‹ Manuel d'histoire littéraire [microforme]Chapitre 54 sur 95 · SAINT JEAN CHRYSOSTOME · texte numérisé non relu

SAINT JEAN CHRYSOSTOME

les interlocuteurs. Il faut nommer encore les traités de la Virginité et de la Componction ; les livres de la Providence, les traités contre les Gentils, l'A pologie de la vie monastique, etc. 4° des lettres écrites peudant son exil.

Critique.—Saint Jean Chrysostome réunit tous les attributs oratoires : le naturel, le pathétique, le sublime, et le souffle divin qui l'élève au-dessus de tous les orateurs profanes, Génie naturellement élevé, nourri abondamment des saintes écritures, il peut prendre le ton le plus simplement communicatif et descendre dans les plus petits détails des pratiques chrétiennes sans rien perdre de sa dignité et de sa force. Le sujet en apparence le plus stérile suffit à son inspiration ; il l’expose avec netteté, il le développe ; il s'élève, il s’anime par degré et se livre enfin à tous les transports de son zèle. Cette ardeur qui l’animait en chaire le guidait également dans ses traités et ses livres, où il a laissé l’empreinte de son génie (1).

JUGEMENTS DIVERS. — Le pape Célestin, S. Augustin, et lusieurs autres Pères regardent S. Jean Chrysostome comme Les illustre docteur Le l'Eglise. Ils l’appellent le Sage interprète des secrets de l'Eternel. Ils disent que sa gloire brille partout, que la lumière de sa science éclaire toute la terre.

Ils le comparent au soleil, dont l’univers ressent les heureuses influences.

L'abbé Auger appelait S. Chrysostome l’Homère des orateurs et Montalembert le considère comme le Cicéron chrétien.

Un autre critique ajoute : ‘ Il ressemble à Démosthène et à Cicéron, et il n’est ni l’un ni l’autre. Il a la force de l’orateur

(1) R. P. BROCKAERT, His. de la litt.

grec, la facili é, l'abondance et le nombre de l'orateur romain : mais quand il semble les imiter, il a la manière, et son style lui appartient.”

#$, Chrysostome, dit Fénélon, ne cherche point de faux ornements, tout tend à la persuasion. Il place chaque chose avec dessein. Il connait bien l’Ecriture sainte et les mœurs des hommes. Il entre dans les cœurs ; il rend. les choses sensibles. Il a des pensées hautes et solides. .. Dans son tout, c'est un grand orateur.” (Dialogues sur l'éloquence.)

‘ Saint Jean Chrysostome, dit l'abbé Darras, n'appartient pes seulement à l'Eglise de la terre et du ciel par son nposto-

at et ses vertus depuis si longtemps canonisées. Son génie est un des plus beaux fleurons de la couronne intellectuelie du genre humain (1).”

‘ Saint Jean Chrysostome, dit M. Villemain, est le jlus

nd orateur de l'Eglise primitive, le plus éclatant interprète

e cette mémorable époque. La pensée reste confondue devant les prodigieux travaux de cet homme, devaut l'ardeur et la facilité de son génie. Sa vie est liée à l’histoire de son éloquence et de son asçendant sur les âmes. La fermeté du martyr explique le génie de l’orateur. Son éloquence est tour à tour ingénieuse et tendre, élégante, austère et sublime. Nul homme n'a mieux rempli ce ministère de la parole qu'avait s11-cité l'Evangile. Il est par excellence le Grec devenu chrétien. Le symbolisme de son langage ravissait les chrétiens nc0p:vtes de l'Orient et sa sublime morale venait à eux paré: «le poésie. Il est le plus beau génie de la société nouvelle entée sur l’ancien monde (2).”

Saint Basile.

Norios.—Saint Basile naquit à Césaré en Cappadoce, l'an 329 ap. J.-C., d’une f.milæ où la sainteté semblait se transmettre coi un hér'ige (3).

(1) L'abbé Dannas, Histoire de l'Eglise, tome XI. Le savant auteur y réfute admirablement It portrait de fantaisie que certains critiques modernes tracent de l’illustre docteur.

(2) VILLEMAIN, Tableau de l’élog. chrét. au quatrième siècle.

(8) Son aïeule Macrine, son père Basile, sa mère Emmélie, sa sœur Macrine, et deux de ses frères, Grégoire, évêque de Nysse, et Pierre, évêque de Sébaste, ont mérité, comme lui, d’être mis au rang des saints.

teté 13).

auteur tiques

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