‹ Manuel d'histoire littéraire [microforme]Chapitre 46 sur 95 · XÉNOPHON · texte numérisé non relu

XÉNOPHON

des combats, il embouche la trompette guerrière. L'orateur romain mêle cependant des critiques à ses éloges.

Quintilien établit de la sorte le parallèle entre Hérodote et Thucydide : ‘ Hérodote est naïf, doux et fécond ; Thucydide est concis et condensé : brevis et densus ; l’éloquence du premier est insinuante, celle du second passionnée ; l’un excelle dans les entretiens, l’autre dans les harangues solennelles ; Hérodote attire par le plaisir, Thucydide entraîne par sa vigueur.”

Plutarque déclare que, d’après lui, ‘ Thucydide est fort supérieur à Hérodote par l'exactitude et la sincérité des récits, comme par la noblesse et l'énergie du style.”

Longin place Thucydide, avec Platon et Démosthène, ‘au rang des grands modèles qui doivent être sans cesse présents à la vérins di à l'imagination d’un écrivain, et dont il doit en quelque sorte évoquer le génie chaque fois qu'il aspire à exprimer fortement des idées nobles. ”

Quelques auteurs, parmi lesquels on peut citer Denys d'Ha- NS blâment la méthode et critiquent le style de Thucydide.

‘6 Cet historien, dit M. Daunou, a su composer des harangues véritablement guerrières qui commencent en quelque sorte les combats qu'elles annoncent et qui retentissent déjà comme des coups portés à l'ennemi. C'est dans ces harangues que se fait le plus admirer le talent de Thucydide ; sans elles, nous ne saurions pas combien son âme était sensible, sa pensée profonde, son éloquence flexible et entraînante. ”

Xénophon.

Norioe— Xénophon naquit dans un bourg de l’Attique, vers l’an 445 av. J.-C. Il porta les armes pour sa patrie dans la guerre du Péloponèse et fit ensuite partie du corps auxiliaire grec au service de Cyrus le Jeune. Après la défaite et la mort de ce prince à Cunaxa, il dirigea les dix mille Grecs dans leur périlleuse et mémorable retraite. Il prêta le secours de cette milice aguerrie au roi de Thrace,

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passa ensuite en Ionie, où les Spartiates rassemblaient une armée contre la Perse, et suivit l'expédition d’Agésilas en Asie. Il fut condamné à l'exil par ses compatriotes et combattit contre eux à Coronée. Il 8e retira en Elide et enfin à Corinthe, où il mourut vers l'an 356 av. J.-C.

PRINOIPAUX OUVRAGES.—Nous possédons probablement tous les écrits qu'a laissés Xénophon. Ils sont au nombre de quinze, et se composent d'ouvrages historiques, didactiques, politiques et philosophiques ou moraux.

APPRÉCIATION GÉNÉRALE.—Xénophon fut un sage philosophe, un grand homme de guerre et un historien véridique. Comme philosophe, il est un des plus fidèles et des plus illustres disciples de Socrate ;

comme historien il tient lé milieu entre Hérodote et Thucydide.

‘11 n’est, pour ainsi dire, ni historien, ni philosophe, dit M. Letronne, quoiqu'il ait fait des livres d'histoire et de philosophie. De quelque côté qu'on le considère, il ne présente aucu- ne faculté transcendante, mais on remarque en lui une réunion très rare de facultés diverses, à un degré ordinaire et dans un parfait équilibre entre elles, ”

.Analyse.—1° Ouvrages hist. : l’Anubase, une des œuvres les plus célèbres et les plus importantes de cet auteur, raconte les péripéties de la retraite des dix mille Grecs des bords du-Tigre à ceux du Pont- Euxin ; les Helléniques, ouvrage de beaucoup inférieur au précédent, prend les événements au point précis où se termine la narration de Thucydide, pour les conduire jusqu'à la bataille de Mantinée ; la Vie

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