extension et de solennité, les diacres ne
1. I Cor., XII, 27; Eph., iv, 11 ; PhiL, n, 25 ; Actes, xxi, 8; Doclrina duodecim Ap., cap. ii, n. 3-7 ; cap. xv, n. 1-2 — 2. S. Ignace, ad Smyrn., i, 2 : * Non licet sine episcopo neque agapen celebrare, sed quodcumque ille probaverit, hoc et Deo beneplacitum est. » — 3. Actes, vi, 1 as. — 4. Cf. Die Syrische Didaskalia. Tekte und Untersuchungen, Leipzig, 1904, p. 273. — 6. 0. ZÖCRLER, Diakonen und Evangelisten {Biblische und kirchenhiit. Studiën, 2« fasc, Müoich, 1893). — 6. Rom., \\i, i. — Cf. Pline, Ep. 97.
suffisaient pas toujours. La première Apologie de saint Justin ^ mentionne déjà des Lecteurs chargés do lire et de garder les Saintes Écritures. On rencontre des Sous^Diacres^ au milieu du m* siècle, sous saint Corneille, à Rome; et de plus des Exorcistes, des Portiers et des Acolytes^. Ces derniers n*existaient pas en Orient.
S 13. — Diocèses, Provinces ecclésiastiques, Patriarcats et Conciles^.
i^ Dans le principe, les villes seules avaient des communautés appelées paroisses et dirigées par des évéqnes. Plus tard quand plusieurs Églises (tituli) se furent formées dans les grandes villes et des communautés dans les campagnes, Tévêque resta le chef des diverses Églises et du territoire de la ville. Dans les campagnes, on voit successivement un diaconus regens plebem et des chorévêques ^y qui enseignent et dirigent les communautés*; ces derniers n'avaient pas toujours reçu la consécration episcopale. C'est le commencement de Tusage
1. Apol. I, c. Lxvii. — Tertcll., De praeseripL, cap. xu. — 2. Reutei, Der Subdiakonat, Àugsbourg, 1850. — 3. S. Corneille écrivit à Tévéque Fabius d'Antioche : Ergo ille evangelii vindex (Novatus) ignorabat unum episcopum esse oportere in ecclesia cathdica (Romana). In qua tarnen sciebat presbytères quidem esse sex et quadraginta, septem autem diaconos totidemque subdiaconos, acolytos duoi et quadraginta, exorcistas et leclores cum ostiariis quinquaginta duos >• — Cf. Eusèbe, VI, 43. — Jaffé, Regest.y n. i06. — 4. Thomassik» Vêtus et nova eccles, disciplina^ parte i, lib. MI. — K. LÛBECK, Reichseinteilung und kirchliche Hiérarchie des Orients zum Ausgang des 4, Jahrhunderts^ Munster, 1902; Die kirchliche und weltliche Eparchialverfassung des Orients zur Zeit des Conzils von Nicea. Diss. von Marburg, 1908. — Revue d'hist» ecclésiastique, Louvain. 1903, p. 481 ss. — L. DucHESNE, Autonomies ecclésiastiques. Églises sépa ré€% Paris, 1905; Origines du culte chrétien^ 3« éd., Paris, 1905, chap. i . Histoire ancienne de l'Église, Paris, 1906, 1. 1, p.6i4ss. — 5. Das Institut der Chorbischöfe im Orient, Hist.-kanonistische Studie von Dr. Franz GiLLMANN, Munich, 1903.— Cf. le concile d'Àncyre (314), can. 13 et déjà le conc. d*Elvire (306), can. 77. — e. Eüsèbe, H. E., VIT, t4, 30. — Cf. Hefele, HisL des Conciles, I, 140, i31, 250. Mais surtout J. Pauisot, Les Chorévéques, Revue d9 VOrient chrétien, t. VI (4901). — Civiltà Cattolica, 1904, 15 octobre, p. 203 ss.
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général adopté plus tard de mettre sous la direction de prêtres toutes les paroisses, non seulement dans les villes, mais aussi à la campagne.
Ces églises rurales se développèrent dans TEglise d'Orient surtout vers le milieu du iw siècle ; dans FÉglise occidentale beaucoup plus tard.
2<* Déjà saint Paul regardait comme formant un tout à part les communautés d'Achaïe et de Galatie ^ Il était donc juste et convenable de former avec les provinces ou paroisses civiles une division ecclésiastique. A la tête de la province ecclésiastique civile se trouvait un Métropolitain qui d'ordinaire était aussi évêque du chef-lieu de la province. Ce système ne fut adopté en Orient qu'après le remaniement des circonscriptions provinciales par Dioclétien ; en Occident beaucoup plus tard encore. En Numidie et en Mauritaine seulement, le plus ancien des évoques revêtait cette dignité. Les droits du Métropolitain étaient : a) convoquer et présider le concile provincial annuel ^ ; b) diriger l'élection et donner la consécration et la confirmation aux évêques de la province ^1 c) accorder la permission de voyager et fournir des litterae communicatoriae aux évêques nommés *.
3^ Dès les temps anciens, les Egalises Apostoliqnes jouirent d'une grande estime et leurs évêques acquirent peu à peu une sorte de suprématie, même sur les métro* politains. Le concile deNicée appelle cela « une ancienne coutume * » ; il désigne nommément Rome, Alexandrie et Antioche, et en iqdique d'autres encore *.
4® De même que l'Évêque trouvait ses conseillers dans les prêtres de la communauté, ainsi le Métropolitain réunissait les évêques de sa province. Dans la seconde moitié du ii® siècle, des dissensions et des hérésies, surtout le montanisme et la question de la fête de Pâques,
1. II Cor,^ I, 1. — Gaî.,i, a. — 2. Eus*;be, VII, 24. — 3. Concile deKicée, can. 4. — 4. Concile d'Elvire, 28, 28; d'Arles, can. 0. — 6. Can., xi. — 6. C'était Éphése, Césarée et Héraclée qui cependant plus tard ne furent pas reconnues comme sièges patriarcaux.