‹ Manuel d'histoire littéraire [microforme]Chapitre 44 sur 95 · HÉRODOTE · texte numérisé non relu

HÉRODOTE

par aucun frein, et par une intarissable richesse de descriptions, mais la correction du style y fait souvent défaut.”

Hérodote.

Norice.—Hérodote naquit à Halicarnasse, l’an 484 av. J.-C. I] quitta, jeune encore, sa patrie pour s'établir à Samos. Il parcourut ensuite la Grèce, la Macédoine, la Thrace, les bords du Pont-Euxin, une grande partie de l’Asie, et fit un longséjour en Egypte. Après ces voyages il revint à Samos, où il comiposa ses ouvrages qui furent lus et applaudis dans l’assemblée des jeux de la Grèce. Il se joignit dans la suite à une colonie envoyée par les Athériens à Thurium, dans la Grande-Grèce. Il mourut dans cette ville vers l’an 408 av. J.-C,

PRINCIPAUX OUVRAGES.—Hérodote a composé une Histoire divisée en neuf livres à chacun desquels les Grecs ont donné le nom de l’une des neuf Muses.

APPRÉCIATION GÉNÉRALE.— Hérodote est, dans l’ordre chronologique, le premier prosateur et historien de la Grèce. On est convenu de lui donner le nom de Père de l'histoire (1). Il a fait pour la prose grecque ce qu'Homère avait fait pour la poésie.

Analyse. —Les quatre premiers livres de l'ouvrage d’'Hérodote traitent de l’histoire-en général et particulièrement de celle des Assyriens, des Mèdes, des

(1) Ce titre manque de vérité, à moins qu’on n’entende par là qu'il orna ou perfectionna l'histoire, comme dit Cicéron, historiam ornavit. Sans compter Moïse, le véritable père de l’histoire, une foule d’autres auteurs s'étaient exercés, avant Hérodote, dans le genre historique.

Perses et des Egyptiens ; ils servent d'introduction aux cinq derniers qui renferment les récits de la guerre d’lonie et des guerres médiques. Le sujet principal et qui constitue l’unité de l’œuvre, c’est la lutte de l’Asie contre la Grèce terminée par la défaite de Xerxès,

Critique.—L'Histoire d'Hérodote unit à la beauté de l'ordonnance la grâce naïve d’un style intermédiaire entre la poésie et la prose, et marque la transition du chant épique au récit historique. Sa narration offre beaucoup de ressemblance avec celle d'Homère, mais cette forme poétique ne gâte pas le fond qui est généralement vrai et toujours considéré comme tel par l'historien (1). La phrase est coulante, mais indécise, sans art, sans effort, agréable jusque dans ses négligences.

JUGEMENTS DIVERS, — Hermogène et Denys d’Halicarnasse, deux des plus habiles critiques de l'antiquité, ne peuvent trouver des expressions assez fortes pour peindre toute l'admiration qu'ils avaient conçue pour l’ouvrage ‘d’Hérodote.

Longin l'appelle ‘le plus homérique des écrivains grecs. ”

‘6 Dans Hérodote, dit ÿ. Guigniaut, on sent presque partout non pas limitation, mais l'inspiration d'Honière. Sa narration a un Caractère à la fois épique et dramatique. Tout vit dans ses tableaux, tout y est en action, tout y reproduit la nature avec fidélité et énergie.”

Thucydide.

Norios.—Thucydide, qui, croit-on, compta Mil-

(1) L'exactitude d' Hérodote, contestée par une critique prévenue ou peu éclairée, a été reconnue de nos jours par des hommes qui à leur tour, ont visité cette vieille terre d'Hgypte, où, à No armes Re) lé connu la justesse de ses observations :

comme d'Homère.

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