CONVERSION DES PAYS GERMANIQUES. 30S
(f775), issu delà race mérovingienne, qui dirigea Técole monastique d' Utrecht et administra plus tard cet évêché ; son suffragant Alubert ; I^ebouin (f 777) et Marchelm sous Willehad premier évêque de Brème; saint Ludger [f 809) écolâtre d'Utrecht et premier évêque de Mimster.
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l"" Saint Boniface travailla, surtout à la conversion de l'AUemagrne. Né vers 681 à Kirton, en Angleterre, et élevé dans Tabbaye de Nhuts-Celle, il vint en 716 en Hollande, mais, mal reçu, s'en retourna bientôt. En 718, il se rendit à Rome où il reçut du pape Grégoire II (715-731) les pouvoirs nécessaires; après une mission en Allemagne et trois ans d'apostolat en Frise avec saint Willibrord, il retourna à Rome et fut sacré évêque. A son retour, il prêcha dans la Hesse, la Thuringe et la Bavière ; abattit le chêne sacré de Geismar avec le bois duquel il bâtit une chapelle en l'honneur de saint Pierre ; fonda plusieurs monastères, entre autres Fulda, qu'il peupla en partie de missionnaires et de religieuses venus d'An-, gieterre, en partie avec des nouveaux convertis^. Après un troisième voyage à Rome (737), il dut organiser l'église d'Allemagne et, à cette fin, il convoqua un synode en Bavière et partagea la contrée en quatre évêchés : Salzbourg, Frisingue, Ratisbonne et Passau. De là, saint Boniface passa dans la Hesse et la Thuringe où il établit les quatre évêchés de Wurtzbourg, Burabourg, Erfurt et Eichstàtt un peu plus tard (745).
1. Vitae S. Bonifatii, par Wilubàld, Othlo et Anonym. Tbajegt. chez Pertz, Mon. Germ.j Scriptor, ^ t. II. — Epistolœ S, Bonif.j ed.GiLES, 3to1., Oxford, 4844. — Hàuck, Kirchengeschichte Deutschlands, I-H, Leipzig, 1898. — W. J. Kardp, Gesch. der Kath, Kirche in Danemark, Munster, 1863. — K. Maurbr, Bekehrung des Norwegischen Stammes, Munich, 1855-56. — G, KuRTH, S. Boniface f 4« éd., Paris, 1903. — La visse, La conquête de la Germanie par VBglise {Revue des Deux-Mondes), avril 1887. — 2. Monum, Germ,, Script,, t. II, 366 si.
Après la mort de Charles Martel (741), le saint réunit presque chaque année des synodes : le concile de Germanie (742) où, sur Tordre du pape Zacharie ^ , il fut très sévère pour le clergé ; celui de Leftines ^ (743), de Soissons (744). h^Indiculus superstitionum et paganiarum nous apprend combien il y avait à détruire : sacrifices aux morts, crémation des cadavres avec lesquels on brûlait même les femmes et les esclaves survivants, présages tirés du cerveau des animaux, du vol des oiseaux et d'autres signes innombrables, magie, idolâtrie, etc., etc. Le synode franc de 745 désigna à saint Boniface Cologne pour siège métropolitain de toute TAUemagne, ce qui néanmoins, pour des raisons ignorées, ne vint pas à exécution ; Mayence eut ce privilège en 746 et ce fut plus tard seulement que Cologne devint métropole avec Utrecht comme unique suffragant^ (794-799). Après avoir accompli cette œuvre gigantesque, le saint travailla en Frise (754-755) ; au printemps de cette dernière année, longeant de nouveau le Rhin, il vint à Dokkum où, le 5 juin, il subit le martyre avec 52 compagnons, au moment où il allait administrer la confirmation. Digne fin d'une vie si féconde !
2* Au commencement du viii® siècle, les deux Ewald qui évangélisaient les Saxons^ subirent le martyre; Lebouin fut obligé de s'enfuir. Le peuple belliqueux qui habitait de l'Elbe et de la Saale jusqu'au Rhin, du Hartz jusqu'à l'Eider, avait pour la puissante nation des Francs une haine égale à celle des Frisons ; c'est pourquoi il semblait nécessaire pour la paix de la contrée de subjuguer les Saxons. En 772, Charlemagne entreprit cette guerre de longue durée ; dans le premier combat il détruisit leur temple national d'Irmensul, et les battit à plusieurs reprises; contraints de se soumettre, ils promirent de recevoir le baptême. A la diète de Paderborn
1. Jaffé, 2« éd., n. 2264. — 2. Mon, Germ., Uï, 19. — Cf. Hefele, ni, 506.
— 3. Jaffé, 2« éd., n. 2273, 2286, 2292 et Jaffé, tôtd., I, p. 309 (in itinere). — 4. Eginhard, Annales; Annal, Laurissenses^ Mon. Germ., Script,, 1,135 ss.
— Hadck, Kirchengeschichte DeuischlandSy U II, 2« éd., Leipzig, 1900,