TITE-LIVE
ancienne et moderne semble d'accord aussi pour lui faire un grief d’avoir chargé ses histoires d’avantpropos qui n’y ont que peu de rapport.
JUGEMENTS DIVERS. — Martial appelle Salluste ‘ le premier des historiens romains.” Sénèque le met au-dessus de Thucydide, tout en lui adressant quelques ge et Tacite
lui-même lui donne le rang que notre siècle défère au grand peintre de Tibère et de Néron.
“Les ouvrages que nous possédons de Salluste, dit M. Géruzez, sont du premier ordre : la clarté du récit, l’éloquence des discours, la beauté des portraits, l'énergie et la pureté du style expliquent le jugement de Martial sur cet écrivain. Il est fâcheux que la pure et sévère morale exprimée dans ses . écrits n’ait pas été la règle de sa vie. ”
‘6 Comme écrivain, dit le P. Broeckaert, Salluste a des qualités éminentes. Concis, rapide, pittoresque, il entraîne et charme le lecteur. Ses récits sont des tableaux, et ses harangues sont encore supérieures au récit. Il est vrai cependant que l’art s’y fait un peu trop remarquer.” (1)
Tite-Live.
Norice.—Tite-Live naquit vraisemblablement à Padoue l'an 59 av. J.-C. Il passa la plus grande partie de sa vie à Rome, où il jouit de la faveur d’Auguste, dont il ne fut point le flatteur, et qui l’appelait le Pompéien, par allusion à son attachement au parti de Pompée. Après la mort d’'Auguste, il retourna à Padoue et y mourut l'an 18 de J.-C.
PRINOIPAUX OUVRAGES.—Tite-Live avait composé
des ouvrages philosophiques et des dialogues qui appartenaient autant à l’histoire qu'à la philosophie,
(1) Salluste a été traduit dans toutes les langues. On compte dix-sept traductions de ses œuvres complètes. La reine Elisabeth d'Angleterre a traduit la Guerre de Jugurtha en anglais.
et qui sont perdus ; mais son vrai titre de gloire est sa grande Histoire romaine, qui, malheureusement, nous est arrivée mutilée par le temps.
APPRÉCIATION GÉNÉRALB.—Tite-Live s’est placé au rang des grands historiens latins par le beau monument qu'il & élevé à !a gloire de Rome.
Analyse.—L'Histoire romaine, comprenant cent quarante deux livres, racontait tous les événements depuis la fondation de Rome jusqu’à la mort de Drusus (dix ans avant l'ère chrétienne). Trenté-cinq livres seulement de ce grand ouvrage nous sont parvenus. De ce nombre est la première décade (les dix premiers livres) où l’auteur rapporte avec une scrupuleuse fidélité les origines fabuleuses de Rome
et les traditions plus ou moins superstitieuses de ces temps primitifs. On possède également vingt-cinq autres livres pris çà et là dans le cours de l'ouvrage, et quelques fragments du reste. (1)
Critique.—Peu d'écrivains ont réuni comme Tite- Live tous les mérites de l'historien. Il sait donner aux événements un intérêt dramatique ; il met en scène les héros de son histoire, et les discours qu'il leur prête sont des modèles de convenance et d'éloquence. Son style abondant et précis a du nerf et de la couleur. Il sait prendre tous les tons, il choisit celui qui convient le mieux au fait qu'il rapporte.
(1) Un savant Allemand, Jean Freinsheim, s’est rendu célèbre en essayant de combler les lacunes de ce d ou y à l’aide des sommaires des livres qui étaient perdus. s eux-mêmes ont été attribués à l' rien Florus.