‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 86 sur 205 · L'INFLUENCE DU PAPE ET DES ÉVÊQUES · texte numérisé non relu

L'INFLUENCE DU PAPE ET DES ÉVÊQUES

observé exactement. Les premiers ajoutaient souvent à cela les regalia^ droit judiciaire dans les affaires criminelles et civiles, droit d'impôt et de douane, droit de battre monnaie, etc.

2** Comme bientôt les évêques et les abbés non seulement rivalisaient ayec les plus grands seigneurs par la richesse et la puissance, mais les surpassaient en science et en vertu, ils avaient le plus souvent la part la plus importante dans Fadministration du pays, la première place dans les assemblées et le droit de parler avant les autres. Leurs vastes connaissances et leur expérience dans les affaires leur donnèrent ordinairement entrée dans le conseil des princes qui choisissaient en même temps leurs ambassadeurs parmi les abbés et les évêques ^

Même dansTélection du roi, les évêques exerçaient une puissante influence ; les princes recevaient de préférence la couronne et l'onction de leurs mains, convaincus que cette cérémonie solennelle, en confirmant Fautorité royale, rendrait invincible et sacré le chef de l'État.

3® De bonne heure, les évêques eurent le droit d'examiner les affaires civiles ; Charlemagne ordonna même que la partie adverse se présentât devant le tribunal ecclésiastique ; ici encore s'ajoutait une sorte de droit judiciaire pour tous les délits, même ceux commis par les laïques. Les Missi dominici rendaient la justice dans leur district; mais l'évêque dans son évêché tenait le Sendgericht afin de mettre le droit et la justice à l'abri de l'arbitraire et de la cruauté. Les privilèges des personnes, des édifices et des biens ecclésiastiques prirent à cette époque un accroissement considérable.

4* Depuis le viii® siècle surtout, la considération, l'influence et la puissance des papes s'étaient beaucoup

1. Un certain nombre de ces évêques sont justement restés populaires : S.Éloi (t 659), évéqne de Noyon, qui joignità son zèle d'apostolat la renommée d'habile orfèvre ; S. Ouen, évêque de Rouen (Fte, par Yacandard, Paris, 1902) ; S. Amand (t 679), successivement moine, évéque et missionnaire^ S. LÉGER (t 678), évéque d'Autun ( Fie, par Dom Pitra, Paris, 1«46).

accrues; la cause en était dans leur haute dignité, leur bienfaisance et leur sollicitude pour le troupeau dont ils avaient la charge et qu'ils protégeaient contre la dureté des princes prévaricateurs. C'est pourquoi le pape avait le pas sur le roi, comme les évêques sur les grands seigneurs; il admonestait les princes, leur dictait des lois ecclésiastiques, défendait leurs droits, décidait les différends graves qui s'élevaient entre le prince et le peuple, entre le roi et ses alliés ou ses rivaux : arbitrage souvent demandé ou du moins partout accepté.

5^ Les exemples en sont déjà nombreux dans cette période. Rappelons ici l'élévation de Pépin le Bref à la dignité royale parle pape Zacharie (741-752) ; l'arbitrage de Grégoire IV (827-844) entre Louis le Débonnaire et ses fils; le jugement porté par Nicolas P' (858-867) contre Lothaire II, roi de Lorraine, qui, malgré toute justice, avait répudié sa femme Theutberge ; le puissant secours donné par Adrien II (867-872) à l'empereur Louis II qui, après la mort de Lothaire II (f 869), avait droit à la Lorraine que lui disputait Charles le Chauve ; enfin citons encore Nicolas II (1058-1061) gratifiant (en 1059) le normand Robert Guiscard de la Fouille, de la Calabre et de la Sicile.

g 61. — Origine des États de TÉglise K 1® Le royaume des Ostrogoths tomba en 555 sous la

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