‹ Manuel d'histoire littéraire [microforme]Chapitre 56 sur 95 · FAINT BASILE · texte numérisé non relu

FAINT BASILE

JUGEMENTS DIVERS. — Libanius, le fameux rhéteur, dont saint Basile avait été le disciple, ne pouvait lire les homélies sur l'Hexaméron sans pleurer de joie. ‘Jamais, s’écriait-il dans son enthousiasme, jamais je n’écrirai rien de pareil ! Quoi ! c’est vraiment devant des Cappadociens qu'un tel langg est tenu ? Ce n'est point à Athènes! Basile est-il

en sûr de ne pas se tromper et de ne pas habiter, sans le savoir, le séjour des Muses ?”” — ‘ Non, répondait Basile : je n’habite point le séjour des Muses. En dépit de votre louange attique, je fais mon unique gloire d'être le disciple des pêcheurs.”

Photius, le savant Grec qui devait acquérir une si triste célébrité par son schisme, appréciait ainsi l’éloquence de saint Basile : ‘Quiconque sspire à devenir un orateur accompli n'aura besoin ni de Platon, ni de Démosthène, s’il prend Basile pour modèle. Il n’y a point d'écrivain dont la diction soit plus pure, plus belle, plus énergique, ni qui pense avec plus de force et de solidité. Il réunit tout ce qui persuade et tout ce qui convainc et charme l'esprit ; son style, toujours naturel, coule avec la même facilité qu'un ruisseau qui sort de sa source.”

‘ Saint Basile, dit Montalembert (1), est le premier type de ces moines-évêques qui furent plus tard les protecteurs, les bienfaiteurs de toute l’Europe et les créateurs de la civilisation chrétienne en Occident, Ses nombreux écrits sur la vie ascétique démontrent la grandeur de son génie, non moins que ses épîtres et ses ouvrages dogmatiques, qui lui ont mérité le surnom de Platon chrétien.”

“L'influence de saint Basile sur son siècle a quelque chose de rot dit M. l'abbé Darras (2). Elle s'explique jus-

u’à un certain point par l’éloquence ; mais il faut bien le

ire, l’art oratoire tout seul ne produirait pas de pareils résultats. Loin de nous pourtant la pensée d’amoindrir ce talent presque inimitable qui savait rehausser tous les sujets, éelairer tous les horizons, et prunes la lumière divine sur tout ce qu’il touchait. . . Certes il faudrait plaindre un siècle qui n'aurait pas d'admiration pour cette beauté littéraire et vraiment

classique où la pensée, les images, le style, tout est ement irréprochable.” % "e}

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(1) Les moines d'Occident, tome L ” (2) Histoire de l’ Eglise, tome X.

Saint Grégoire de Nazianze.

Norice.—Saint Grégoire de Nazianze naquit à Arianze ou Azianze, petit bourg du territoire de Nazianze (Cappadoce) en l’an 328 ap. J.-C. (1) Il étudia d’abord à Césarée et à Alexandrie, puis à Athènes, où il se lia avec saint Basile et où il présagea ce que serait Julien l’Apostat, leur condisciple. Il vécu pendant une année dans la solitude avec saint Basile. Rappelé ensuite à Nazianze par son père qui l’ordonna prêtre, il assista ce saint vieillard dans l’administration de son diocèse. Il fut plus tard sacré évêque de Sasime en Cappadoce, mais ne prit point possession de ce siège. Il fut ensuite élu évêque de Constantinople, où il eut saint Jérôme pour disciple, Son élertion ayant été contestée au concile général de Constantinople en 381, il donna sa démission, retourna dans le village qui l'avait vu naître, et mourut en 389 ou 391 dans cette solitude, après avoir charmé sa vieillesse par les pieux élans de la poésie chrétienne.

PRINOIPAUX OUVRAGES.— Il nous reste de saint Grégoire de Nazianze des discours dogmatiques et moraux, des oraisons funèbres, des lettres et des poésies,

APPRÉCIATION GÉNÉRALE.—Saint Grégoire de Na-

(1) Il était fils de saint Grégoire, évêque de Nr et de sainte

Nonne, femme de la plus rare vertu ; son frère Césaire et sa sœur cit .

gonie ont également 616 placés au nombre des saints.

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