‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 89 sur 205 · RETABLISSEMENT DE L'EMPIRE D'OCCIDENT · texte numérisé non relu

RETABLISSEMENT DE L'EMPIRE D'OCCIDENT

6® Adrien I*'' (772-795), homme sage et vigoureux, mit un terme à Tinfluence exercée par Didier à Rome ; celui-ci exaspéré envahit le territoire romain, s'empara de Ferrare, Comacchio, Faënza et menaça Ravenne. Charlemagne, qui régnait seul depuis 771, réclama deux fois la reddition des villes ; mais Didier refusa obstinément. Alors Charlemagne vint, à la tête d'une armée, conquit le royaume des Lombards, excepté Pavie où Didier s'était enfermé, et célébra la fête de Pâques à Rome en 774. Le mercredi de Pâques (6 avril), \di donation de Pépin (756) fut confirmée et augmentée des villes d'Imola Bologne, Ferrare, Comacchio et Faënza. Le pape entra en possession de ces biens lorsque, peu après, Charlemagne, ayant pris Pavie, anéantit le royaume des Lombards ^

L'exécution de cette donation fut ultérieurement réglée par Charlemagne, lors de ses voyages à Rome en 781 et 787. On peut dire que le duché romain eut alors les frontières qu'il garda jusqu'au xix* siècle. En dehors de ces possessions immédiates , le pape avait la souveraineté de V exarchat^ de la Pentapole, de Y Emilie^ Todi GtPérouse, Tous ces dons furent plus tard confirmés par Louis le Débonnaire.

S 62. — Rétabliasement de l'Empire d'Occident ^. 1^ Après la mort d'Adrien P"" que Charlemagne pleura

1. Pour l'explication des chap. 44-43 de la Vita Hadriani, voir Le Lib, Pontif,, I, ccLxn; et Les premiers temps de Vétat pontif.^ p. i46ss. — Cf. Paul Fabre, Les Carolingiens et le Saint-Siège» dans La France Chrétienne dans FBistoire, Paris, 1896. — 2, Le Liber Pontificalis, t. II, p. 1 ss. — Egiühard, Annales^ Mon. Germ,, Script. , I, i33-ti8. — Eginhard, Vita Caroli Magni, ibid., II, 436-463. — Hauréau, Charlemagne et sa cour, 3« éd., Paris, 4868. — Fcstel de Coclanges, Les transformations de la royauté carolingienne, Paris, 4894. — Kleinclausz, L'empire carolingien; ses origines et ses transformations, Paris, 4908. — Duchesne, Les premiers temps de VÈtat Pontifical, 2« éd., Paris, i904, p. 171 ss. — Hauck, Kirchengeschichte Deutschlands, 2 vol. — Jungmann, Dissert., t III, Diss. XV. — G. W.UTZ, Deutsche Verfassungsgeschichte, III, 474-488. —Wells, The âge of Charlemagne, Londres, 1898. — W. Ohr, Die Kaiserkrönung Karls

comme un ami, Léon III fut élu (795-816). 11 envoya au roi les clefs de la Confession de saint Pierre et l'étendard de Rome, comme insignes du protectorat de Charlemagne sur le tombeau de saint Pierre et les États de l'Église, et lui demanda d'envoyer un des grands de sa cour en présence duquel le peuple romain renouvellerait le serment de fidélité ^

L'intervention de Charlemagne dans un douloureux événement montra bientôt la loyauté des relations entre le pape et le roi et donna lieu au rétablissement de l'empire d'Occident. Les membres de la famille d'Adrien I®' fondirent sur Léon III pendant la procession de Saint-Marc et le maltraitèrent impitoyablement. Délivré par le duc de Spolète, le pape s'enfuit, traversa les Alpes et se réfugia à Paderborn auprès de Charlemagne ; celui-ci reçut avec honneur et respect le vicaire de Jésus-Christ et le fitaccompagnér à Rome par une bonne escorte. Un concile fut assemblé.

Aux accusations atroces portées contre Léon III, les évêques répondirent qu'ils n'avaient pas droit de juger le pape ; celui-ci se justifia devant le peuple et devant Charlemagne arrivé sur ces entrefaites, et déclara avec serment qu'il ignorait absolument tous les crimes qu'on lui imputait ^. Cette assemblée eut lieu le 23 décembre 800.

2<* Deux jours plus tard, la solennité de Noël réunissait à Saint-Pierre Léon III et Charlemagne avec les Romains et les Francs. Après que le roi, agenouillé devant la Confession de Saint^Pierrey eut terminé sa prière, le pape lui mit sur la tête un riche diadème et le peuple dans l'enthousiasme poussait des cris de joie : Carolo piissimo Augusto a Deo coronato, magnoy pacifico Imperatoriy cita et Victoria! On chanta ensuite les Laudes impériales ^ entières, pendant que le pape sa-

des Grossen^ Tùbingue, 1904. — Birot, Le Saint Empire^ Paris, 4903. Revue des QuesU hisLy avril 1903. — J. Bryce, Le Saint Empire romain germantquey trad. Domerqde, Paris, 1890. — 1. Jaffé, n. 2492. — 2. Dcchesne, Lib. Pont., II, p,4-7. — 3. Les LtïaniaeCaroh'nae, qui furent probablement déjà

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