‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 62 sur 205 · L'ISLAM · texte numérisé non relu

L'ISLAM

par Abou-Bekr, Omar et d'autres plus tard, formèrent le Coran. Ce livre, divisé en 114 Souras ou chapitres, tombe parfois dans des redites et des contradictions et est composé sans ordre. De même que le Coran est la règle de la foi, ainsi le Soma^ qui comprend les dires et les actes du prophète, sert de détermination au culte, ainsi qu'à la vie civile et politique.

Mahomet puisant à Thanifisme, au judaïsme, à Tancienne religion arabe et au christianisme, forma le composé suivant : Allah est le seul Dieu et Mahomet est son prophète. La révélation divine s'est opérée par les prophètes, dont les six principaux sont Adam, Noé, Abraham, Moïse, le Christ^ et Mahomet. Accepter ces deux dogmes principaux, prier, jeûner, faire l'aumône et aller en pèlerinage à la Mecque sont les prescriptions qui forment les cinq piliers de l'islamisme. La prière doit se faire cinq fois par jour, le visage tourné vers La Mecque; le vendredi, grande prière en commun. Il n'y a pas de jour chômé. Le jeûne est prescrit pendant tout le mois de Ramadhân; il est défendu de manger ou de boire avant le coucher du soleil. Pour ce qui est de la vie future, l'islam accepte la résurrection de la chair, un enfer et un ciel avec des jouissances sensuelles ^.

On peut remarquer que cette religion est purement extérieure et ne renferme aucune prescription pour la vie intérieure et la sainteté. Il est défendu de se nourrir de porc et de sang d'animaux, de boire du vin, de faire des images de la divinité, et de jouer aux dés. Mahomet a conservé la circoncision.

En 622, Mahomet s'enfuit à Médine (Z?(/m-hégire). De cette année date l'ère des musulmans et en même temps la lutte de Mahomet pour répandre sa doctrine par la

1. SAYOuSf Jésus-Christ diaprés Mahomet^ Paris, 1880. Selon Mahomet, la conception et la naissance du Christ furent surnaturelles. Il Gt beaucoup de miracles, mais fut élevé au ciel sans avoir été crucifié. Cf. EU relig,^ 5 déc. 1904. — 2. A. Palmibri, art. Coran (sa théologie)^ dans le Dict, de Théol, cath, — Chamtepie de la. Saussaye, Manuel d'Bist, des Religions, Paris, 1904.

ruse et la force. En 630 déjà, il conquit La Mecque, purifia la Caaba de toutes ses idoles, en fit le centre de sa religion. Il mourut en 632 et eut comme successeur Abou-Bekr (632-634) qui continua ses conquêtes. Omar (634-644) soumit Jérusalem en 637, la Syrie et la Palestine en 639, TÉgypte en 640, et la Perse de 642 à 651. La bibliothèque d'Alexandrie fut livrée aux flammes, et celle de Ctésiphon jetée dans le Tigre. Partout où les musulmans mirent les pieds, les chrétiens furent opprimés et persécutés au point que, sous leur domination, il peut être à peine question d'une Église chrétienne.

Page 1