‹ Manuel d'histoire littéraire [microforme]Chapitre 27 sur 95 · APOLOGUE · texte numérisé non relu

APOLOGUE

Apologue.

L'origine de l’apologue semble remonter aux siècles les plus reculés. Quelques critiques pensent que cette forme de récit a été imaginée par la servitude, qui, n’osant dire ouvertement à la puissance certaines vérités, les lui aurait présentées sous un voile allégorique qui en dissimulait l’aud'ice, mais se laissait pénétrer sans peine par la sagacité du maître. Il semble

. que l’Inde est le véritable berceau de l’apologue. .

Littérature grecque.

HÉsioDe a laissé parmi ses autres œuvres l'apologue le Rossignol et l'EÉpervier.

ARCHILOQUE, STÉSICHORE et ALCÉE ont également composé quelques apologues.

Esops, esclave phrygien, selon les traditions, mérita, par ses inventions ingénieuses et naïves, de donner son nom à l’apologue, qui l’a conservé jusqu’à La Fontaine (1). Esope n’a rien écrit ; il contait ses apologues selon les circonstances qui les faisaient naître. Les fables que nous avons sous s0n nom paraissent pour la plupart avoir été rédigées pendant le Bas-Empire, sans

- doute à différentes époques, quelques-unes toutefois sont antérieures ; Aristote et d’autres écrivains en font mention dans leurs ouvrages. Tous ces apologues sont rédigés en prose,

BaBrius a mis en vers une collection de dix livres de fables ésopiques. C'est le seul recueil poéti-

(1) Tous les recueils de fables, quel qu’en fût l’auteur, et qu'ils

parussent avec Ou sans nom, s’intitulaient dans l’antiquité Fables és0-

DEUXIÈME OATÉGORIE

que de ce genre que l'antiquité grecque nous | . ait transmis.

LL Littérature latine.

MÉNÉNIUS AGRIPPA, suivant les historiens romains, a employé l’apologue les Membres et l'Estomac pour ramener à Rome le peuple retiré sur le mont Sacré. (f CicéRON a raconté l’apologue le Vieillard et les | trois jeunes Hommes. | Pine l'Ancien a composé les apologues intitulés : les deux Rats ; le Renard et l'Œuf.

Pure, ancien esclave thrace, a laissé un recueil de Fables dont les sujets, empruntés à Esope, sont relevés par le choix des détails et par l'élégance du style.

Horace termine la satire 6e du 1e livre par un

écrit intitulé : € Rat de ville et le Rat des | champs que l’on considère comme un chef-d’œuvre. |

Littérature française.

Au moyen âge le goût de l’apologue se fait sentir es le Roman du Renard (1236) ; ; plusieurs littérateurs, à cette l époque, se sont exercés avec quelque succès à mettre en rimes ‘à françaises des choix de fables ésopiques. [:

Manor et RÉGNIER ont versifié avec la grâce ou la vigueur qui les distinguent quelques apologues.

La FONTAINE, le premier des fabulistes français et peut-être de tous les fabulistes, a laissé un recueil de 239 fables réunies en douze livres.

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