CHAPITRE V
S 54. — Vue d'ensemble K
lo Favorisée par la paix extérieure de TÉglise, tenue en éveil par la lutte intérieure contre les nombreuses hérésies, la science ecclésiastique obtient alors un complet épanouissement, et continue ainsi jusqu'au milieu du v« siècle. A la tête du mouvement scientifique, se tient, dans l'Église grecque, la nouvelle école d'Alexandrie ^ qui, par une voie nouvelle, poursuit le but d'Origène, tout en évitant ses erreurs. Ses plus illustres disciples sont saint Athanase; les trois Cappadociens : saint Basile, saint Grégoire de Nysse et saint Grégoire de Nazianze, enfin saint Cyrille d'Alexandrie. L'école d'Antioche ^ était particulièrement versée dans l'exégèse ; Antioche, la première et la plus populeuse ville asiatique de l'empire romain, avait reçu la foi de bonne heure des apôtres Pierre, Barnabe et Paul et fut bientôt un centre de science ecclésiastique. C'est là qu'enseignèrent au ii« siècle Théophile (f 185 env.), Sérapion, évéque en 190; au iii« siècle, Malchion et Dorotheus. Comme fondateur de l'école d'Antioche, on nomme
1. Alzoc, Patrologie^ trad. Belet, Paris, 1877. — Rauschen, Grundris des Patrologie, Frib.-en-Br., 4903 (trad. fr. Ricard, Paris, 1906). ~ Ph. Hergen- RÖTHER, Die Antiochenische Sehule und ihre Bedeutung auf exegeti- 9chen Gebiete, Wûrzb., 1866. — Fessler-Joncmahn, Institutiones Patrologiae, 1. 1, 1890, p. 366-375; t. II, Pars I, Inspnick, 1893, p. 1 ss.; Pars II, d896, p. 1 8s. p. 173 88. — 2. Cf. plus haut, p. 144. — 3. Cf. V. Ermo:îi, art. Antioche {Ecole thèologique d'), dans le Dict. de ThéoL cath,
ordinairement Lucien^ (f 312), né àSamosate en Syrie et élevé à l'école d'Édesse. Il fit une nouvelle édition des Septante, qui fut en grand usage, et corrigea également le texte du Nouveau Testament; mais on doit déplorer qull ait suivi les erreurs de son compatriote Paul de Samosate, et enseigné le subordinationisme ; il fut le maître d'Arius. L'école d'Antioche a excellé dans l'explication littérale de la sainte Écriture, qu'elle opposait à la tendance allégorique de l'école d'Alexandrie. Celle-ci faisait une grande part au sentiment, tandis que sa rivale suivait la raison pure. Il est regrettable qu'au moment de son apogée (370-450) elle ait pris la pente du rationalisme et propagé le nestorianisme. Ses principaux représentants furent Diodore de Tarse 2, Théodore de Mopsueste, Polychronius, Théodoret de Cyr. Saint Jean Chrysostome demeure sa plus grande gloire, il sut se tenir exempt de toute erreur. La lutte entre saint Cyrille d'Alexandrie et Nestorius prit origine dans la rivalité des deux grandes écoles d'Orient.
Le plus grand des Pères latins, à cette brillante époque, fut saint Hilaire qui, tout en conservant son originalité, puisa aux sources grecques la théologie qu'il rapporta en Occident. Saint Jérôme, le plus érudit des Pères de l'Église, tient le milieu entre la théologie grecque et la théologie latine. C'est à juste titre qu'on a dénommé ces deux Pères ainsi que Rufin, Marins Mercator et Cassien, les « gréco-latins ». Saint Ambroise, saint Augustin et saint Léon le Grand suivirent une marche tout à fait indépendante de celle des Pères d'Orient, bien que le premier, en expliquant la Bible, se soit appuyé sur les Grecs. Avec saint Augustin, le scepU^e de la théologie passa de l'Orient à l'Occident; tandis que saint Léon P*', non seulement en tant que pape, mais comme théologien perspicace, jugeait sans appel les discussions monophysites. Depuis le commencement du
1. Cf. Batiffol, La littérature grecque^ 4* éd., Paris, 19(H, p. 487 ss. — Baroekhewer, Les Pères de VÉglüe, éd. fr. Godet et Verschàffel, I, 278-274; II, 3 SB. ~ 2. Bardenhewer, n, lSl-135.
v« siècle, une école théologique particulière florissait dans Tîle de Lérins avec Vincent de Lérins et à Mar* seille avec Cassien.
2° Depuis le milieu du v® siècle, la théologie grecque tomba en décadence ; Tardeur scientifique commença à languir et la force créatrice à s'éteindre. Elle tenta un dernier effort avec Maxime le Confesseur. La théologie historique et ascétique resta toujours florissante et plus encore la poésie religieuse.
Chez les Latins, la science ecclésiastique diminua également et la civilisation romaine disparut, ruinée par rinvasion des barbares; toutefois les peuples nouveaux n'étaient pas incapables de science; une vie littéraire nouvelle surgit à la fin du v^ siècle en Gaule; pendant le VI® siècle en Afrique, en Italie et en Espagne. Les principaux représentants de ce renouveau sont saint Fulgence de Ruspe, saint Grégoire le Grand et saint Isidore de Séville.
S 55. ^ Les écrivains ecclésiastiques U
1" Les écriçains grecs depuis le commencement du IV® siècle jusqu'au milieu du v®.
Eusèbe de Césarée (f 340 env.) mérita pour sa célèbre Histoire ecclésiastique le beau titre de Père de l'Histoire ecclésiastique. Ses ouvrages les plus remarquables sont la Preparatio eçangelica et la Demon-^ st ratio evangelica : le premier montre la folie du pagaie REMT Ceiluer, Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques, 16 ▼ol., a* éd., Paris, 1858-1869. — 0. Bardenhewer, Les Pères de l'Église, éd. fr. par Godet et Verschaffel, 3 vol., Paris, 1899 ss. — Fesser-Jungmann, Institutiones Patrologiae, t. MI, Inspruck, 1890-1896. — P. Batiffol, Anciennes littératures chrétiennes, La littérature grecque, 4« éd., Paris, 1901. — A. Ehrhard, Die altchristL Literatur und ihre Erforschung seit 1880; et 1884-1900; Strassb. TheoL Studiën, Frib.-en-Br., 1894 et 1900. ~ Krcmbacher, Geschichte der Byzantinischen Literatur (527-1453), ^ éd., Munich, 1897. — Ddchesiœ, Histoire ancienne de l'Église, t. II, Paris, 1907. •— Duval, Anciennes littératures chrétiennes, La littérature syriaque, 3* éd., Paris, 1907.
nisme; le second, la vérité du christianisme. Malheureusement Eusèbe, ne comprenant pas assez la portée de TArianisme, se laissa entraîner dans cette erreur, pour éviter le Sabellianisme ^
S. Athanase [f 373), le vigoureux défenseur de la vraie foi, eut une conduite tout opposée. Saint Grégoire de Nazianze l'appelle « la colonne de TÉglise », et c'est une des plus grandes figures de l'histoire ecclésiastique. Doux et porté au pardon à l'égard des pécheurs bien disposés, il montrait une incomparable fermeté de caractère contre les hérétiques. Quoique puissant apologiste [Ads^ersum gentes duo libri)^ il dirigea néanmoins toute la vigueur de son talent contre les Ariens, comme le prouvent ses nombreux écrits dont le plus étendu et le plus remarquable est intitulé : Orationes IV contra Arianos, Pour récompense de son zèle, il fut exilé cinq fois. Les écrits de saint Athanase sur l'histoire de l'Arianisme et les développements de cette hérésie sont de la plus grande importance 2. Son style est puissant, noble, souvent éïevé.
S. Cyrille de Jérusalem (f 386) combattit aussi l'Arianisme ; ce qui lui valut de rudes attaques et des persécutions. Ses célèbres Catéchèses forment son œuvre principale^.
A peu près sur le même rang que saint Athanase, se placent les trois Cappadociens qui luttèrent aussi contre l'Arianisme et le Macédonianisme : S. Basile le Grand (•f- 397) forma sa puissante intelligence à Césarée, Constantinople et Athènes. Il excellait comme théologien [Contra Eunomiuniy De Spiritu Sancto), comme
1. p. G., XÏX-XXIV. — Ed. DiHDORF, 4 tomes, 1867-1871. — Barden- HEWER, II, 20-33. — 2. p. G., XXV-XXVIII, — Ed. MOKTFAüCON, Paris, 1698, 3 fol. — X. LE Bàchelet, art. Athanase, dans le Dict, de ThéoL cath. — J. A. MÖHLER, Athanaie le Grand et VÉglise de son temps en lutte avec Varianisme, trad. Jean Cohen, 3 vol., Paris, 1840. — Cavallera, S. Athanase, Paris, 1908. -- Loofs, Symbolik oder christU Confessions-Kunde, Tûbingue, 1902. — Bardenhewer, II, 34Ö1. — 3. P, G., XXXIII. — Ed. Tout- TÉE, Paris, 1720. — X. Le Bachelet, art. Cyrille, évéque de Jérusalem, dans le Dict, de ThéoL cath, — Bardenhewer, H, 64^.
exégète [Hexameron]^ comme orateur et comme homme d'action. Il brilla comme « un phare », dans les ténèbres des discussions religieuses ^
Son ami, saint Grégpoire de Nazianze (f 389 ou 390), fut quelque temps patriarche de Constantinople. Il prit une grande part au mouvement religieux de son époque et exerça une puissante influence par son éloquence entraînante. Ses cinq Discours théologiques (no' %1 à 31) lui ont mérité le surnom de Theologus, Rufin dit : Non esse rectae fidei hominem qui in fide Gregorio non concordat^. Plus grand penseur encore est saint Grégroîre de Nysse (f 395), frère cadet de saint Basile ; comme évêque de Nysse, il eut à soutenir de rudes combats avec les Ariens. Il se montre plus fécond dans ses œuvres exégétiques, mais il est plus grand dans ses écrits dogmatiques [Oratio catechetica magnuy Libri XII contra Eunomium), Son mérite principal est dans la défense philosophico-théologique de la foi^.
Didyme TAveugrle (f 395) fut un des hommes les plus extraordinaires de son temps. Quoique aveugle dès Page de quatre ans, il parvint cependant à une haute science et fut pendant plus d'un demi-siècle à la tête de récole d'Alexandrie. Il écrivit des ouvrages exégétiques et dogmatiques ; le meilleur [De spiritu sancto) a été traduit par saint Jérôme ^.
Saint Epfphane (f 403), évêque de Salamine, fut pour son temps un grand philologue. Son œuvre principale, partout citée, est le Panarium, ordinairement nommé Haereses, VAncoratus traite de la sainte Trinité.
1. p. G., t. XXIX-XXXII. — Ed. Garnier, Paris, 1721-1730. — Allard, Saint , Basile^ 4« éd., Paris, 1903;— art. BastJe, dans \eDict. de Théol. cath,— '
BARDENHEWER, n, 69-89.— 2. P. G., XXXV-XXXVni.— Ed.CLEMEWCET-CAILLAü,
Paris, 1771-1840. — Benoit, S, Grégoire de Nazianze, 2* éd., 2 vol., Paris, 1884-1885. — Bardenhewer, II, 90-105. — 3. P. G., XLIV-XLYI. — Bd. DüccEus, 3 fol., Paris, 1638. — L. Méridier, Grégoire de Nysse, discours catéchétique, Paris, 1908. — F. Boulenger, Discours funèbre en l'honneur de son frère Césaire et de, Basile de Césarée, Paris, 1908. — Bardenhewer, II, 105-126. — 4. P. G., XXXIX. — Cf. Spicil Solesm., I, 284. — Bardenhewer, II, 137-141.
Malheureusement, dans le premier écrit, l'auteur manque parfois de critique, et dans le second, il s'écarte assez souvent de son sujets
Diodore de Tarse (f399 environ) fut très fécond, mais nous ne connaissons que de nom la plupart de ses œuvres. Reconnu pendant sa vie comme orthodoxe, il eut plus tard une triste célébrité, parce que ses écrits favorisèrent le Nestorianisme *. Son disciple Théodore de Mopsueste (f 428) développa l'enseignement du maître et fut condamné au V' concile œcuménique (553)^.
Saint Jean Chrysostome (f407), grand par sa sainteté et l'élévation de son caractère inaccessible à la crainte , est célèbre surtout pour son incomparable éloquence. Ses homélies les plus admirées datent des années 387 à 397, lorsqu'il prêchait à Antioche. Il est renommé pour ses œuvres exégétiques, prononcées la plupart du temps sous forme d'homélies. On peut encore citer les 21 homélies De statuts, De Sacerdotio libri VI . En 398, il fut élevé au patriarcat de Constantinople, et entra «d lutte avec Théophile d'Alexandrie et l'impératrice Eudoxie. Il mourut pendant son second exil à Comanes, dans le Pont^.
Les Constitutions Apostoliques sont ime collection de nombreux et très différents écrits, constituée en Syrie au commencement du v® siècle, par la compilation d'autres ouvrages. Ce travail forme huit livres; les six premiers sont une révision de la Didascalia ^ et ont maintenant la forme d'une épître envoyée par les apôtres aux fidèles convertis du paganisme; le septième livre a pour fondement la Didachè^ tandis que le hui-
!• p. G., XLI-XLin. — Ed. Petau, «., fol., Paris, 1622. — Ed. Dikdorf, 18S9- 1862. ~ Cf. DucHESNE, Hist, anc. de VÈglUe, t. II, p. 589 ss. — Batiffol, La littérature grecque^ p. 301. — Bardenhewer, 137-141. — 2. P. G., XXXIII. — Fcia, Abhandl, und Untera,, III, Paderborn, 1907, p. 323-350. — Barden- BEWEE, II, 151-155. — 3. p. G., LXVI. — Batiffol, (. c, p. 296 88. — Barden- HEVEi, II, 156-163. — 4. P. G., XLVII-LXIT. —Ed. Montfaucon, Paris, 1718-38, 13 ftol. ~ POECH, S. Jean Chrysostome et les moeurs de son temps, 2« édit. Paria, 1900. — Chr. Baur, S. Jean Chrysostome et ses œuvres dans ^histoire littéraire, Paris-Louvain, 1907. — DtxHESifE, Hist. anc. de r Église, t. II, p. 604 88. — Bardikhewer, II, 164-208. ~ 6. Cf. plus haut, p. 148.
tîème qui est aussi un remaniement contient une liturgie complète et les Canons Apostoliques. Les deux premiers livres sont certainement de la même main. Le concile Quini'Sexte (692), quoique les tenant pour apostoliques, les rejeta comme falsifiés par les hérétiques ^ . Les 85 Canons des apôtres ^ furent au contraire admis. Du huitième livre des Constitutions Apostoliques sortit la Didascalie Egyptienne et de celle-ci, avant la fin du V® siècle, le Testamentum Domini nostri ^ (publié récemment) et plus tard les Canones Hippolyti ^.
Synesius de Cyrène (413 environ) fut instruit à Alexandrie par la célèbre Hypatie dans le néo-platonisme ; il se convertit ensuite au christianisme et devint évoque de Ptolémaïs. Ses travaux offrent un curieux mélange de conceptions chrétiennes et d'idées païennes *.
Saint Cyrille d'Alexandrie (f 444). l'un des plus grands maîtres de l'antiquité, fut la gloire de Técole d'Alexandrie, qui déclina beaucoup après lui. Il se montra le plus redoutable adversaire de Nestorius qu'il combattit par de nombreux écrits. Pour l'histoire du dognie, saint Cyrille est le plus important après saint Athanase. La plus grande partie de ses œuvres est exégétique, l'autre, polémique contre Julien l'Apostat et le Nestorianisme ^.
Le plus remarquable adversaire de saint Cyrille fut Tliéodoret de Cyr (f 458), de l'école d'Antioche. Beau-
1. Les Const. Apost., P. G., I. — J. B. Cotelier, Patres aevi ap., 1. 1, Paris, 1672. Surtout éd. Funk, Paderborn, 1906. —Bardenhewer, 1, 47-51. — 2. He- FELE, I, 800 ss. — Cf. F. Nau, art. Canons des apôtres et Constitutions apostoliques^ dans le Dict. de ThéoL cath, — Bardenhewer, I, M-53. — 3. Ed. Rahuani, Mayence, 1889. — 4. Funk, Tûb, Quartalschr., 189S, 894- 666; 1906, 1-27. Hist. Jahrb,, 1895, 1-36, 473-509. Das Testamentum unseres Rerm und die verwandten Schriften {Forschungen zur christl. Litt, und Dogmengeschichte)^ Mayence, 1901. — G. Horner, The statutes of the Apostles, Londres, 1904. — 5. P. G., LXVL — Hist, Jahrb. der Görresgewllschaftr 1902, p. 751 SS. — C. Vellay, Études sur les hymnes de Synésius, Pari», 1904. — H. Druon, Œuvres deSynésius traduites en /rançais, Paris, 1878.— Bardenhewer, II, 213-217. — Cf. BIahé, art. Cyrille^ dans le Dict. de Théol cath. — 6. P. G., LXVIII-LXXVII. — Ed. Aubert, Paris, 1638, 6 fol. — Largent, s. Cyrille d'Alexandrie, Paris, 1892. — Rehrmann, Die Christologie des H. Cyrillus v. Alex, systematisch darflfes^eiWjHildesheim, 1902. — Bardenhewer, II, 217-232.
coup de ses ouvrages sont perdus ; mais son Apologie Graecarum affectionum curatio et son Histoire ecclé^ siastique doivent être citées ^ .
Nommons encore Philostorgre dont V Histoire ecclésiastique^ conservée par Photius, tente Fapologie de Tarianisme (315-425) ^, et les deux avocats de Constantinople continuateurs d'Eusèbe, Socrate, dont l'excellente Histoire ecclésiastique ^ va de 313 à 439, et Sozomène, dont V Histoire ecclésiastique^^ bien inférieure comme critique, s*arrête à 425.
Isidore de Péluse {f 440 env.), prêtre et abbé près de Péluse, est surtout connu pour ses 2.000 lettres ^. Palladius écrivit VHistoria Lausiaca qui se compose de biographies de moines ®.
Parmi les écrivains ascétiques de cette époque se distingue saint Nil^ (^430 env.).
2° Les écrivains latins depuis le commencement du IV® siècle jusqu'au milieu du v®.
Saint Hilaire de Poitiers (f 366) est un profond penseur, d'un bon style plein de sentiment et de sincérité. Il combattit comme saint Athanase l'hérésie arienne et fut de même condamné à l'exil. Son principal ouvrage est intitulé De Trinitate; bien que, dans l'origine, il portât le nom : De fide adversus Arianos, Ses écrits historico-polémiques et exégétiques sont fort intéressants pour l'histoire du dogme ^.
L'arianisme avait encore de] nombreux adversaires :
1. p. G., LXXX-LXXXIV. — J. ScHDLTE, Theodoretus v, Cyrus als Apologety Vienne, 1904. — Bardenhewer, II, 217-2*7. — 2. P. G., LXV. — P. Batif- FOL, Quest, philostorgianae^ Paris, 1891. — 3. P. G., LXVII. — 4. P. G., LXVII. — 5. P. G., LXXVIII. — 6. P. G., LXV. — Ed. Bütlek, Oxford, 1904. — 7. P. G.,LXXIX. — 8. P,L., IX-X. — Ed. Cousant, Paris, 1693. — Largest, Saint Hilaire^ Paris, 1902.— Schikta^z, Die Hilarius fragmente^ Breslan, 1905. — A. WiLMART, VAd Constantium liber primus de S. Hilaire de Poi • tiers et les fragments historiques^ Rev. bénédictine, avr. juill. 1907.— L. Dü- CBESNE, Hist, anc, de l'Église^ II, p. 523. — Bardenhewer, II, 270-284.
Lacifer de Cagrliar! (f 370 ou 371) qui écrivit surtout contre Constance^; le célèbre Hosius de Cordoue (t 357)2; Marias Victorin^, Ëusèbe de Verceil
(f 371), saint Zenon de Vérone (f 380) ^
Il faut mentionner aussi : Juvencus qui vers Tan 330 écrivit une Historia Evangelica; S. Pacien (•{- 391 env.) de qui est la parole fameuse : ChrisUanus mihi nomen esty Catholicus çero cognomen ^ ; Philastrius de Brescia, auteur d'un Liber de haeresibus^ \ enfin la Peregrinatio Silnaey description d'un pèlerinage en terre sainte attribuée d'abord à Silvia sœur de Rufin, l'homme d'État, et plus tard, avec grande probabilité, à la vierge espagnole Ethéria^.
Saint Ambroise (f 397), de fonctionnaire de l'État élevé soudainement au siège ëpiscopai de Milan, est un des hommes les plus illustres de l'antiquité ecclésiastique. 11 eut par sa science, sa fermeté de caractère, son amour du devoir et sa sainteté, beaucoup d'influence sur les événements de son époque. Écrivain distingué, orateur et évéque, il a beaucoup produit. La partie principale de ses œuvres est exégétique [Hexameron) dans un sens allégorico-mystique. On lit beaucoup ses œuvres ascétiques : De officiis ministrorurriy De Virginihus ad Mat" cellinam sororem; les dogmatiques : De fide ad Gra^ tianum et De Spiritu Sancto ad Gratianam, Ses discours De obitu Valentiniani consolatio et De obitu Theodosii oratio sont célèbres. De nombreuses et belles hymnes composées par saint Ambroise montrent avec quelle perfection il possédait la langue latine^.
1. p. L., XIII. — DucHESNE, Hi8t, anc. de ^Église, II,3408S. — 2. P. G., XXV, 744-148. — DoM Leclercq, UEipagne chrétienne^ Paris, 1906, p. 90 88. — 3. P. L., YIII, 1019 88. et LXIV, 891-910. — Bardekhewer, II, S93-294. — 4. P. JL., XI. — BardeShewer, II, 295. — Ö. P. L., XIII. — Bardenbewer, II, 308. — 6. p. L., XII. — Bardenbewer, II, 316. — 7. M. Ferotin, Rev. des Quest. hist.^ oct. 1903, 367 88. — A. BlUdau, Der Katfiolik, 1904, p. 61, 81, 167. -- Cf. A. PONCELET, Analecta BolL, XXIII, p. 98 s. — Bardemhewer, II, 306 8. — 8. P. L., XIV-XVII, 14-17. — Ed. de8 Macristes, Par., 1686-1690, 2 fol. — De Broglie, s. Ambroise^ Paris, 1899. — Cf. Ducbesne, Hist. anc. de l'Église, II, 464 88. — Bardenbewer, II, 317-336. — Laroent, art. Ambroise, dans le Dict. de ThéoU cath. — P. de Labriolle, Saint Ambroise, Paris, 1908.
MANUEL d'histoire. — I. 17
Prudence (f 405) est le plus grand des poètes latins du christianisme. Parmi les sept livres de sa collection, ceux qui ont le plus contribué à sa réputation sont le Cathemerinoriy hymnes d'usage journalier, et le Péri stephanoriy hymnes aux martyrs ^
Saint Paulin de Noie (-f 431) écrivit d'excellentes poésies ; les meilleures sont les Carmina natalitia sur saint Félix de Nole^.
Sulpice-Sévèpe (f probablement entre 420 et 430), un des principaux écrivains de son temps, est célèbre pour ses ouvrages Chronicorum libri duo et Vita S.Martini, etc. ^.
Rufln (•{- 410) mérite d'être cité comme historien et surtout comme traducteur de divers ouvrages grecs*.
Le plus savant de tous les Pères fut saint Jérôme (f 420), né à Stridon en Pannonie. Il étudia à Rome, à Trêves et à Constantinople. Après avoir travaillé pendant trois ans auprès du pape saint Damase, il partit pour Bethléem où il demeura de l'an 386 jusqu'à sa mort. Son œuvre principale est la traduction et l'explication de la Bible. Parmi ses écrits historiques, le De çiris illustribus et le Chronicon sont très intéressants. Ses œuvres dogmatiques ont toutes un caractère polémique; ce qu'on fit le plus, c'est peut-être ses splendides lettres. Saint Jérôme est, pour sa forme littéraire, un des meilleurs écrivains de l'antiquité^.
Le plus grand, le plus original, le plus universel des Pères, et une des plus puissantes intelligences qui aient jamais existé, est saint Augrustin (-f* 430). 11
1. P.L., LIX-LX.— Tttô. Quartalschr,, 1894, 77-125. Ed. Drkssel, 1860.— Bar- DENHEWER, II, 341-346. -^ 2. P. L., LXI. — Reinelt, Studim ûber die Brief e des H, Paulinus von NoUXj Breslau, 1904. — Bardenhewer, 11,346-352.
— André Bauorillart, Saint Paulin^ évêque de Noie (353^31), Paris, 1905.
— J. BROCHAT, La correspondance de S. Paulin de Noie et de Sulpice Sévère, Paris, 1906. — 3. P.L,, XX. — Ed. Halm, Vienne, 1866. — Bardenhewer, II, 356-359.— 4. P. L., XXI. — BARDENHEWER, II, 359-363. — 6. P. £., XXn-XXX. — Ed. Vallarsi, Vérone, 1734-42, il fol. — Collombet, Hist, de S. Jérôme, 2 vol., Paris, 1884 — Largent, Saint Jérôme, Paris, 1899. — B. Sanders, Études sur S. Jérôme, Bruxelles, 1903. — Bughesne, Hist, anc, de l'Église, II, 476 ss. — Bardbnhewkr, II, 364-394.
LES ÉCRIVAINS ECCLÉSIASTIQUES. 2Ul
développa ses facultés extraordinaires à Tagaste, sa ville natale, puis à Carthage. Il tomba de bonne heure dans le manichéisme (374); après sa conversion à Milan (387), il retourna en Afrique, parvint à une très haute sainteté et, depuis 396 jusqu'à 430, fut évêque d'Hippone où il déploya tout son talent à combattre les donatistes, les pélagiens et les semi-pélagiens. Comme fécondité, il n'a d'égal que saint Jean Chrysostome, comme profondeur de pensées, personne. Nul ne sait peindre comme lui la vie de Fàme. Saint Augustin est appelé docteur de la grâce* Aucun Père n'a exercé sur la philosophie et la théologie des temps postérieurs une égale influence. Ses œuvres les plus connues sont De CMtate Dei et ses Confessions^.
Parmi les amis et disciples de saint Augustin, Marias Mercator [f 451, env.) écrivit à Constantinople contre Pelage et Nestorius*; Orose (f après 417), son œuvre principale est : Historiarum adv, Paganos lihrl septem^; les deux laïques Prosper d'Aquitaine'* (f 413) et Hilaire ^, qui envoyèrent à saint Augustin un compte rendu des oppositions que rencontrait sa doctrine dans la Gaule méridionale. En Gaule, on trouve Cassien {-j- vers 435), auteur des Collationes Patrum et des Instituta Coenobiorum^, SainlEucher, évêque de Lyon (-{• vers 450), dont les Formulae spiritalis intelligentiae furent beaucoup lues^; de même et plus encore, les Commonitoria de Vincent de Lérins (•}• vers 450)^.
1. p. L., XXXU-XLVII. — Ed. COLSTANT, Paris, 1679-1700, 11 fol. — Barden- BE>vER, 11, 39Ö-4Ö3. — Hatzfeld, s. Augustin^ Paris, 1897. — cf. Portalié, art. AüGLSTiN, dans le DicL de Théol, cath,^ — Martin, S. Augustin, Paris, 1905. — 2. P. L., XL VIII. — Bardenhewer, II, 453, 473. — 3. P. L., XLVIII.— Ed. Zangemeister, vienne, 1882. —Bardenhewer, 4Ö6-4Ö8. — 4. P. L., XXXni, 1007-1012. — Bardenhe\ver. II, 419, 4Ü9. — 6. P. L., LI. — Bardenhewer, II, 459-463. — Valentin, Saint Prosper d'Aquitaine^ Paris, 1900.
— 6. P. L., XLIX-L. — Ed. Petschenig, Vienne, 1886. — 7. P. L., L. —Bardenhewer, II, 469-471. ~%g. par Goclloud, Lyon, 1881. — 8. P. L., L, 637-686.
— Reillt, Études sur la règle de foi de S. Vincent de Lérins^ Tours, 1903.
— Bardenhewer, II, 474-476. — F. Bruketière — P. de Labriolle, Saint Vincent de Lérins, Paris, 1906. — H. Koch, Vineenz von Lerin und Gennadiust Leipzig, 1907.
Le pape saint Léon I®"" (-j- 461), le plus grand pape de l'antiquité avec saint Grégoire I'"", écrivit 96 discours et beaucoup de lettres. Ses discours brillent par la beauté du langage, la profondeur de la pensée et le caractère solennel. Son Epistola dogmatica est célèbre ; le Sacramentarium Leonianum n'est pas de lui ^ .
Saint Pierre Clirysologrue (-}- probablement en 450) se distingua comme orateur et eut aussi beaucoup de lecteurs^; de même saint Maxime de Turin (f après 465)^.
3^ Les écrivains grecs depuis le milieu du v* siècle jusqu'à la fin du vu*.
Dans une assemblée des sévériens (ainsi nommés d'après le monophysite Sévérus) et des orthodoxes à Constantinople en 531, les premiers en appelèrent aux écrits de S. Denys l'Aréopagfite. La question de l'auteur de ces écrits n'est pas encore tranchée, mais ils ne sont certainement pas de TAréopagite lui-même et ne parurent que vers Tan 500. Ils furent beaucoup lus, exercèrent une grande influence en théologie, parce qu'au moyen âge on les attribuait au disciple de saint PauL L^auteur est un chrétien d'im génie puissant, à tendance néoplatonicienne ^,
Léonce de Byzance (-{* vers 453) fut à cette époque de décadence un polémiste redoutable ; il a laissé en fait d'ouvrages : Adversus Nestorianos et Eutychianos libri tres ^. Il faut citer aussi l'empereur Justinien^ (f 565);
1. p. £., IJV-LVI. — Ed. BàLLERiNi, ven., 1753-1757, 3 fol. — Bardenhbwer, II, 477-483. — Mg. par Amelu, Mont-Cassin, 1890. — 2. P. L., LU. — Bar- DENHEWER, II, 483-485.. — 3. P. X., LVII. — Bàrdenhewer, II, 485 8. — 4. P. G., III-V. —Ed. CoRDERius, Ânyers, 1634. -^ Sticlmayr, Programm der Stella matutina von Feldkirch, 1895. Hist JMrb. d, Görres,^ 1895. — H. Kocn, PseudO'Dionysiuê Areopagita in seinen Beziehungen zum ^euplatonismus und Mysterienwesen^ Mayence, 1900. — Bàrdenhewer, 11^- 1Ï6-436. - 6. P. G., LXXXVI. — 6. P. G., LXXXVI. — BARDENHEWER, III, 47-49. -- Cf. D. Cabrol, Lhymnographie de l'Eglise grecque, Angers, 1893..
Romanos le Mélode, un des premiers poètes de FÉglise grecque, probablement au commencement du vi® siècle* ; Cosmas Indicopleustès qui (vers 547) écrivit une Topographie chrétienne ^; S. Sophronias de Jérusalem (-}• 638), connu comme adversaire du monothélisme. A la fois orateur et poète, il écrivit avec Jean Moscus le Pratum spirituale, recueil d'exemples édifiants des contemporains ^. S. Jean Climaque (•{- vers 600) est l'auteur bien connu de V Echelle du Paradis *, Le premier adversaire des monothélites fut Maxime le Confesseur (f 662) qui, entre autres œuvres, écrivit une Mystagogie et un Commentaire sur S. Denys l'Aréopagite et mérita de souffrir pour la foi ^. Anastase le Sinaïte (f après 700) s'éleva contre les monophysites. Le Chronicon Paschale, qui parut sous Héraclius (610- 641), est une des plus précieuses chroniques chrétiennes *.
4** Les écrivains latins depuis la moitié du v® siècle jusqu^à la fin du vu®.
En continuant à peu près l'ordre chronologique, on rencontre premièrement Salvien de Marseille (f 480 environ) qui écrivit le livre De Gubernatione Dei "^^ ouvrage remarquable, mais dont les couleurs sont un peu trop forcées. Fauste de Riez (f 490) était semi-pélagien, mais combattit vivement les pélagiens et les prédestinatiens®. Gennade de Marseille (f485 environ) continua le De viris illustribus de S. Jérôme et écrivit encore le De ecclesiasticis dogmatibus ^. S. Césalre d'Arles
1. Krumbacher» Geschichte der byzantinischen Lit., Manicb, 1897, p. 663, — 2. P. G., LXXXVIII. — BARDENHEWEft, III, 36-38. — 3. P. G., LXXXVII. —
BARDENHEWER, III, 43-45, 51 S. — 4. P. G., LXXXVIII. — BARDENUEWER, III,
5, 62. — 6. p. G., XC-XCI. — Ed. Combkfis, Paris, 1675. — O.P. G., XCU. — BARDENHEWER, III, 35 8. — 7. P. L., LUI. — Ed. Pauly, Vienne, 1883. — BARDENHEWER, Ilî, 107-110. — Hist. littéraire de la France, II, 517 ss. —8. P.
JL., LVIII. — BARDENHEWER, III, 94-101. — Ed. EN6ELBRECHT, Vienne, 1891. —
9. p. X.., LVIII. — B. CzAPLA, Gennadius Litterarhistoriker, Kirchen- §€schichtLStud,, Munster, 1898. — Hi$t. litt. de la France, II, 63288. — Bar-
DENHEWER, I, 13-16 ; III, 145 s.
(f 542), qui présida le concile d'Orange (529), est surtout célèbre comme orateur populaire ^ S. Patrice (f 493 environ), l'apôtre de l'Irlande, nous a laissé une Con-' fessio et une Epistola ad Coroticum ^. Victor de Vite en Afrique, dans son Historia persecutionis Vandalicae pronnciae ^ (486), nous décrit les persécutions de Genséric et d'Hunnéric.
Le plus vigoureux adversaire de l'Arianisme et du Pélagianisme, qui fut aussi « le plus grand théologien et le plus saint évêque de son temps », est S. Ful^enee de Ruspe (f 533) ; son meilleur ouvrage est De fide ad Petrum seu de régula veras fideiy résumé de théologie dogmatique *. S. Ennodius de Pavie (f 521) était rhéteur, évêque, prosateur et poète. Il ne laissa toutefois aucune œuvre magistrale*.
BoèceetCassiodore méritent d'être mentionnés ici. Le premier (f 624), sénateur, consul et conseiller du roi Théodoric, fut condamné par ce prince, pour une prétendue conspiration; parmi tous ses ouvrages, le plus célèbre est son livre De la consolation de la philosophie qu'il écrivit en prison *. Le second (f vers 570) quitta la cour de Théodoric et se fit moine dans le monastère de Vivarium^ fondé par lui en Calabre. Il consacra dès lors à la science tous ses loisirs ; ses ouvrages d'histoire, le De origine acUbusque Getarum et V Historia ecclesiastica tripartita (compilation de Socrate, Sozomène et Théodoret), devinrent classiques au moyen âge\
1. p. L., XXXIX, 1735 ss.; LXVII. — Malnory, Saint Césaire d'Arles, Paris, 1894.— P. Lejay, Saint Césaire, évêque d'Arles, Paris» 1897. — Cf. Don Morin, Rev, Bén., t. X (1893), p. 63-77 et passim.— 2. P. L., LUI. — Barden- HEWER, m, 125 s. — 3. P. L., LVin. — Ed. Petschenig, vienne, 1881. -^ 4. P. JL., LXV. — Ed. Mangeant, Paris, 1684. — Bardenhewer, III, 133-136. — 6. P. L,, LXÏII. — Ed; Hariel, Vienne, 1882. — Cf. S. l'Église, S. Ennodius et la suprématie pontificale au VI* siècle, trad. fr., Paris, 1906. — 6. P. L., LXIII-LXIV. Stimmen au$ M. Laach, t. 39 (1890), 374 ss. — Bardenhewer, III, 156.164. — G. Boissier, Le christianisme de Boèce, Paris, 1889. — Godet, art. Boèce, dans le Dict. de Théol. cath. — 7. P. L„ LXIX- LXX. — • Ed. Garet, Rouen, 1679. — Batiffol, art. Cassiodore, dans le Dict» de la Bible.
Facundus d'Hermiane défendit les Trois-Chapi* tres : Pro defensione Trium Capitulorum *.
Grégroire de Tours (f 594) jouit d'une grande autorité comme historien sincère et critique judicieux : son Historia Francorum est « une des plus intéressantes productions de la littérature historique » *.
Venance Fortunat (f 603) est célèbre comme poète ; les deux belles hymnes de la passion : Pange îingua gloriosi et Vexilla Regis^ prodeunt sont de lui ®.
S. Grégroire le Grand (f 604) éclipse tous les précédents. Quand bien même, comme pape, il n'aurait pas travaillé plus qu'aucun autre de ses prédécesseurs, il serait devenu par ses seuls écrits un des quatre grands docteurs de l'Église latine. Nous possédons 848 lettres tirées de son Registrum dont il ne reste que des extraits. Parmi ses écrits, on remarque surtout le Liber regulae pastor alis qui fut traduit aussitôt en grec ; et, sous le roi d'Angleterre Alfred (f901;, en anglo-saxon ; l'^j:/?©sitio in lihrum Job y sii^e Moralium libri XXXV ^ les Dialogues et le Sacramentaire grégorien. Il n'est cependant pas certain que ce dernier ni le Sacramentaire gélasien soient de S. Grégoire *.
Le Liber Pontificalis^ ou recueil des vies des Papes, n'appartient pas à Anastase le Bibliothécaire ; mais il fut composé à diverses époques. La partie la plus ancienne qui s'étend jusqu'à la mort de Félix IV (530) fut rédigée sous Boniface II (530-532) sur la base du Catalogus Ld' bérien (jusqu'à Libère). Un extrait de ce premier ouvrage donna non seulement le catalogue Félicien^ mais aussi le catalogue Cononien; ce dernier conduit le travail jusqu'à la mort du pape Conon (686). Le Liber Pontificalis
1. p. L., LXVII. — 2. Bardenhewer, IH, 483^91. — Lecoy de la Marche, De Vautorité de Grég. de Tourt, Paris, 1861. — P. L., LXXI.— Ed. Ruimart, Paris, 1699. — Ed. G. Arrdt et Krusch [Mon, Oerm, hist.., Script» rer. keroving.), — 3. P, L., LXXXVm. — Ed. Leo et Kruscb (Mon, Oerm, hist,. Auctor, antiquiss,, t. IV). - Trad. fr. par Nisard, Paris, 1887. —4. P. I., LXXV- LXXVin. — ià. des Mauristes, Paris, 170K. — Wolfsgruber, Gregor der Grotêe, Saulgau, 1890. — Duddkth, Qregory the Great : his place in history and thought, Londres, 1906, — Bardenhewer, III, 198-310.
fort; continué ensuite par divers auteurs jusqu'à Adrien II (f 872) ou plutôt jusqu'à Etienne V [f 891), mais il manque trois pontificats. Du vi®au ix® siècle, le Liber Ponti' ficalis est une source de premier ordre, non cependant k partie antérieure ^
Saint Isidore de Séville (f 636) a beaucoup de mérite comme évêque et écrivain. Il embrassa toutes les connaissances de son temps et surpassa en fécondité tous les écrivains espagnols de l'antiquité ecclésiastique. Parmi ses nombreux écrits, se distinguent ses Étymo^ logies nommées aussi Origines^ sorte d'encyclopédie, et le De Ecclesiasticis officiis ^.
5<» Les écrivains syriens et arméniens ^.
Apliraate écrivit de 336 à 345 différentes homélies **, qui jusqu'en 1869 furent attribuées à saint Jacques de Nisibe. Le principal écrivain syrien est saint Eplireni. (•}• 373), nommé « -docteur du monde » et « colonne de l'Église ». Ses œuvres sont très nombreuses : hymnes, chants, homélies, commentaires sur la Bible ^. Rabotas d'Édesse, depuis 412 évéque de cette ville , fut poète et prosateur. Isaac d'Antioclie (-f- 460 environ) bien connu comme orateur et poète *.
Mesrop (f 441) créa récriture arménienne et fit, avec d'autres écrivains, une traduction de la Bible en cette langue. A lui appartiennent les homélies attribuées
1. Ddchesni, Le Liber Pontif, etc., 2 vol., Paris, 1886-1892. — Mommsen, I, 1898. — RosENFELD, Ùeber die Composition des Lib, Ponti ficalis, 1896. — Grisar, Analecta Romana, Rome, 1899. — 2. P. L., LXXXI-LXXXrv. — Ed. MoMMSBN {Mon, Germ, hist., Auct. Antiquiss,^ XI, Berlin, 1894). — Me- NANDEZ Pelato, S, Isidove et Vimportanee de son rôle dans l'histoire intellectuelle de l'Europe {Annales de Philos, chrét,, 1882, 258-269). — 3. Cf. Rubens Duval, Anciennes littératures chrétiennes. La littérature syriaque^ Paris, 1899. — L. Petit, art. Arménie (Littérature) dans le Dict. de Théol. cath, — 4. J. Parisot, chez Graffin, Cursus patrologiae syriacae^ I, Paris, 1894. — DuvAL,'i. c, p. 225-229. — Éd. FORGET, Louyain, 1882. — 6. Ed. Asse- MAifi, Rome, 6 fol., i732-l746. — DüVAL, l. c, passim, surtout p. 331-337. — Lamy, Rev. BibUy t. II (1893), 5-25, 16i-181, 465-486. — Bardenhewer, III, 233-242. — 6. Ed. BicKBL, pars MI, Glessen, 1873-1877 etZiNGERLE, Inspruck, 1869 et Rome, 1871.
auparavant à saint Grégoire riUuminateur (f 332) . Eznik (487), disciple de Mesrop, écrivit \xnQ Réfutation des sectes * dans laquelle il laisse voir une intelligence perspicace et de vastes connaissances. Moïse de Rhoren est un auteur goûté ; néanmoins l'Histoire de la Grande- Arménie n'est pas de lui ; un inconnu Ta publiée sous son nom; elle date du vu® ou du viii' siècle*.
1. Ed. Venise, i896 ; trad. fr. de Vaillant de Florival, Paris, 1853. — 2. A. Carrière, Nouvelle» sources de Moise de Khorèn, Etudes critiques^ Vienne, 1893 et Supplément, Vienne, 1894. — Opp, omnta, Venise, 1881.