‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 64 sur 205 · DIVERSES FONCTIONS ECCLESIASTIQUES · texte numérisé non relu

DIVERSES FONCTIONS ECCLESIASTIQUES

juridiction. C'est pourquoi le concile de Sardique (343) défendit « d'instituer un évêque dans des petites localités où un prêtre suffisait » ; celui de Laodicée statua que dans les villages et dans la campagne il y aurait non des évoques mais des visiteurs; les chorévêcpies déjà institués ne devraient, pas plus que les prêtres, rien entreprendre d'important, sans l'autorisation de l'évéque^ Peu à peu le nombre des paroisses rurales et des curés augmenta beaucoup, tant en Orient ^ qu'en Occident [ecclesiae dioe^ cesanaCy parochianae^ parochiales).

Assez souvent des églises étaient érigées par de riches seigneurs et ceux-ci avaient pour ce motif la prétention d'en nommer eux-mêmes les desservants ecclésiastiques» Pourtant l'Église accorda au patron le seul droit de présentation [offerre] des clercs qui, après examen, étaient nommés par l'évêque '. Ceci fut inséré (537-546) par Justinien dans le code civil ^. D'autre part, il fut in* terdit aux clercs de desservir, sans l'approbation de révêque, un bénéfice ecclésiastique *.

Le droit de patronagre favorisait la multiplication des paroisses et des églises, mais plus tard, par suite des prétentions des fondateurs, il devint souvent une cause d'abus.

T Naturellement les curés des églises rurales restaient dépendants de l'évêque ; c'est seulement la création et l'augmentation de ces églises rurales qui firent songer à une détermination plus tranchée des diocèses. Auparavant, l'évêque avait l'administration de la ville et, sans fron-^ tières déterminées, celle du pays environnant ^. A mesure que, durant les iv«, v« et vi® siècles, le nombre des paroisses s'accrut, la délimitation des diocèses devint plus précise. Il appartenait toujours à l'évêque de désigner

1. Hefele, I, 7T3, can. 57. En Occident les chorévèques furent établis beaucoup plus tard (viii« siècle) et eurent un autre caractère. Peu claire est la signification du titre des deux chorévèques du y* siècle en Occident : ArmentariuB de Riez et Eugraphos en Dalmatie. Cf. J. Zeiller, Rev, d'hisL ecclés., 1906, p. « ss. — 2. Ctialcédoine (451), can. vi. — 3. Conc. de Tolède, IX, can. 2 (655). — 4. Novella 57, c. 2; cf. Nov» 123, c. 18. — 6. Orléans (511), can. 7. ~ 6. Antioclie (341), can. 9.

les curés et les prêtres auxiliaires. On voit assez souvent dans les grandes paroisses rurales mentionner des églises auxiliaires et des chapelles qui dépendaient, ainsi que leurs desservants, du curé de la paroisse; celuici, à raison de sa juridiction plus étendue, fut nommé, dès le VI® siècle, Archiprêtre. 11 ne faut pas le confondre avec TArchlpresbyter qui, parmi les prêtres de Téglise episcopale, occupait la première place, et, en Tabsence de Tévêque, le remplaçait dans ses fonctions sacerdotales. Encore plus importante cette époque était le premier diacre, dénommé Archidiacre ; il se tenait auprès de Tévêque et l'aidait dans l'exercice de la Juridiction et dans l'administration ecclésiastique, ce qui pour les églises importantes supposait grandes aptitudes, connaissances et expérience ; c'est pourquoi il était le clerc le plus influent après l'évêque et, à Rome surtout, devenait souvent son successeur.

Différents autres emplois furent institués, principalement en Orient. L'Econome (chez les latins Vicedominus) administrait les biens ecclésiastiques; les Defensores étaient réputés les défenseurs de l'iiglise episcopale, les Notaires rédigeaient les actes que conservaient les Arcliivistes. Comme conseillers et commensaux de l'évêque dont ils devaient maintenir la bonne réputation, on trouve les Syncelli ou Gubicularii. Les Ciiantres chantaient les psaumes et les autres mélodies religieuses pendant les offices divins ; tandis que les Herménentes expliquaient l'Écriture sainte à ceux qui ne savaient pas le grec et le latin. La garde de l'église et des cimetières était confiée aux Mansionarii ; les Fossores * prenaient soin des enterrements et les Parabolani ^ s'occupaient des malades. Ces derniers formaient une sorte de confrérie qui, dans les ^andes villes, comptait un grand nombre de membres : 'à Alexandrie de 500 à 600, à Constantinople de 950 à 1100. Après Justinien, ces confréries cessèrent d'exister.

1. Cod. Theod., XIII, 1, 1; XVI, 2, 15. — 2. Cod. Theod*, VII, 20, 12.

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