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ÉLOQUENCE DE LA TRIBUNE

Appius CLaunius Cæous, Fagius Maximus et Cé- THÉGUS se distinguèrent dans les délibérations du sénat.

Caron le Censeur, dont il nous reste quelques discours mutilés, était célèbre par son éloquence. C'est lui qui terminait toutes ses harangues au sénat par ce cri de haine : Delenda Carthago !

Les deux GRACQUES, patriciens devenus tribuns populaires, avaient une parole si puissante que le sénat ne puben triompher que par l’épée et le poignard.

Marius, le farouche rival de Sylla, avait une élo-

. quence rude et énergique qui soulevait les passions de la multitude.

GazBa, CATULUS, SULPIOIUS, | CRASSUS, Maro-A\- TOINE et Hortensius s’illustrèrent par leur talent oratoire à l’époque des troubles civils.

Cicéron, le prince des orateurs romains, a laissé comme principales œuvres d’éloquence politique : 1° le discours sur la loi Manilia ; 2° trois discours sur la lot agraire contre le tribun Servilius Rullus ; 30 les quatre Catilinaires ; 49 les quatorze discours ou Philippiques contre Antoine.

La liberté mourut avec Cicéron qui en fut le courageux défenseur, et l’éloquence politique ne survécut pas à la perte de la liberté. On peut cependant encore citer MARCELLUS qui se distingua sous les premiers Césars ; PLINE le Jeune et

TACITE qui, sous les Antonins, parurent avoir retrouvé, dans des discours judiciaires, quelques accents de l’ancienne élo-

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quence politique. Toutefois les critiques semblent admettre ques comme Démosthène en Grèce, Cicéron fut à Rome le ernier orateur politique,

Littérature française.

On a vu plus haut (p. 70) que la France n'eut de véritables orateurs politiques que depuis le commencement de la Révolution de 1789. Ily eut cependant dès le quinzième siècle quelques essais heureux d’éloquence politique. On les vit se produire d’abord aux états généraux tenus à Tours en 1484, sous la minorit: de Charles VIII ; ensuite à l’assemblée des notables de Fontainebleau (1505) et aux états généraux d'Orléans (1573) où le chancelier de L’HOSPITAL prononça de remarquables discours, où se djgtinguèrent également MONTLUC et l’archevêque de Vienne, MARILLAC.

Pendant toute la période des troubles religieux, l’éloquence politique doit être cherchée surtout dans les pamphlets des différents partis. On peut citer aussi les Discours politiques et militaires de FRANÇOIS de la NOUE qui fut homme de guerre et écrivain.

Pendant la première moitié du dix-septième siècle, l’éloquence politique se développa avec une certaine puissance aux états généraux de 1614 où se distinguèrent le cardinal puy PERRON et RICHELIEU alors simple évêque de Luçon.

L'éloquence politique, presque muette pendant la seconde moitié du dix-septième siècle et la plus grande partie du dix-huitième, trouva enfin une tribune par la convocation des états généraux de 1789. L’éloquence de la tribune ou éloquence parlementaire naquit donc en France de la Révolution. L'influence des théories politiques et sociales du philosophisine du dix-huitième siècle, les scènes tumultueuses et tragiques, les proscriptions des partis par les partis, les épouvantables massacres au milieu desquels se faisaient les délibé. rations parlementaires, imprimèrent à l’éloquence de la tribune française de cette époque, un caractère de violence qu'on ne connut jamais ailleurs dans une aussi large mesure (1).

(1) Le cadre de ce travail se bornant à l’époque qui précède la Révolution, nous pourrions nous dispenser de nommer les orateurs politiques postérieurs à 1789. Cependant, afin de compléter quelque peu l’histoire de l’éloquence française, au dix-huitième sièc e, nous mentionnerons les orateurs qui se sont distingués dans les deux premières assemblées de la Révolution.

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