s. A.THAN., Hist, Arian.f c. 33. — Jaffé, Reg.., n
fit amener le pape Vigile à Constantinople, lui extorqua des définitions et l'envoya en exil. Héraclius publia YEcthèse^ qui confirma le monothélisme, et, quelques années après, Constance II publia dans le même but le Type, Aussi saint Athanase pouvait demander : « Quel canon donne à la Cour le droit de nommer les évêques? Quel canon commande de livrer les églises aux chefs militaires? Qui a accordé aux employés impériaux et aux ignorants eunuques le droit de décider dans les choses d'Église? Qui a fait dépendre la validité des sentences épiscopales de la ratification des empereurs ^ ? »
b. Tandis que les empereurs gouvernaient despotiquement l'Église d'Orient et transformaient souvent les patriarches de Constantinople en instruments dociles, l'éclat de la primauté romaine progressait de plus en plus. Ceci excita la jalousie de plusieurs patriarches. Déjà le troisième canon du concile de Constantinople (381) essaya d'élever le siège de Constantinople audessus d'Antioche et d'Alexandrie, ce que Rome cependant ne confirma point.
Le concile de Chalcédoine (451) alla encore plus loin ; dans son 28® canon, il promulguait de nouveau le 3^ canon de Constantinople qui affirmait la préséance honorifique de l'évêque de cette ville et il accordait à Constantinople la juridiction effective sur les trois diocèses de Thrace, d'Asie et de Pont, en lui conférant le droit d'en ordonner les métropolitains.
Quoique le pape Léon rejetât expressément ce canon, l'arrogance de Constantinople ne fit que s'accroître et il y eut entre les deux sièges un schisme de 35 ans (484- 519). En fait, les patriarches de Constantinople se conduisaient déjà comme chefs spirituels suprêmes de l'Empire d'Orient, nommaient le patriarche d'Antioche et résistaient au Pape. L'opposition prit une tournure plus aiguë lorsque Tévèque Jean IV de Constantinople se donna le nom de Patriarche œcuménique (518), titre qu'on pou-