LES ÉGLISES ET LEUR ORNEMENTATION
d\)rdinaire une voûte et se terminait en demi-cercle (apsis). Au milieu contre le mur se dressait le trône de révêque et de chaque côté étaient les sièges des prêtres. Le plafond et les murs de l'église, surtout Tabside et Tare triomphal recevaient une ornementation très riche, ordinairement des mosaïques, des marbres, des peintures, des draperies. A côté du chœur, comme des nefs latérales, se trouvaient des bâtiments ajoutés pour divers usages : la sacristie, les archives, la bibliothèque, les bains, des établissements de bienfaisance. Les tours n'appartenaient pas au plan de la basilique. On les trouve pour la première fois en Syrie, ce sont des constructions ajoutées qui deviennent nombreuses en Occident à partir du vi® siècle.
3^ L'égplise à coupole est en forme de cercle ou de polygone. Elle consiste en une bâtisse centrale ou coupole reposant sur des colonnes ou piliers, soutenus par une galerie inférieure concentrique. Il ne peut y avoir de doute qu'elle tire son origine des rotondes profanes des Romains (mausolées et bains). Les églises à coupole sont moins nombreuses, ce qui s'explique par les difficultés architecturales et dans leur manque d'adaptation au service religieux. C'est pour cela qu'on essayait parfois de réunir l'église à coupole avec la basilique. Parmi les églises à coupole, les plus célèbres sont Sainte-Sophie à Constantinople, San-Lorenzo^Maggiore à Milan, 5a/i- Vitale à Ravenne. En outre J^eaucoup de baptistères et de chapelles funéraires existaient en ce style. . 4** L'autel ^ se trouvait, dans les basiliques, au milieu devant l'abside et, quand il y avait un transept, au milieu sur la ligne de séparation entre le transept et le chœur; dans les églises à coupole, au centre sous la coupole. Alors qu'en Occident on plaçait déjà au v® siècle plusieurs autels dans une même église, en Orient (on se contentait en général d'un seul, comme le prouve la célé-
1. DoM Leclercq, art. Autel, dans le Dict, d^Archéol. chrét. et Manuel 4* Archéologie chrétienne, Paris, 190
bration en commun des saints mystères par Tévêque et les prêtres. A l'origine l'autel avait la forme d'une table, un peu plus tard celle d'un sarcophage, comme nous l'apprennent les catacombes. La matière était le bois ou la pierre. On distinguait la table (mensa) qui reposait ordinairement sur une ou cinq colonnes, et la confession qui renfermait les reliques. Lorsque celles-ci reposaient sous la table, alors on reliait les colonnes avec du marbre ou des plaques de métal. Au-dessus de l'autel s'élevait un baldaquin [cihorium). Au point du milieu était suspendue souvent une custode, sous forme de colombe, dans laquelle était conservé le Saint Sacrement. Quatre rideaux [tetravela) étaient fixés en haut du ciborium : tirés, ils servaient à cacher l'autel.
5® En Occident, le chœur était séparé de la nef par des cancellL Non contents de cela, les orientaux cons-^ truisirent un mur orné d'images [ikonostasis] qui cachait entièrement aux regards du peuple le chœur et l'abside. Au lieu de cela, nous voyons souvent en Occident quatre ou six colonnes, réunies par une architrave ^. Une ou deux chaires (ambo, pulpitum) se trouvaient adossées au mur, à l'endroit où le chœur se sépare de la nef centrale. Durant les premiers siècles les fidèles assistaient au service religieux agenouillés ou debout. Optât de Milève (f 384) trouvait encore les sièges insolites à l'église 2. C'est probablement en Italie qu'ils apparurent pour la première fois^.
S 53. "^ La vie religieuse et morale des Chrétiens ^« 1<^ Il va sans dire que la vie religrieuse et morale
1. Dans la basilique de Torcello, on voit encore six colonnes du vu* siècle.— 2. De schismate donatistorum^ IV, 78. — 3, S. Augustin, De catech* rudib., cap. xiii ; S. Paulin de Nole, Poem.^ XX, 114, — 4. G. Kurth, Les origines de la civilisation moderne^ 2 vol., 5« éd., Paris, 1903. — Grupp., KuUurgeschichte des Miltelalters, t. 1, Stuttgart, 1894. — Râtzinger, Geschichte der kirchl, Amenpflege, 2« éd., Frib.-en-Br., 1884. ~ P. Allârd, Esclaves, serfs et mainmor tables, Paris, 1894. — Grisar, Histoire de Rome et des Papes. — L. Lallemakd, Histoire de la charité, t. II : les neuf premiers siècles de Vère chrétienne, Paris, 1904.