ÉLOQUENCE DU BARREAU
Littérature {atine.
Les Romains, ce peuple orateur et légiste, étaient dignes d’être les élèves des Grecs. L'éloquence judiciaire néanmoins ne trouva pas d’abord, dans les institutions de l'Etat, des conditions aussi favorables’que l’éloquence politique, mais elle se développa rapidement après l'établissement de la République.
CorNneuius Soipion, Appius CLaupius, Fagius Ma1xiMus et Céraéaus s'illustrèrent dans l’éloquence judiciaire. Il ne nous reste rien de leurs œuvres.
Caro le Censeur, que l’on doit citer également sur la foi de la renommée, figura comme accusé ou comme accusateur dans 90 procès.
Après l’arrivée des rhéteurs grecs à Rome, l’éloquence prit un essor nouveau. Pour citer tous les orateurs de la républi. que, il faudrait nommer presque tous ceux qui jouèrent un
nd rôle depuis le premier Africain jusqu’à César. La dé-
nse des clients devant les tribunaux était la charge la plus lourde, maïs aussi la plus honorsble du patronat ; elle donnait le renom, la popularité, les honneurs.
Gazpa ; Crassus, le principal interlocuteur du dia-
logue de Oratore, de Cicéron ; Corra ; Maro- ANTOINE surnommé l'Orateur, aïeul du triumvir, se distinguèrent au barreau.
HorrTensius, le prédécesseur immédiat, le contemporain et le rival de Cicéron, brilla au barreau romain pendant de longues années. Ses œuvres sont perdues.
Cicéron, que la plupart des critiques appellent ‘ le premier de tous les orateurs dans l'éloquence judiciaire,” a laissé trente-quatre discours qui
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74 DEUXIÈME OATÉGORIE
appartiennent à ce genre. Les principaux plaidoyers de Cicéron sont ceux qu'il prononça contre Verrés, pour Roscius, Muréna, Marcellus, Ligarius et surtout celui pour Milon qui est le chef-d'œuvre du barreau romain.
Après Cicéron, l’éloquence déchut à Rome. La tribune étant supprimée, l’éloquence judiciaire ne pouvait plus se retremper dans l’éloquence politique ; les avocats n'étaient lus en même temps des hommes d'Etat, et le barreau, réduit
lui-même, fut considérablement amoindri. Sous l’Empire, l'avocat ne fut plus qu’un causidicus, c'est-à-dire un plaideur de causes.
MessaLa, PoLLion, Cassiüs SEvVERUS et MonTANUs,
qui vinrent les premiers après Cicéron, ont retenu quelque chose du grand siècle.
Tao1TE et PLINE le Jeune, se sont distingués au barreau, sous Trajan.
L'éloquence judiciaire et ses traces s’effacent à mesure que la société grecque et romaine s’avance vers sa fin. On sait que plusieurs sophistes et rhéteurs-grecs et latins des derniers siècles ont plaidé devant les tribunaux, mais il ne reste rien de leurs discours, .
Littérature française.
La première origine de l'éloquence judiciaire en France remonte à la création de la magistrature, sous Philippe le Bel. L'histoire littéraire du moyen âge cite les noms de plusieurs orateurs qui se sont distingués au barreau à cette époque.
GERSON est l’auteur d’un Plailoyer pour l'Université contre Charles de Savoisy.
JEAN Perir prononça un discours en faveur du duc de Bourgogne, Jean sans Peur, assassin du duc d'Orléans. La réplique à ce discours, faite par