‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 32 sur 205 · L'AGAPE ET L'EUCHARISTIE · texte numérisé non relu

L'AGAPE ET L'EUCHARISTIE

S 16. — Ij'Agape. — L'Eucharistie. — La Discipline du secret ^

1° L'Ag^ape était un repas fraternel, symbole de la charité chrétienne en même temps que moyen de la conserver, dans lequel, aux premiers temps de l'Église, on prenait en commun les oblations des fidèles; il avait lieu avant la sainte Communion et pendant la lecture de l'Écriture sainte, le chant des psaumes et la prière. Les restes étaient destinés aux pauvres et aux malades^. Cependant saint Paul déjà fut obligé de signaler des abus*. Au commencement du second siècle Tagape était entièrement séparée de la sainte Messe ; Tagape avait lieu le soir; la sainte Messe, le matin*. Au troisième siècle nous y voyons encore Tévèque présent*. Lorsque le nombre des fidèles s'accrut, les pauvres et le clergé prirent seuls part aux agapes ; celles-ci dégénérèrent peu à peu et ne furent plus tolérées à l'intérieur des églises ®. A partir de ce moment elles tombèrent rapidement en désuétude, mais se conservèrent encore chez certains sectes, peut-être même jusqu'à nos jours ^.

Paris, 1907, p. Ii-î8. — D'Alès, La question baptismale au temps de saint Cyprien dans la Reoue des questions historiques^ 1907, p. 353-400. — H. KocH, Die Tau/lehre des Liber de rebaptismate, Braun8berg,i907.-- Ernst, Die Tauflehre des Liber de rebaptismate Zeitsch. f, Kathoh Theolog., 1907. 1. P. Bati#fol, UAgape^ dans ttudes d'histoire et de théologie positive^ 1^' série, Paris, 1908, p. «77 ss. — Funk, Rev. d^hitt, eccl.y 1903, p. ö.«3 ; 1904, p. 5-15; 1906, p, H-iH ; AbhandL und Unter8.,llh Paderborn, 1907, p. t-41. — M. Keating, TheAgape and theEucharist in the early church, Londres, 1901. -- WiLPERT, Fracfio pania, Frib,-en-Br.,1895.— Funck, Abendmahlselemente bei Juétin, in Abh. und Unters,, I, p. i78-29i. — P. Batiffol, L'Arcane, Etudes d'histoireetdethéologiepositive^p.^-^l.— ïiOH Leclercq, art. Agapes, dhns le Dict, d'arch. chréU et de lit, — 2. Actes^ ii, 44, 46. — 3. 1 Cor,, ix, 40 s. — 4. Pline, Ep, X, 97. — 6. Didascalie Syr,, c. ix. — 6. Hefele, I, 767 ; II, 58. — S. Augustin, Ep. 42. — Conc. TruU., can. 74. — 7. Batiffol {Dict, de théol. cath,; Revue du Clergé français, août 1899; Bulletin de litt, eccU, avril-mai 4904; Etudes d^hist, et de théol, pos,, Paris, 1904) réduit presque à néant la place de Tagape. Voir l'opinion contraire chez Fcnk {Rev. d'hist, ecclés,, 1903, 1904, 1906 et Abh. und Untersuch,, III). — Sur rinterprétation du texte de 8. Paul aux Corinthiens, cf. Ladeuze, Bev. Btôi., 1904 et Prat, Théologie

2o La première et la principale partie du service religieux était, aux premiers temps comme maintenant, la sainte^ Messe [Liturgia). Sa célébration nous est relatée clairement par les plus anciens écrivains *. Ce fut probablement vers Tan 100 qu'elle fut reportée au matin. Deux parties la composaient, appelées plus tard la messe des catéchumènes et la messe des fidèles. Elle commençait par la lecture de passages de T Ancien Testament et par le chant des psaumes ; venaient ensuite des leçons tirées A^s Actes des Apôtres ou desépîtres apostoliques, enfin TEvangile sur lequel Tévêque, ou à sa place un prêtre, prononçait une homélie. A ce moment se terminait la messe des catéchumènes et des pénitents.

La messe des fidèles commençait par Toffertoire, auquel tous les assistants s'associaient par une prière en corn* mun^. Les diacres apportaient les offrandes, du pain et du vin mêlé d'eau*. On se donnait alors le baiser de paix. On priait ensuite pour l'Église, pour le monde entier, pour les autorités et pour tous en particulier ; on passait ensuite à la prière préparatoire et à la consécration, suivies de l'action de grâces et de la fraction du pain. La sainte Communion était donnée par le diacre sous les deux espèces aux prêtres, diacres, sous-diacres etc., enfin au peuple, avec ces paroles : « Corpus Christi! Sanguis Christi ! Calix çitœ! » auxquelles on répondait : « Amen! ». Pendant cette distribution on chantait des psaumes^. Des prières et une bénédiction solennelle terminaient la Messe ^.

Souvent on recevait aussi la sainte Communion sous

de saint Paul^ p. 165 ss. — Duchesne, Hist anc, de l'Église^ I, p. 529 ss. — Ermoni, L'Agape dans l'Eglise primitive^ Paris, 1903. — 1. Didachè, ix-x et XIV. —S. Ignace, JS^p. ad Smym,, c. l;Ad. Ephes.jC.^. —S. Justin, Apolog. I, cap. 65-67. — s. CLEMENT, I adCor., cap. lix-lxi. Constit, Ap., lib. n, VIII. —2. S. Clément, I ad Cor., cap. lix-lxi. Cette prière variait selon les Ueux et les temps. — 3. Infructueux efforts de Harnack pour trouver chez S. Justin le pain et l'eau comme éléments eucharistiques {Texte und Untersuch.j VII, a, Leipzig, 1891). ~A. Scheiwiler, Die drei Elemente der Eucharistie in den ersten drei Jahrhunderten, Mayence, 1903.— 4. Cf. S. Cyrille de JÉRÜS., Catech, myst., V, îl-M.— 5. Cf. Fü^K, Abhandl.u. Unters., I, 293: Der Communionsritus.

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