‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 34 sur 205 · LES JOURS DB FÊTE ET DE JEUNE · texte numérisé non relu

LES JOURS DB FÊTE ET DE JEUNE

d'apostasie. Condamné en 306, Mélèce organisa un schisme qui persista même après le concile de Nicée et qui ne fut pas sans favoriser Textension de Tarianisme.

7^ Le Schisme d'HippolyteV qui dura plus de quinze ans, s'était déclaré dans TÉglise de Rome bien plus tôt déjà. Lors de l'élection du pape Calliste, le célèbre prêtre Hippolyte fut choisi comme antipape et Calliste fat accusé de laxisme et d'une série d'autres méfaits. Une lutte violente s'éleva ; elle dura jusqu'à l'an 235, époque de la persécution de Maximin le Thracequi exila dansl'ile de Sardaigne Pontien, second successeur de Calliste, en même temps qu'Hippolyte. Alors Pojitien addiqua sa charge et il est probable qu'Hippolyte suivit cet exemple et se soumit, car ce dernier, aussi bien que le premier, fut transporté à Rome après sa mort et commémoré dans l'antique Liturgie Romaine : « Natale Sanctorum Hip^ polyti et Pontiani * » .

Sous la persécution de Dioclétien, l'Église de Rome fut également troublée par les pénitents. Ils exigèrent du pape Marcel (308-309) la communion sans pénitence préalable. Eusèbe, successeur de Marcel, fatau contraire combattu par une forte faction ayant à sa tête un certain Héraclius. Maxence envoya en exil Marcel, Eusèbe et Héraclius '.

S 18. •— Les jours de fête et de jeûne. — Controverse à propos de la Pàque *,

1® Notre-Seigneur est ressuscité le Dimanche, le pre-

1. AoBfMAR D'ÀLÈs, La théologie de S. Hippolyte, Paris, 1906. Pour la partie historique, voir V Introduction et cbap. i. — Dcches?ie, Hist, anc. de rEglise,U I, p. 392 ss.— 2. Döllinger, Hippolytusund Callistus, Ratisbonne, 4853. — C. DE Smedt, Dissert, in prim. aetat, hist. écoles., Gand, 1876, p. 83el89, 189-«18. — G. Bareille, art. Calliste^ dans le Dict. de ThéoU cath, -^ 3. Les inscriptioiis de Damase et leur explication dans L. Ddchesne, Le Liber Pontif., 1,164-167. — 4. H. Kellner, Heortologie oder dos Kirehenjahr und die Heiligenfeste in ihrer geschichtU Entwicklung, Frib.-en-Br.,190l.— Fühk, Die Entwicklung des Osterfastens, dans Abh.und Unters.^i, 241 ss. — Hefele, (Jonciliengeschichte, 1, 86-101. — Eusèbe, fl. E., V, 26, 27, «8 ; VII, 20, 32.

mier jour de la semaine. En ce jour les Apôtres étaient réunis : « Una sabbatorum », « post dies octo » ^. Au même jour « [una autem sabbati ») à Troas nous trouvons plus tard les Chrétiens réunis « ad frangeadum panent » 2. Paul veut qu'à Corinthe on réunisse les dons de charité « per unam sabbati » ^, C'est ce jour qu'indique Pline quand il dit que les Chrétiens s'assemblent « stato die ante lucem ». C'est aussi du dimanche que parle la Didachè ^ : « Die dominica autem convenientes frangite panent et gratias agite^ post" quant delicta vestra confessi estis ». On s'abstenait du travail servile ^ et on assistait à la sainte Messe, ce qui était rigoureusement prescrit ^. Dans TertuUien déjà les autres jours de la semaine sont appelés « feriae » ^. Les Judéo-chrétiens célébraient le Sabbat à côté du Dimanche.

Outre le dimanche, Origène nomme fêtes religrieuses les jours de Pâque, Pentecôte et Vendredi-Saint ^. En Orient la fête de l'Epiphanie au 6 janvier fut introduite très tôt. Elle rappelait d'abord le baptême du Christ et le miracle de Cana, un peu plus tard également la Nativité ^. Il semble qu'en Espagne la fête de l'Ascension existait déjà au commencement du iv« siècle^®. L'année liturgique ne s'était cependant pas encore complètement développée. Noël manquait aux trois grands cycles.

Vers le milieu du troisième siècle se forma le Calendrier des Saints, qui prit son origine de la coutume de rappeler leurs noms à la sainte Messe au jour anniversaire de leur martyre [dies natalis). A part saint Pierre et saint Paul, les saints du troisième siècle se

L. DucHESNE, Origines du culte chrétien, 3« éd., Paris, 4903. — J. Bellamt, Dictionnaire de la Bible de Vicocroux, art. Dimanche. — Revue du Clergé français, février 1905, p. 861 ss. — Herb. Thurston, S. J., The influence of Paganism on the Christian Calendar, dans The Month, Mars 1907, p. 325 ss. — 1. S. Jean, xx, 1, 19, 26. — 2. Actes, xx, 7. — 3. 1 Cor., xvi, 2. — 4. Cap, XIV. —cf. Ep. Barn., c. xv. — S. Ignace, Ad Magnes., cap. ix. — 6. Tertdl., De oratione, 23. ~ 6. Can. 21 d'ElvIre, Hepele, I, 194. — Cf. Tertul., De fuga in persec. c. xiv ; De orattone, c. xx.— 7. De jejunio, c. ii. — 8. Contra Cels., vni, 21. — 9. Clém. d*Alex., Strom. i, 21. — 10. Can. 43 d'Elvire,

HEFtLE, I, 174.

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