‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 46 sur 205 · LE GHRISTIANISMB EN ASIE ET EN AFRIQUE · texte numérisé non relu

LE GHRISTIANISMB EN ASIE ET EN AFRIQUE

OU sans la permission de son évoque Abdas : ce temple se trouvait à côté de son église. Après la mort d'Isdegerd 1*' (421), Bahram V (421-438), son successeur, continua la persécution qui dura jusqu'à la fin du v^ siècle, au moment où le Nestorianisme arracha THiglise de Perse à Tunité catholique. En 651 les Mahométans envahirent le pays.

2o L'Arménie avait déjà des chrétiens au second siècle (légion fulminante); sous Licinius, leur nombre était très considérable. Au iv® siècle, sous le règne de Tiridate, Grégroire riUmiünateiir parvint à convertir à peu près tout le pays et à y établir une hiérarchie régulière ^ Le plus illustre des métropolitains (catho" licos) iut Nerses qui gouverna Füiglise arménienne l'espace de vingt ans (353-373). Le roi Pap (369-373) essaya de séparer cette Église de Funité romaine, mais il échoua. La réduction de l'Arménie en province persane, vers l'an 428, eut pour le christianisme de funestes conséquences. Bien que le peuple se défendit avec courage contre l'introduction du Parsisme, il ne sut pas résister aux ruses des monophysites. Après avoir reconnu, un demi-siècle encore, le concile œcuménique de Chalcédoine, il accepta enfin, en 491, le funeste Henoticon et avec lui l'erreur monophysite. Le synode de Dovin tenu en 596 sous le catholicos Abraham consomma la séparation d'avec l'Église de Rome 2.

3^ L'Abyssinie reçut la bonne nouvelle au temps de Constantin. Deux jeunes gens, Frumence et Edèse, originaires de Tyr, furent amenés comme esclaves à la cour royale d'Auxume. Ils profitèrent de leur influence pour instruire le peuple dans la foi. Edèse retourna plus tard à Tyr, pendant ce temps Frumence se rendit à Alexandrie pour rendre compte à saint Athanase de l'œuvre de conversion opérée. Le saint le consacra évoque d'Auxume et le renvoya en Abyssinie (328-329). Le

1. Acta SS. BoU., t. VII sept., p. 330 ss. — Cf. L. Petit, art. Arménie, Histoire religieuse, III, Les origines chrétiennes, dans le Dict, de Théol, cath, — 2. Hefele, Hist. dts Conciles, U, 716.

roi Aizana et une grande partie de son peuple se convertirent. Constance essaya, mais en vain, d'y introduire Tarianisme. Au vi« siècle, il y avait une hiérarchie complète et même des moines ^ L'Église d'Abyssinie recevait son chef suprême (Abuna) d'Alexandrie; la funeste conséquence de cet usage fut de l'entraîner dans Terreur monophysite^.

4» L'Ibérie ou Géorgie, au pied du Caucase, reçut la foi d'une esclave chrétienne, nommée Nunia. Cette sainte guérit un enfant, puis la reine elle-même, et obtint ainsi la conversion du roi, qui se nommait Mirée. Ceci se passait vers 326 sous le règne de Constantin qui envoya des évêques achever l'œuvre commencée^.

Les Sabéens, appelés aussi Homérites, qui habitaient le sud de l'Arabie, furent attirés à Tarianisme par Constance. Leur apôtre fut l'évêque Théophile. Un peu plus tard dans le iv® siècle, ils étaient convertis à la vraie foi. Le moine Moyse, Siméon le Stylite et les moines du mont Sinaï y travaillèrent beaucoup. Mais à la longue la foi s'y perdit sous la mauvaise influence des Perses et des Mahométans '*.

La Chine elle-même fut instruite du christianisme en 636 par les Nestoriens, ainsi qu'en témoigne une inscription de 781, retrouvée par les Jésuites en 1625, auprès de Si-gan-fou.

g 25. — Le Christianisme et l'invasion des barbares ^. l"" Les Wisigroths habitaient la Dacie à l'Est de la

1. CosMAs INMCOPLEDBTES, TopograpH. christ», P. G., LXXXVIII, 169. — ' 2, SocR., 1, 19; SozoM., II, 24; Rufih, I, 9.~ Deràmet, Introduction et restauration du Christianisme en Abyssinie, 330-480, Ret. de VHist, des Religions, 1895. — 3. Sogràte,.II, 30; SozoM., II, 7 ; Ruf., 1, 10.-— 4. Philostorge, Hift, EccL, II, 6 ; III, 4; P. G., XLV, 470, 483 ss. — 5. G. Boissier, Le Christianisme et l'invasion des barbares {Revue des Deux Mondes ^ 1890). — Hauck, Kirchengeschichte Deutschlands, t. I, Il« éd., Leipzig, 1898. — H. Grisar, Histoire de Rome et des papes, t. 1, 1903. — Dahn, Die Kônige der Germanen, 7 vol., Munich, Wurzbourg, Leipzig, 1801-1897. — Uhlhorn, Kàmpfe und Siège des Chrislentums in der Germanischen Welt, Stuttgart,

Page 1