LES ÉGLISES WI LEUR ORNEMENTATION
mais il blâme en môme temps la destruction de ces images, qui servaient d'enseignement^ ; ailleurs il exhorte Secundinus à s'enflammer d'amour pour Celui dont il contemplait Fimage avec tant de joie 2. Saint Augustin ^ et d'autres avaient déjà parlé dans le même sens. 4** Les pèlerinagres se développèrent également. La Terre sainte, après la découverte de la Croix du Sauveur, fut surtout le but des pieux pèlerins, au point que sur la fin du iv« siècle « les plus grandes célébrités de la terre, les Gaulois, les Bretons, les Arméniens, les Perses, les peuples de l'Inde et de l'Ethiopie, et de l'Egypte si riche en solitaires, du Pont, de la Célésyrie, de la Mésopotamie et des foules innombrables de l'Orient se précipitaient vers la ville sainte » ''. Quelques relations de voyages au iv® siècle ont été conservées, telles que V Itinerarium a Burdigala Hîerosolymam usque (333) et la Peregrinatio SiMae^ (381-388). On allait aussi en pèlerinage aux catacombes, comme Fattestent beaucoup de gr affiles. Chaque pays à peu près avait ses lieux de pèlerinage très fréquentés, par exemple en Gaule, le tombeau de saint Martin à Tours; en Italie, celui de saint Félix de Noie ; en Afrique, celui de saint Cyprien ; en Chypre, celui de saint Épiphane.
S 52. — Les églises et leur ornementation ^.
lo Après la conversion de Constantin, une grande activité se manifesta dans l'architecture chrétienne-
1. Jàffé» 2« éd., n. 1736, 1800. —2. Kraus, Realencycl.j I, 161. — 3. Enarr. m Ps. 93, 4. — 4. Ainsi parle S. Jérôme, avec une certaine exagération, Èp. 46 ad Marcellam» — 5. Lâlanme, Des pèlerinages en Terre Sainte avant les croisades^ BibL École des Chartes, 1845. — A. Baumstark, Abendlandische Pales tinapilger der er sten Jahrtausends und ihre Berichte^ Cologne, 1906. 6. F. X. Kraus, Geschichte der christlichen Kunst^ t. I, Frib.-en-Br., 1895. — Kirsch, Die christl. KuUusgebdude im AUertum, Cologne, 1893. — Grisap, Bistoire de Rome et des papes, I, 336 ss. -- Reüsens, Éléments d'archéologie chrétienne, a^'éd.,!.!, Louvain, 1885. — Don Leclkrcq, Manuel d'Archéologie chrétienne, 2 vol., Paris, 1908.— Kaufmann, Handbuch der christl, Archaeologie, Paderborn, 1905.
Presque partout surgirent des églises ; celles qui étaient trop petites furent démolies et remplacées par des constructions plus grandes, souvent aux frais de l'État; de nouvelles furent élevées sur remplacement de celles que la persécution avait détruites ^ Rien d'étonnant que l'architecture se développât prodigieusement. On distingua bientôt un double style, la basilique et l'église à coupole^.
2° La basilique, qui trouve très probablement son origine dans la chapelle funéraire [cellae cimiteriales, cellae trichorae)^ bâtie au-dessus des catacombes, formait un rectangle [oblongum]^ la plupart du temps divisé en 3 ou 5 nefs par 2 ou 4 rangées de colonnes (rarement des piliers). Déjà au iv^ siècle, autant que possible, mais surtout plus tard, la basilique était orientée*.
Il se trouvait d'ordinaire du côté occidental un atrium (paradisus). De là on arrivait dans le vestibule entouré d'une colonnade [porticus^ narthex). Souvent les portes étaient richement ornées. La nef centrale (/lam) s'élevait plus haut que les nefs latérales, les colonnes étaient reliées entre elles par une architrave ou une archivolte. Au-dessus s'élevaient les fenêtres. 11 n'y avait pas de voûte, mais un plafond de bois, souvent même le comble était visible. Il y avait fréquemment des tribunes, chez les Grecs surtout.
Les principales églises étaient pavées en riches mosaïques, avec des inscriptions parfois. En s'avançant dans l'édifice on voyait dans beaucoup de basiliques un transept, carré la plupart du temps, et situé entre , le chœur et la nef. Le chœur, réservé au clergé, avait
1. EüSÈBE, H. E., X, 2-3; Vita Const., lib. IIMV. — 2. Padun de Nole, Ep. 32, al. 12, carm. 24-25 ; Vita Paulini, c. 42-44.— Procope, De aedif. Justiniani Wôri VI, Corpus Script. Byz., t. III, p. i70 ss. ~ 3. De Rossi, Roma Sotterranea, III, 495. — Kraus, I, 262-265. D'avant Constantin restent encore la chapelle de S.-Sixte et celle de S.-Soter. — 4. J. Alberdoigk Tniju, La ligne sacrée, Amsterdam, 1858. — Lettre sur la ligne sacrée à M, A, Reichensperger, Amsterdam, 1858. On pense que Torientation concorde avec la place du Soleil le jour de la consécration, ou plus probablement le jour de la fêle du patron de l'église.