PLATON
selon l'idée du juste ; 60 lea Luis, où le philosophe indique les règles de morale et de politique compatibles, selon lui, avec la nature de l’homme ; 70 le Criton nous montre Socrate enchaîné par le devoir et le respect de la loi, refusant de se soustraire à.la mort qu'il n’a pas méritée ; 80 l’Apologie de Socrate. En résumé, Platon, dans ses dialogues, expose surtont ses doctrines philosophiques, mais il traite aussi de la rhétorique, de la poésie, de la politique, etc. Socrate en est ordinairement le principal interlocuteur.
Critique. — Platon n'est pas le plus fidèle, mais il est le plus brillant des disciples et des interprètes de Socrate (1). Son langage a tant d'éclat et de force, son imagination tant de puissance, sa pensée tant d’élévation et d’étendue, que, tout en demeurant le prince des philosophes païens, il pourrait être rangé parmi les grands orateurs et les grands poètes. Platon étale dans ses dialogues la richesse de son imagination et se livre à l’imitation d'Homère. Son style, dit Aristote, est un milieu entre la poésie et la prose. L'art y domine toujours et partout. On y trouve à la fois l'élégance attique, la facilité, la clarté, la grandeur, la mesure et le goût. Il est regrettable que les œuvres de ce philosophe portent quelquefois l'empreinte de la dépravation des mœurs si générale chez les Grecs à cette époque.
JUGEMFNTS DIVERS. — ‘‘ Platon est à la fois poète, orateur
(1) Nous n’avons pas ici Apr le système philosophique de Platon , qu’il nous suffise de dire que la philosophie de cet illustre penseur présente un caractère profondément religieux.
et philosophe, dit M. de Gérando ; poète par cette inspiration qui semble animer toutes ses paroles, qui cherche à réaliser l'idéal, qui reproduit sous des images brillantes les vérités les plus profondes et qui lui a valu s. justement le titre d'Æomère de la philosophie ; orateur par cette chaleur de l’âme, par cette noblesse de sentiments, par ce zèle ardent pour la vérité et la justice qui pénètrent, attachent, entraînent le lecteur,
r cette richesse, cette élégance, rette pompe de style qui a ait l'admiration de Cicéron et de Quintilien ; philosophe enfin par la haute généralité de ses vues.”
‘ Le plan et la conduite de chaque dialogue, dit M. l'abbé Flottes, varient suivant les sujets et les occasions, mais ils forment chacun un drame bien conçu et bien conduit ; les incidents de ces drames, ménagés avec art, tiennent l'esprit en suspens, excitent l’intérêt et servent merveilleusement à dérouler la chaîne non interrompue de l'induction. Les dialogues offrent. des modèles de tous les genres de style, depuis le simple récit jusqu’à la description poétique. Le style de Platon n’est cependant pas exempt de reproches. Pascal, dans ses Pensées, a rendu sensible l’impuissance du génie de l’homme lorsqu'il a dit : ‘Ce que Platon n’a pu persuader à quel. que peu d'hommes choisis et si instruits, une force secrète le
persuade à cent milliers d'hommes ignorants par la vertu dé
peu de paroles.”
Le style de Platon paraissait si majestueux aux anciens qu’ils n’hésitaient pas à dire que si Jupiter avait voulu parler aux hommes, il se serait exprimé comme le grand philosophe grec.
Saint Augustin pensait que les livres de Moïse n'avaient pas été complètement inconnus à Platon.
Ciément d'Alexandrie dit que la philosophie de Platon a éte pour les Grecs une préparation à l'Evangile.
Joseph de Maistre a dit de Platon : ‘ On le trouve toujours {e premier sur la route de toutes les grandes vérités. ”
Démosthène.
Norice. — Démosthène naquit à Péania (Attique), vers l'an 381 av. J.-C. A force d'art et de patience,