‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 30 sur 205 · LE BAPTIÊME ET LA CONFIRMATION · texte numérisé non relu

LE BAPTIÊME ET LA CONFIRMATION

mer, dans un étang, dans une source, dans un lac ou dans un ruisseau^ ». Les règles de la décence étaient rigoureusement observées^. On baptisait déjà non seulement par immersion, mais aussi par infusion {aspersiOy infusio^), surtout lorsque par manque d*eau ou pour cause de maladie, il était impossible ou difficile d'employer le premier moyen ^. D'après la tradition apostolique, le baptême des enfants fut de bonne heure en usage. Saint Irénée et Origène en parlent déjà**. Le concile tenu en 252 sous saint Cyprien condamne ceux qui enseignent que le baptême des enfants doit être différé^. Cependant le baptême était souvent retardé. Non seulement on attendait, pour les enfants comme pour les adultes, les jours spéciaux consacrés à cette cérémonie, les vigiles de Pâques et de Pentecôte, mais on différait encore bien davantage*^. Cet abus dura même jusqu'aux V® et VI® siècles.

Aux temps apostoliques, il est vrai, on baptisait les adultes immédiatement après leur profession de foi ^ et on les instruisait ensuite ; mais plus tard on lit précéder le baptême d'un temps destiné à l'instruction et à la probation. L'épreuve consistait à jeûner, à prier, à confesser ses fautes et surtout à mener une vie édifiante. L'instruction reçue alors fit donner à ce temps le nom de catéchuménat ^. La division des catéchumènes en trois classes est invraisemblable et ne ressort certainement pas du V® canon du concile de Néocésarée, qui traite plutôt de la pénitence que des catéchumènes*®. Celui qui se présentait pour le baptême recevait d'abord

ne fut jamais employée par les Apôtres. Déjà la Didachè dit : « Baptizate in Domine Patris et Kilii et Spiritus Santi » (cap. vu), et cependant l'expression employée par S. Paul et S. Luc : Baptizati in nomine Domini, ne lui est pas inconnue (cap. ix). — 1. Tertull., De bapL., c. 4. — 2. Clementin. Hom. 14, n. 1. Conêtitut, Ap.<, III, 15. — 3. Didachè, cap. vu: « Siutraque (aqua) deest, infunde ter aquam in caput »... — 4. Sur le baptisma clinicorum, cf. EüSm HisL Bccl., VI, 43 ; S. Cypr., £"13.69, c. 12. — 5. Adv, Baer., II, Î2. — Oric, In Rom.^ I, «; V, 6; In Luc, Hom. 14. — 6. Hefele, l, 115.— 7. Ter- ■njLL., De baptiamo, c. 19. — 8. Actes, ii, 41 ; vni, 13; x, 47 etc. — 9. Didachè, c.vii.— S. JUSTIN., Apol„ly 61. — TEnTULj..,De baptismo, c. 40. — 10. Cf. aussi Tûb, Quartalschr., 1899, 434-443.

une bénédiction spéciale, puis était confié à un clerc [doctor audientium) ^ chargé de l'instruire. Il restait séparé des fidèles, étant encore impur et « demeure des démons » ^. L'épreuve n'avait pas une durée fixe et dépendait de la conduite du catéchumène. Le concile d'Élvire (304) exigea au moins deux ans, à moins que la maladie n'obligeât à abréger le temps ^. Tant que durait l'épreuve, les catéchumènes quittaient l'Église au moment de l'offertoire, et n'assistaient qu'à l'instruction et à quelques prières [musa catechumenorum). La cérémonie du baptême était précédée de l'exorcisme, du renoncement à Satan, de la profession solennelle de la foi ^, le plus souvent de la confession des péchés et de la consécration au Christ. L'onction avec l'huile fut très tôt en usage. Après la cérémonie les nouveaux baptisés recevaient le baiser de paix et, dans certaines églises, il leur était donné du lait et du miel. TertuUien déjà parle d'un parrain et d'une marraine ^.

Les fêtes du baptême duraient huit jours, pendant lesquels les nouveaux baptisés portaient des habits blancs [Dominica in albis). Lorsqu'un catéchumène souffrait le martyre, sa mort était comptée comme un baptême [baptismus sanguinis). Dans saint Paul est mentionné un baptême pour les morts ®, d'où ne ressort nullement qu'il fût employé par les orthodoxes ; on en trouve des traces plus tard chez quelques hérétiques.

Le ministre du baptême était d'ordinaire révêque,ou sur son ordre, le prêtre et le diacre. En cas de nécessité tout le monde pouvait baptiser ; cependant une femme ne devait le faire qu'en l'absence de tout homme. Quand le temps le permettait, celui qui voulait administrer le

1. s. Cypr., Ep. 29. —2, Ep, Barnab., c. 46 : Domus Daemonum — 3. He- FELE, I, 174. — 4. Ainsi commença peu à peu un symbole fixe qui est déjà complet à Rome certainement dès la fin du second siècle et même beaucoup avant, très probablement dès le premier siècle. — Vacàndaiid, Études de critique et d'hist. religieuse. Parts, 190S, p. 133. — - Cf. § 21. — 6. De baptis., c. 16 : Sponsores, fidejussores, susceptores, patrini. ~ 6. I Cor., XV, 29. Cf. Dom Henry, art. Baptême des morts, dans le Dict» d'arch, chrét. et de lit.

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