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INTRODUCTION. xxi
raîssent presque simultanément trois continuations de V Histoire ecclésiastique : par Socrate ^ , avocat à Constantinople, de 307 à 439; par Sozomène 2, également avocat à Constantinople, de 324 à 425 et par Théodoret, évêque de Cyr 3, de 320 à 428.
Le lecteur Théodore * composa un résumé des trois précédents et continua Socrate jusqu'à 527; Evagrius d' Antioche ^ donna une nouvelle continuation de 431 à 594 qui est très précieuse à cause du récit des luttes des Nestoriens et des Monophy sites. La continuation de l'arien Philostorge ^ est perdue en grande partie.
Depuis le vi® siècle nous rencontrons dans l'empire grec, surtout à Constantinople, une foule d'historiens dénommés les Byzantins :Nicéphore Calliste (+ 1341) est le principal; il écrivit, mais sans grande critique, une Histoire de l'Église jusqu'à 610 ''. Dans la première moitié du vii° siècle paraît à Alexandrie le Çhroni" con Paschale ^, il n'a d'ailleurs de valeur que pour le vil* siècle. Saint Epiphane, ïhéodoret de Cyr et Léonce firent l'histoire des hérésies *.
EnSyrie, seul est à signaler l'historien Jeand'Éphèse ^®, Denys de Tellmahré en fit une compilation; en Arménie, Moïse de Chorène^ ^ ou plutôt un inconnu, qui écrivit sous son nom.
En Occident, Rufin traduisit VHistoire ecclésiastique d'Eusèbe et la continua jusqu'à 395 ^^. Cassiodore donna son Historia tripartita^ compilation de Socrate, de Sozomène et de Théodoret de Cyr, avec une continuation jusqu'en 518 ^3. DéjàSulpice Sévère avait écrit son Historia sacra jusqu'à 400 ^ '• .
Plus tard on ne sépara plus l'histoire de l'Église de l'histoire profane. Jusqu'au xni* siècle, parurent ug grand
1. p. G., LXVIÏ. — 2.P. G., LXVII. — 3. p. G., LXXXÏI, 88i-i280. — 4. P. G., IXXXVI. — 5. P. G., LXXXVI. — 6. P. G., LXV. — 7. Tous ses écrits se trouvent dans le Corpus scriptor, hist. Byzant, Bonn, 4828 ss., t. 1-46 — 8. P. G., XCII. — 9. P. G., LÏ-UII ; LXXXII; LXXXVI. — 10. Ed. CüRETON, Oxford, 18Ö9. Cf. La»d, J. (VÈphèse^ Leyde, 1859. — 11. Édition de Venise, 18fö, - 12. P. L., XXI. — 13. P. Z/.,^ LXIX-LXX. — 14. P. L., XX.
XXII INTRODUCTION
nombre de Chroniques, sur l'exemple de Bède ^ et de saint Jérôme qui, lui-même, avait continué la chronique d'Eusèbe jusqu^à 379. Nous trouvons de précieux matériaux dans Isidore de Séville (-j* 636) 2, Reginon de Prüm (f 915) ^ Hermann Contract (f 1054) ^ Lambert de Hersfeld (1080) ^ Sigebert de Gembloux (f 1112) «, Otton de Frisingue (f 1158) ^ Matthieu Paris (f 1259).
Comme auteurs d'histoires locales, il faut nommer : Grégoire de Tours (-f- 595), Historia Francorum ^, continuée parle pseüdo-Frédegaire ; le vénérable Bède, Historia gentis Anglorum ^ ; Isidore de Séville, Historia gentisVisigothorum ^®; Paul Warnefrid, Historia gentis Langobardoriim ^^ ; Flodoard, Historia Rhemensis ^^ : Adam de Brème, GestaPontificum Hammaburgensium ^ ' . Comme auteurs d'histoires générales, nous citerons : Orderic Vital ^^^ Barthélémy de Lucques^^, Vincent de Beauvais ^^, et saint Antonin de Florence (f 1459) ^^.
Nous devons au moyen âge de riches matériaux. Mais personne n'a encore l'idée d'y opérer le triage de la critique et d'estimer chaque chose à sa juste valeur.
Le XV® siècle apporte un progrès. L'esprit de la Renaissance y est pour beaucoup, mais l'invention de l'imprimerie y est, semble-t-il, pour plus encore. Des hommes tels que Nicolas de Cuse, Laurent Valla, Trithème, Beatus Rhenanus, Aenéas Sylvius (Pie II) et quelques autres firent progresser la critique historique. Cependant les premiers grands ouvrages datent du xvi« siècle. Flacius d'IUyrie, avec un groupe de protestants, fait paraître une apologie du Luthéranisme en 13 in-folios, ce senties Centuriateurs de Magdebourg^^, C'est une
1. p. L. XCV. — 2. P, L., LXXXIII. — 3. Mon. Germ, Script., I, 537 ss. — P. L., CXXXII. — 4. P. L., CXUIï. — Mon, Germ. Script,, V, 67 ss. - 6. P, L., CXLVI. — Mon. Germ. Scrip.y I, III, V. — 6. P. L., CLX. — Mon. Germ. Scrip., VI. — 7. P. L., CLX. — Mon. Germ. Script., XX. — 8. P. L., LXXI. ~ 9. P. L., XCV.— 10. P. L,, LXXXUL— 11. P. L., XCV. — 12. üfonum. Germ. Script,, XIII. — P. L., CXXXV. — 13. P. L., CXLVI. — 14. P. L., CLXXXVIll. — 16. Chez MuRATORi, Rer. Ital. SS., t. XI. -- 16. Spéculum hiitoriale, édité plusieurs fols.— 17. Ed. Nuremberg, 148*. — 18. Ecclesiaslica Historia integram ecclefiae Christi ideam complcctens, congestaper
INTRODUCTION. xxni
œuvre très partiale, les protestants eux-mêmes le reconnaissent aujourd'hui pour la plupart. C'était ime sorte de défi lancé aux catholiques ; César Baronius le releva pour sa part dans ses célèbres Annales ecclésiastiques, auxquelles il travailla trente années ^ . Il eut pour continuateurs A. Bzovius 0. P., de 1198 à 1572', Henri de Sponde jusqu'en 1572 3, Raynald, le meilleur, de 1198 à 1566 \ Laderchi de 1566 à 1571 et A. Theiner de 1571 à 1585 ^. Des améliorations furent apportées par Antoine et François Pagi ®. Dans son édition, Mansi plaça ses annotations sous le texte ^. La nouvelle édition de Bar-le-Duc et de Paris n'est pas achevée *.
La France au xvii® siècle éleva l'Histoire ecclésiastique à ]ine grande perfection. C'est d'abord à éditer les anciens écrits que rivalisèrent de zèle les Bénédictins, Oratoriens, Dominicains et Jésuites. Signalons V Histoire générale de l'I^glisede A. Gaudeau, évéque de Grasse^, celle de Noël Alexandre O. P. d'un esprit sagement critique, mais légèrement teintée de Gallicanisme^®, celle de Fleury, également gallican ^^ Tillemont, malgré ses tendances jansénistes, les surpasse tous^^. Bossuet étudie les desseins de Dieu sur le monde dans son magistral Discours sur l'histoire universelle^^ ou fait un chefd'œuvre de polémique dans V Histoire des variations des Églises protestantes ^*. A côté de ce nom glorieux, on ose à peine citer VHistoire de l'Église de Bérault- Bercastel^^.
Après la Révolution, il n'est pas étonnant de voir les études ecclésiastiques quelque peu négligées; et les
aliquot studiosos et pios viros in urbe Magdeburgica, 13 fol., Bâle, 15S0-1574. - 1. Ed. Rome, 1588-1607, 14 fol. — 2. Ed. Rome, 1616 ss., 8 fol. — 3. Paris, 1640 ss., 2 fol. —4. Rome, 1649-1677, 9 fol. — 5. Rome, 1856 ss. — 6. Ed. Anvers, non, 4 fol. — 7. Ed. Lucques, 1738 ss., 38 vol. fol. — 8. 37 vol. in-4°. — 9. HisL de VÈglise depuis le commencement du monde jusqu'à la fin du rx.« siècle, Paris, 1667, 5 vol. — 10. Selecta histor. eccles. capita, 30 vol. in-8o, Paris, 1676 ss. Réédité par Mànsi en 1743 (9 fol., Lacques) avec les notes de Rongaglia. — 11. Histoire ecclésiastiqueyVSins, 1691 ss., 10 vol. in-4«.— 12. Mémoires pour servir à Vhist, ecclésiastique, Paris, 1722 ss., 16 in-4». -* 13. Paris, 4681. — 14. 2 vol., Paris, 1688. — 15. 24 vol., Paris, 1778-90.
XXIV INTKODUCTiON.
saines traditions historiques des deux siècles précédents à peu près oubliées. Vers le milieu du xix® siècle paraît YHistoire universelle de l'Eglise catholique de Rohrbacher^ œuvre immense, solide, informe, successivement continuée par J. Chantrel et par Dom Chamard. Jager a publié une Histoire de l'Eglise catholique en France ^ ; Darras, müq Histoire générale de l'Eglise^, successivement continuée par Bareille et par Fèvre. Ce dernier ouvrage obtint pendant quelques années en France un bruyant succès qui ne peut s'expliquer que par Téclat de son style et par le dernier coup qu'il porta au Gallicanisme expirant.
Les contemporains réclament de l'Histoire plus d'objectivité et d'impartialité. Aucun historien ne se sent de taille à résoudre tous les problèmes que la critique moderne soulève vis-à-vis du passé : on se divise les tâches, c'est le règne des monographies, des collections, des dictionnaires. Les ouvriers nombreux collaborent à l'œuvre commune, les noms des principaux se trouveront au cours des pages qui vont suivre. Qu'il suffise ici de citer M^' Duchesne *, qui a exercé sa critique pénétrante sur les premiers siècles de l'Église et a livré au public les résultats les plus certains de son travail; une importante collection qui se publie sous le nom de Bibliothèque de l'enseignement de l'histoire ecclésiasti-' que ^, sous la direction de W^ BatiiTol ; enfin le Dictionnaire de Théologie catholique * publié sous la direction de M. Vacant, puis de M. Mangenot, qui donne une large place aux questions historiques. Le xx* siècle promet de renouer les glorieuses traditions historiques du xviii®.
En Italie nous trouvons beaucoup d'histoire particulières, Pallavicini, Muratori, Mansi, Zaccaria, Ughelli et d'autres. Il faut signaler l'histoire générale dû cardi-
1. 29 voL, Paris, 1842-49. — 2. 20 vol., Paris, 1860 ss. — 3. 40 vol., Paris, 1861-88. — 4. Histoire ancienne de VÉglise^^yoL, Paris, 190S-1907. — Le Liber Pontificalis, 2 in-4«», Paris, 1886. — Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule^ 2 tomes parus, 1894-1900. — 5. 13 vol. in-12, Paris, 1899 ss. — 6. t*^ fascicules parus formant 3 gr. vol. de 2650 colonoes chacun, correspondant aux lettres À, B, C, Paris, 1903-1908.
INTRODUCTION. xxv
nal dominicain J . A. Orsi, très bon ouvrage continué par BecchettiO.PJ.
En Allemagnae on ne pouvait guère produire grand'chose avant que les blessures causées par la guerre de Trente ans ne fussent cicatrisées. Du côté des catholiques le comte F. L. de Stolberg (f 1819) écrit VHistoire de la Religion de Jésus-Christ 2, œuvre puissante et élevée qui s'étend du commencement du monde jusqu'en 430 après Jésus- Christ; elle a été continuée par Kerz (30 vol.) et par Brischar (8 vol.) juscpi'en 1245. L'Histoire de l'Église de Th. Katerkamp ^ jusqu'en 1153 est également excellente. La Synchronistische Geschichte des Mittelalters ^ de Damberger S. J. qui s'arrête à 1378 témoigne d'une critique profonde. L'Histoire des Conciles 5 de Hefele est un chef-d'œuvre ; elle a été continuée par Knöpfler et Hergenröther jusqu'en 1536. Signalons les manuels de Döllinger* jusqu'en 680 (très bon), de Möhler (excellent) édité par P. Gams ^, de Alzog (beaucoup d'éditions) *, Brück ', Kraus *^ (histoire de l'art bien traitée), Funk ^^ (très bon mais trop court), Knöpfler ^^, J. Marx ^ 3, Hergenröther ^^, dont M«' Kirsch est en train de publier une nouvelle édition ^^. Jungmann a édité des Dissertationes selectae ^*.
Parmi les protestants, il faut mentionner Mosheim
1. Orsi, Storia eccleaiastica, 90 vol. 4», Rome, 1746 ss. — Becchstti, 17 vol., Rome, 1770 ss., puis continuée jusqu'en 1Ö29 en li vol., Rome, 1788. -- 2. Hambourg et Vienne, 1807-1818, 15 vol. — 3. Munster, 1823-34, 5 vol. ~ 4. Ratisbonne, 1850 ss., 15 vol. — 6. Frib.-en-Br., 2* éd., 1873, 9 vol. ; trad. Delarc, H vol. , Paris, 1869-1876. Une traduction française sur la 2« éd. par un moine de Farnborough est en cours de publication. Nos références se rapporteront toujours à la seconde édition allemande dont les pages sont indiquées en marge dé la récente édition française. — 6. Landshut, 1833, 2« éd., 1843, continuée jusqu'en 1517; trad. fr., 2 vol., 1841.— 7. Ratisbonne, 1868; trad.fr. par Belet, 1868-69, 3 vol.— 8. La 10« parKRAus. Mayence, 1882; trad. fr. par goschler, 3 in-8, Paris, 4« éd., 1874. — 9.'7<» éd., Mayence, 4898; trad. fr., Paris, 2« éd., 1897, 3 vol.— 10. Trêves, 4« éd., 1896; trad.fr. par GoDiT et Verschaifel, 3 vol., 6« éd., 1901. — 11. Paderborn, 4« éd., 1902; trad. fr. par Hemmer, 2 vol., 4« éd., 1902. — 12. Frib.-en-Br., 2« éd., 1898. — 13. Trêves, 1903. — 14. Trad. fr. par Belet, 8 vol. in-8», 2« éd., 1894. — 16. Frib., 2 voL parus en 1902 et 1904; c'est d'après cette édition que BOUS citerons ordinairement. — 16. Ratisbonne, 7 vol., 1880-1887.
XXVI INTRODUCTION
avec ses Institutiones' hist» ecclesiasticae *, et ses deux continuateurs Einem et Schlegel. Semler (f 1791) glissa sur la pente du rationalisme dans ses Hist. eccles, sel. capita^ \ J. M. Schrökh commença sa vaste Christliche Kirchengeschichte bis zur Reformations ^ et fut continué par Tschimer jusqu'au commencement du xix* siècle. Spittler, Henke et Stâudlin écrivirent se rapprochant sans cesse davantage du rationalisme. Plus important est YAllgemeine Geschichte der christL Religion und Kirche* d'Aug. Neander, continuée jusqu'en 1431. Chr. Baur ^ de Tubingue engagea son école dans une voie déplorable, il n'est presque d'aucune utilité po^^ l'histoire ecclésiastique. C'est dans le même sens qu'écrivirent Schwegler, Ritschl et plusieurs autres, ainsi que, dans le début, Gfrorer qui se convertit plus tard au catholicisme^. Entre ceux-ci et les stricts orthodoxes se trouvent Karl Hase dont la Kirchengeschichte est légèrement partiale. Enfin c'est au complet rationalisme qu'arrive l'école moderne de Harnack et des siens. Th. Zahn adopte un point de vue croyant. Une des meilleures histoires pour le moyen âge est la Kirchenge^ schichte Deutschîands de A. Hauck^:
Les Calvinistes ont surtout traité des points particuliers d'histoire. Quelques-uns cependant firent paraître des ouvrages généraux. Ainsi J. Basnage écrivit une Histoire de l'Église depuis Jésus- Christ jusqu'à pré'^ sent^; Sam. Basnage, les Annales politico-ecclesiastici^] Venema, les Institutiones hist. eccL Vet. et Nov. Testamenti^^.
En Hollande, parmi les auteurs d'histoires abrégées on peut nommer entre autres Alting, Sandius, Spanheim, Lampe, P. Hofstede de Groot, H. J. Rooyaards.
1. Helmstadt, 4754 ss. — 2. HaUe, 4767. 3 vol. — 3. Leipzig, 4869 ss., 35 in-8o. — 4. Hambourg, 4825-4846, 5 vol. -- 6. Baur donna l'histoire de l'Église en ♦ ouvrages, Tubingue, 4853, 4859, 4864, 4864-65. — 6. Kritische Geschichte des UrchristentumSf Stuttgart, 4838, 3 vol. — 7. 4 vol. parus, Leipzig, 2« éd., 4898-4903. — 8. Rotterdam, 4699, 2 vol. fol. — 9. Rotterdam, 4706, 2 vol., 3 autres sont encore inédits. — 10. Leyde, 4777, 7 vol.
INTRODUCTION. xxvii
Ailleurs parmi les Calvinistes il faut mentionner Hottinger aivec son Historia ecclesiastica N. TJ ; W. I. Matter, Histoire du christianisme et de la société chrétienne^-, De Pressensé, Histoire des trois premiers siècles de V Eglise chrétienne^ \ Jos. Milner, The history ofthe church of Christ^ \i. Robertson, History of the Christ church^\ Etienne Chastel, Histoire du christianisme depuis son origine jusqu'à nos jours • ; Hagenbach, Die Kirchengeschichte von der àltesten Zeit bis zum xix^n Jahrhundert ''.
Les Grecs-orthodoxes donnèrent au siècle dernier de nouveaux signes de vie : Philarète écrivit une histoire de l'ILglise de Russie, traduite en allemand par Blumenthal^; Diomède Kiriakos, une 'latopCà IxxXirjcriatxTixT^i ^ ; de même Philaretos Êapheides, jusqu'à 1453^®.