SATIRE
FÉNELON a composé en prose pour le duc de Bourgogne, son élève, un petit nombre de fables distinguées par l'élégance, le naturel et la grâce du style.
Au dix-huitième siècle, La Fontaine eut des successeurs dont |: ms ne manquaient pas d'originalité, mais qui tous sont demeurés bien loin de sa perfection.
FLortan doit surtout sa réputation à son recueil de Fables qui, d’après les critiques, lui assure la seconde place parmi les fabulistes français.
Lamorre (l) a également composé des Fables, mais elles manquent de naturel et de poésie.
L'abbé AuBEerT, contemporain de Florian, et Le BaïLLY se sont également fait un nom parmi les fabulistes qu’on cite après La Fontaine.
Satire.
Nous envisageons ici la satire comme genre littéraire spécial. Sous ce point de vus, il ne faut pas la confondre avec l’esprit satirique qui lui a donné naissance et qui n’a cessé d’inspirer ou d'animer d’autres œuvres. La liste serait longue des principales créations de l'esprit satirique à travers les siècles. Ainsi on pourrait nommer chez les Grecs : les chœurs des comédies d’Aristophane ; les Dialogues de Platon ; les Caractères de Théophraste ; les Dialogues de Lucien ;— chez les Latins : les ‘ mimes ; certaines fables de Phèdre ; les épigrammes de Martial, etc. ; — au moyen âge : les sirventes (1) des Troubadours et ies chansons des Trouvères ; certains fabliaux (2) ; le
(1) Cet auteur, pour plusienrs de ses ouvrages, est compté parmi les
écrivains du siècle de Louis XIV.
(2) Les strventes étaient une sorte de poésie lyrique d’ordre inférieur, une poésie de servant d'armes, par opposition à la poésie noble qui était appelée canso.
(3) Le fabliau, diminutif de fable, était un conte, une anecdote, qui se débitait ou se chantait à table ou dans le salon d’un grand, pour divertir la société.
Roman de la Rose et le Roman du Renard ; les boutades de Villon, etc ;-— dans les temps modernes : le Gargantua de Rabelais ; plus d’une feble de La Fontaine ; les Caractères de La Bruyère ; les Lettres persanes de Montesquieu ; les Contes de Voltaire, etc.
La satire proprement dite prend deux formes distinctes (1): tantôt elle mêle la prose à la poésie, tantôt elle se refuse ce mélauge et ne parle qu’en vers. Un Grec inventa le premier de ces deux genres ; l’autre fut plus particulièrement cultivé par nd Romains qui le considèrent comme un produit national. .
Littérature grecque.
Ménirps, philosophe grec, inventeur de la satire en prose mêlée de vers, composa des satires très mordantes qui sont perdues. Le nom de ménippées fut donné dans la suite aux satires écrites sous cette forme.
Littérature latine.
Enxivs, introduisit la satire à Rome, c’est pour cette raison peut-être que Quintilien a dit: Salira tota nostra est ; ce qui est vrai de la forme et non du fond, car l'esprit satirique est de tous les temps.
Luorcivs, chevalier romain, surpassa ses devanciers ;
il composa trente livres de satires dont il nous reste des fragments.
VARRON, qu’on a nommé ‘“ le plus savant des Romains, ” composa des satires auxquelles il donna
(1) Remarquons en passant la différence d\orhogranus entre les satyres, poèmes dramatiques et la satire proprement dite. Le premier nom est tiré des safyres, divinités fabuleuses ; le second vient du latin satura ou sabira, qui veut dire mélange.
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