L'ARIANISME ET LE CONCILE DE NICÉE
vait facilement prendre dans le sens d^évêque universel et qui devait certainement blesser les autres sièges patriarcaux beaucoup plus anciens. Le luxe ecclésiastique monta au niveau de ce grand titre. Sous Justinien P', on trouve à Sainte-Sophie 585 clercs de rangs divers. Ce nombre augmenta encore plus tard, au point que Héraclius par un décret césaropapiste (627) dut l'abaisser à 600,
Chose plus grave, les patriarches de Constantinople se fiont souvent séparés de Rome même dans les affaires de foi. Il suffit de rappeler leur connivence avec Tempereur arien Constance, Todieuse hérésie du patriarche Nestorius, le monophysisme d'Acace, le monothélisme de Sergius, Pyrrhus, Paul et Pierre, tous patriarches de Constantinople, condamnés au w^ concile général. On peut donc dire que le césaropapisme de nombreux empereurs byzantins, la jalousie de plusieurs patriarches contre Rome, leur servilisme à Tégard des empereurs et leur infidélité ont contribué pour beaucoup à la propagation des hérésies \
$ 28. — L'Axianisme et le Concile de Nicée^.
1^ Arias était Libyen, étudia à Antioche sous Lucien, adhéra au schisme de Mélèce et vint enfin à Alexandrie où le patriarche Achillas Tordonna prêtre et lui confia une
.1. cf. A. Palmieri, art Constantinople {Église de), dans le Diet. de ThéoL cath. — 2. Thalie d'ÀRius : fragments chez S. Athamase {De synodis^ c. 15; Contra Arianos^ I, c. 2 ss. ; De Sententia Dionysiij c. 6; P. 6., XXY- XXVI). — Écrits de S. Athahass, surtout Contra Arianos^ II, 4; Apologiae, II, 3; De decretis Nicaenae Synodi; De Synodis Arimini et Seleuciae celebratie; Hist, Arianorum ad Monachos, — Hefelb, t. l-n. — Schwane, Htst. de Dogmesy trad. fr. A. Degert, t. MI. — Bardbnhewer, Les Pères de VEglise^ Paris, 1889, t. II. — A. Hariuck, Lehrbuch der Dogmengeschichte^ i, II, Frib.-en-Br., 18d4. — H. Grisar, Hist, de Rome et des Papes^ t. I, 1903. — F. Cavallera, s. Atfumase^ Paris, 1908. — Ducbesne, Hist, ancienne de VÉgliset t. II, Paris, 1906, p. 145 ss. — S. Rogala, Die Anfânge des Arianischen Streites, Farschl zur Lit. und Dogmengeschichte, t. VU, Paderb.,
907.^ — Cf. X. Le Bachelrt, art. Arianisme dans le Dict, de ThéoU cath,
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église. Haut de taille et maigre, au dire d'Épiphane, il était grave, mais affable dans ses rapports, éloquent» rusé et ambitieux. Tous les moyens étaient à son service pour faire impression sur les simples et gagner des adhérents*. Pendant qu'Alexandre, successeur d'Achillas, parlait du mystère de la sainte Trinité dans un concile tenu en l'an 318, Arius eut Taudace d'accuser son évêque de Sabellianisme et proposa sa fausse doctrine. Il partait de cette vérité que Dieu le Père n'est pas engendré, le Fils au contraire est engendré. Mais tandis que l'Église enseigne par là la distinction des personnes, Arius en déduisait une différence de nature, mettait sur le même rang la génération divine et la génération humaine et tirait de cette première erreur une foule d'autres :
2° Si le Père n'est pas engendré, le Fils au contraire est engendré ; il y a dès lors entre eux cette grande différence que le Fils a eu un commencement et non pas le Père. Celui qui a eu un commencement n'est pas un être infiniment parfait, et n'est pas proprement Dieu.. Seul le Père est Dieu ; le Fils est la première et la principale créature que le Père a produite, comme toutes les autres créatures, par la puissance de sa volonté 2; de telle sorte toutefois, que le Père a créé l'univers par l'intermédiaire du Fils parce que ce monde visible ne comporte pas Faction immédiate de Dieu. Le Fils de Dieu est justement appelé <( le premier-né de la création » parce qu'il surpasse de beaucoup toutes les autres créatures.
Alors si le Fils est une créature, il possède une autre nature que le Père, il ne peut donc pas le connaître d'une manière parfaite, ni le comprendre. Si le Fils est engendré ou produit, le générateur est antérieur à lui, par consé-
1. Haerei.fC. 69, 3; P. 6., XLII, 206-907. U est dépeint sous des couleurs plus sombres par Constantin dans un écrit adressé à lui-même. -^ Mansi, Coll. Concil., t. II, 930, 938. — 22. '£^ oOx 6vtb>v oa ex nihilo. On appela dès rorigine ces hérétiques Exoukontiens, Cf. Théodoret, H. E., I, 4. .