THUCYDIDE
tiade parmi ses ancêtres, naquit dans un bourg de l’Attique, vraisemblablemenr l’an 471 av. J.-C. Il commanda une flotte athénienne dans la guerre du Péloponèse et, n'ayant pu empêcher les Spartiates de s'emparer d'Amphipolis, il fut condamné au bannissement. Il se retira en Thrace et ne retourna à Athènes qu’à la fin de la guerre du Péloponèse, après vingt ans d’exil. On croit qu’il mourut assassiné à Athènes vers l'an 402 av. J.-C.
PRINOIPAUX OUVRAGES.—Thucydide a écrit une Histoire de la guerre du Péloponèse en huit livres.
APPRÉCIATION GÉNÉRALE.—Thucydide est le plus grand des historiens grecs ; il a l'honneur d’avoir formé Démosthène.
Analyse.—L’ Histoire “@e Thucydide fait suite au récit d'Hérodote, elle raconte exclusivement les longues et sanglantes phases de la guerre du Péloponèse. Le livre 1e' commence par des vues générales sur les plus anciens temps de la Grèce, et s'occupe des causes prochaines, des préparatifs et de l'ouverture de la guerre. Le livre 2 embrasse trois années ; on y distingue des morceaux restés fort célèbres, tels que l’oraison funèbre des Athéniens morts dans les combats, prononcée par Périclès ; et surtout la description de la peste d'Athènes, admirable tableau qui est resté supérieur à toutes les imitations. Les livres 3 et'4 embrassent six années ; on y remarque surtout les harangues de Diodote en faveur des Mityléniens et d’Astimaque pour les Platéens. Le livre
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D raconte la mort de Cléon et de Brasidas. Le livre 6 reproduit l’histoire de la Sicile et raconte les exploits d’Alcibiade. Le livre 7, qui décrit dans tous ses détails la catastrophe des Athéniens en Sicile, passe pour le morceau le plus dramatique de tout l'ouvrage. Le livre 8,qui semble n'être qu’une esquisse, n’est pas à la hauteur des autres et ne conduit l’histoire que jusqu’à la 21° année de la guerre ; l’auteur y annonce pourtant le projet d'étendre son travail iusqu’à la 27e et dernière année.
Critique. —Thucydide se distingue surtout par son #morr de la vérité Renonçant à la forme épique d’Hérodote, il suit rigoureusement l’ordre chronologique. Il possède à un degré éminent le talent de raconter et de décrire, &’ les réflexions profondes qu’il mêle à ses récits et à ses tableaux en redoubient l'intérêt. Son style grave, concis, serré, est regardé comme la perfection de l’atticisme. Son Histoire est l’œuvre tout à la fois d’un philosophe, d'un homme d'Etat, d’un militaire instruit et d’un historien impartial. Les critiques reprochent principalement à ce chef-d'œuvre des divisions parfois peu judicieuses, et la concision du style poussée quelquefois jusqu’à l'obscurité ; les harangues qui l’ornent sont des morceaux d’éloquence achevés, mais elles s'écartent de la stricte vérité historique.
JUGEMENTS DIVERS. — Cicéron donne à Thucydide le titre de proclamateur sublime et sincère des faits mémorables :
rerum gestarum pronuntialor sincerus et grandis. Il le compare à un torrent impétueux et trouve que lorsqu'il raconte
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