‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 97 sur 205 · LES PAPES AU XP SIECLE · texte numérisé non relu

LES PAPES AU XP SIECLE

L'empereur Henri IV a le droit de confirmer, et ses successeurs l'auront aussi pourvu que le saint siège le leur accorde personnellement. L'élection doit se faire à Rome et doit porter sur un membre du clergé romain. Si à Rome la liberté de l'élection est entravée, ou s'il n'y a pas de candidat capable, on peut la faire ailleurs et choisir un membre d'un autre clergé. Si, après une élection légale, la guerre ou d'autres circonstances rendent difficile l'intronisation à Rome, alors l'élu doit exercer, même sans intronisation, la plénitude de son pouvoir pontificale

Craignant le mécontentement qui résulterait de cet acte salutaire, Nicolas II chercha l'appui de Richard et de Robert Guiscard, ducs normands dans la basse Italie; il conclut avec eux en 1059 le traité de Melfi par lequel il leur cédait en fiefs la Fouille, la Calabre, et la Sicile, moyennant un tribut payé à l'Église romaine et le secours contre ses ennemis ^. L'hostilité prévue ne se fit pas attendre; l'empereur d'Allemagne, blessé par l'accord de Melfi et par le décret relatif à l'élection pontificale, annula ce dernier en 1060. Le pape au contraire en donna une nouvelle confirmation, dans le synode de Rome en 1061, peu avant de mourir.

4^ Les Allemands, sur la demande du parti romain opposé aux réformes, désignèrent comme pontife l'évêque de Parme, Cadaloûs, qui prit le nom d'Honorius II (1061-1069) ; mais ils furent devancés par le courageux Hildebrand qui fit élire, selon les prescriptions du décret de 1059, Anselme de Lucques, Alexandre II (1061-1073), Une lutte sanglante éclata entre les partis des deux papes.

L'Allemagne ne soutint pas longtemps Honorius; grâce au saint évêque Annon de Cologne qui attira chez

1. Dans ce même sens témoignent les canons synodaux (MANSif XIX, 897); la lettre de Nicolas aux sufifragants d'Amalfl (Mansi, xix, 907); 1^ lettre de saint Pierre Damien à l'antipape Cadaloûs (P. L.. GXLIV,238); la discep- .tatio synodalis in ter regis advocatum et ecclesiae defensorem (Maîisi, XIX, 10O3); enfin le mécontentement de la cour d'Allemagne (Pertz, Leges^ II, 45). — 2. Pertz, Script,, III, 180.

lui le jeune Henri IV et ravit ainsi tout pouvoir à sa mère, la reine Agnès. Dans Tété de 1064, Alexandre 11 fut reconnu au synode de Mantoue ; c'était un digne et très vigoureux pontife qui fut grandement aidé dans son œuvre réformatrice par Hildebrand et saint Pierre Damien. Par la Pataria^ association milanaise contre la simonie et le concubinage, il combattit les abus existants ; il s'éleva fortement contre les mœurs dissolues et le divorce d'Henri IV dont il frappa d'excommunication les mauvais conseillers (1073).

S 66. — Le Collège des Cardinaux ^

1° Si la division de l'Église romaine en paroisses n'est pas aussi ancienne que le prétend le Liber Pontificalis^y il y eut cependant de bonne heure un certain nombre d'Eglises qui tenaient un rang supérieur aux autres. Là, les prêtres institués administraient les sacrements de Baptême et de Pénitence et prêtaient leurs services aux quatre églises patriarcales : Sainte-Marie Majeure, Saint-Pierre^ Saint-Paul et Saint-Laurent, Cette organisation date probablement du pape Simplice (468- 483). Jean VIII (872-882) attribua à ces prêtres une part dans les oblations des quatre églises principales ci-dessus nommées; le nombre de ces privilégiés fut d'abord de 25, puis de 28. On appelait proprement cardinalis tout prêtre ayant un poste fixe (intitulatus, incardinatus) dans une église [titulus) quelconque; à plus forte raison dans une église principale, une cathédrale, une église pontificale. Dans la suite, tous les prêtres qui avaient, à

1. SiGMÜLLER, Thütigkeit uni Slellung der Kardinale bis Bonifaz VIII, Frib.-en-Br., 1896. — Phillips, Kirchenrecht, t. VI. — Ddchesne, Notes sur la topographie de Rome au moyen âge. Les titres presbytéraux et les diaconies^ Mélanges d*archéologie et d*histoire^ VII (1887). ~ Wurm, Die Papstwahl. Ihre Qeschichte und Gebrâuche, Cologne. 1902. — F. X. Wernz, Jus Decretalium, t. II, Ju« Constitutionis Eccles. cath.y 2« éd., Rome, 1906. — 2. Éd. Ddchesne, 1, 126, 157, 164. — Cf. G. Goyau, A. Pératé et P. Fabre, Le Vatican, Les Papes et la civilisation, Paris, 189î>, p. 238 88.

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