‹ Manuel d'histoire littéraire [microforme]Chapitre 48 sur 95 · PLUTARQUE · texte numérisé non relu

PLUTARQUE

Analyse.— 19 Ouvrages historiques : Plutarque intitule son grand ouvrage les Vies Parallèles ; et dans ce cadre l’histoire abrégée de chaque grand homme de la Grèce a pour suite et pour pendant la vie d’un gra..d homme romain, laquelle est terminée par une comparaison où les deux héros sont rapprochés trait pour trait et pesés dans la même balance. Ainsi Thésée, fondateur d'Athènes, est opposé à Romulus, fondateur de Rome ; Numa Pompilius fait pendant à Lycurgue ; César est comparé à Alexandre, Cicéron à Démosthènes, ete. 2° Ouvrages philoso-

. phiques. Les principaux sont intitulés : Des délais

de la justice divine ; Traité sur l'éducation ; du Génie de Socrate, etc. Le fond de ces traités est emprunté à tous les philosophes de la Grèce, mais la forme appartient à Plutarque.

Critique.—Les Vies parallèles sont des modèles de biographie et de facilité de narration. Grâce aux détails qu’elles renferment et à cet art simple et ingénieux qui peint les personnages, ces Vies représentent au vif les mœurs, les usages et les caractères des temps antiques. La méthode des parallèles semble un peu monotone et conduit à des rapprochements qui manquent d’exactitude. T’‘iadition reproche aussi à Plutarque, outre son défaut de critique, des erreurs dans les faits, dans les noms et dans les dates. Son style a une grande vivacité et un charme exquis, mais il est quelquefois obscur, il n’a ni la pureté ni la simplicité des grands prosateurs grecs.

144 TROISIÈME CATÉGORIB

JUGEMENTS DIVERS.—‘* Les Vies de Plutarque, dit M. Ville main, malgré leurs défauts, n’en sont pas moins, même pour la connaissance des faits, un des monuments les plus instructifs et les plus précieux que l'érudition ait pu recueillir dans. l’état incomplet où nous est parvenue la litt’ ‘re antique, L'immortelle vivacité du style de Plutar, s'unissant à l’heureux choix des plus grands sujets qui puissent occuper l'imagination et la pensée, explique assez le prodigieux intérêt de ses onvrages historiques. L’attrait de cette lecture ne passera jamais : elle répond à tous les âges, à toutes les situations de la vie ; elle charme le jeune homme et le vieillard ; elle plaît à l'enthousiasme et au bon sens... Shakespeare, dont le génie fier et libre n’a jamais été mieux inspiré que par Plutarque, lui doit les scènes les plus sublimes et les plus naturelles de son Coriolan et de son Jules César. Montaigne, ‘Montesquieu et Rousseau sont encore trois grands écrivains. sur lesquels on retrouve l’empreinte de Plutarque. ,

‘ On reproche parfois à Plutarque, dit un autre auteur, son défaut de critique ; lui-même nous assure qu’il n’a pas prétendu écrire l’histoire, mais faire une série portraits en s'attachant surtout à ces menus détails qui j ‘nt les caractères. Ses héros sont toujours en action, c’est uu des charmes de son livre” (1). .

César.

Norice.—César, descendant de l'illustre famille Julia, qui rapportait son origine à Enée, naquit à Rome l’an 100 av. d.-C., et y fut assassiné dans l’enceinte du sénat, l'an 44 av. J.-C. (2).

PRINCIPAUX OUVRAGES.—Au milieu des agitations. de sa vie, César avait trouvé le temps de cultiver les lettres et les sciences, et il en avait embrassé le domaine entier. Il a publié des ouvrages sur la gram-

() Plutarque a été traduit en français par re EE Dacier et Ricard. (2) La vie de César, appartenant tout entière à |’ nous n’étendons pas davantage cette notice.

histoire romaine,.

Ricard.

bmaine;-

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