‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 35 sur 205 · LES JOURS DE FÉTB ET DE JEUNE · texte numérisé non relu

LES JOURS DE FÉTB ET DE JEUNE

trouvaient seuls au calendrier romain. Ni les autres Apôtres, ni Ignace ou Polycarpe, ni Etienne, ni Jean- Baptiste n'étaient mentionnés ; il n*y avait même pas de fête de la sainte Vierge ^ .

2* A rencontre des Pharisiens, les Chrétiens observaient un Jeûne partiel, jusqu'à trois heures, non le lundi et le jeudi, mais le mercredi et le vendredi. On l'appelait Statio (veille), parce que, comme un soldat à son poste, on veillait et jeûnait *.

Saint Irénée, dans sa lettre au pape Victor (189-198) 3, est le premier qui parle d'un jeûne précédant la fête de Pâques *. On jeûnait un jour, deux jours et davantage ; quelques-uns quarante heures. Ordinairement on commençait le mercredi ou le jeudi avant Pâques ; il est probable que personne encore ne jeûnait plus longtemps que la Semaine-Sainte. Ces pratiques qui différaient tant étaient déjà anciennes au temps de saint Irénée. Le premier document certain d'un jeûne de quarante jours est le cinquième canon du concile de Nicée (325). L'usage en est assurément plus ancien *.

3<> De même que la préparation à la Pâque, la célébration de cette fête n'était pas uniforme partout, ce qui donna lieu à la Dispute pascale. Les Eglises de l'Asie Mineure plaçaient depuis les temps anciens la fête de Pâques au 14 de Nisan, ils s'appuyaient pour cela tant sur <k rÉvangile » que sur la tradition qu'ils faisaient remonter aux apôtres Jean et Philippe. Très probablement avec le premier de ces Apôtres elles faisaient au 14 de nisan la commémoration de la dernière cène et de l'institution du Très-Saint-Sacrement. On est confirmé dans cette hypothèse, quand on pense à la place importante que la sainte Eucharistie tient dans l'Évangile de

1. G. A. Kneller, Siim, a. M. L,, t. LXVII, 1904, p. 558 ss. — 2. Didachè, c. vni.— Cf. P(M<or d'HERMAS, Simil, V,l. — 3. Eusèbe, V, «7. — 4. Cf. Fcîik, ^handl. m. Unters., p. 244 ss. ; et Probst, Kirchl, Disciplin, 269 ss. — Va- CiNDARD, Les Origines du carême. Revue du Clergé français, mars 1904. -— 6. Cf. les paroles du concile de Nicée, canon v. — J. P. Van Rasteren, Settdien, t. LXVIII (1907), p. 40 ss.

saint Jean, de même quand on remarque que le nom de la fête juive a passé à la fête chrétienne et que les liturgies juive et chrétienne étaient mêlées àTorigine. La fête pascale tombait donc la plupart du temps en Asie Mineure un autre jour que le dimanche, à la première pleine lune après l'équinoxe du printemps; tandis que dans le reste de l'Église on la célébrait le dimanche après la pleine lune pour honorer la résurrection de Notre-Seigneur.

Rien d'étonnant que, pour la célébration de cette grande fête, on essayât bientôt d'amener l'uniformité. Déjà saint Polycarpe entreprit des négociations dans ce but avec le pape Anaclet (154-165) ; celles-ci n'aboutirent pas, mais l'union n'en fut cependant pas troublée et Polycarpe resta en communion avec Rome ^

Peu après, en 167, surgit à Laodicée le premier différend au sujet de la fête de Pâques. Probablement ce fut le commencement de la grande lutte entre les partisans de la célébration au dimanche et ceux qu'on dénomma les quartodécimans et qui tenaient pour le 14 nisan. Les discussions devinrent dej)lus en plus vives, elles s'éten-. dirent bientôt à toute TEglise. C'est alors que le pape Victor (189-198) prescrivit fortement à Polycrate d'Éphèse et à d'autres évoques de réunir des conciles et de se prononcer sur la célébration de la fête pascale. Presque tous les évêques obéirent au Pape et se décidèrent pour le dimanche ; Polycrate d'Éphèse cependant et avec lui les autres évêques d'Asie Mineure se tinrent opiniâtrement attachés à la pratique quartodécimane. Il paraît que le pape Victor prononça contre eux une sentence d'excommunication, qui cependant ne fut pas exécutée, grâce à l'intervention de saint Irénée, qui désirait la paix.

Au sujet de tendances hérétiques chez les Quartodécimans d'Asie Mineure, on ne trouve rien de bien certain chez les anciens écrivains. Au m* et iv* siècles on rencontre des renseignements confus, par rapport à une

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