‹ Manuel d'histoire littéraire [microforme]Chapitre 57 sur 95 · SAINT GRÉGOIRE DE NAZIANZE · texte numérisé non relu

SAINT GRÉGOIRE DE NAZIANZE

zianze, docteur de l'Eglise, est un des plus beaux génie du quatrième siècle. Surnommé le T'héologien à cause de la sûreté de sa doctrine, il ést à la fois l’ün des prince de l’éloquence sacré, et le véritable créateur de la poésie chrétienne en Orient.

Analyse.—1° Les plus célèbres discours dogmatiques de saint Grégoire sont les Theologica, recueil de cinq discours dans lesquels, dit M. de Broglie, le saint docteur avait résumé et clos la controverse de. tout un siècle et qui lui ont valu le surnom impérissable de Theologus (1). Il fut citer encore ces discours sur l'excellence du sacerdoce et sur les devoirs des pasteurs, ses adieux à Constantinople, aïnsi que 808 Jnvectives contre Julien qui, dit M. Villemain, ont quelque chose de la malédiction des prophètes. Zv Les principales oraisons funèbres prononcées par saint Grégoire sont celles de son frère saint Césaire, de saint Athanase et de saint Basile le Grand. Ces discours, dit M. Villemain, sont des hymnes. 3° Les lettres, a. 1ombre de plus de deux cents, forment un recueil du plus haut intérêt, 40 Dans le grand nombre de ses poèmes, saint Grégoire embrasse les sujets les plus élevés de la spiritualité chrétienne (2). Il en a composé sur la Trinité, la Providenre, les Anges, la Vie monastique, ete. Il faut citer aussi le

(1) Ces discours ont été prononcés à Constantinople, dans l’Anastasie, maison particulière où saint Grégoire prêcha d’abord et sur l'em-

pioonens de laquelle s'éleva bientôt une basilique. Anastasie veut

re résurrection, c.-à-dr. renaissance de.la foi chrétienne dans cette ville si longtemps dominée par l’arianisme.

(2) 8. Jérôme et Suidas disent qu'il avait composé trente mille vers.

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drame Christus patiens, de 2600 vers, calqué sur le modèle des tragédies de Sophocle, et où l’on trouve les grands traits du pathétiques ; enfin le célèbre Poème que le saint docteur composa sur sa propre vie et dans lequel il décrit avec autant de délicatesse que d'élégance toutes les ad versités qu’il a rencontrées, les joies et les peines qui ont rempli son âme.

Critique.—L'abondance, l'élégance, la grâce et la facilité sont les caractères distinctifs du style de saint Grégoire. Son imagination vive et fleurie est en général naturelle et. féconde, mais quelquefois aussi c2 peut lui reprocher de l'affectation et de faux brillants. Généralement gracieux et tendre, il a su dans ses Znvestives contre Julien s'élever jusqu’à l'énergie des Philippiques de Démosthènes et des Catilinaires : de Cicéron. |

JUGEMENTS DIVERS. — ‘ Le style de saint ee dit le P. Broekaert, est extrêmement soigné ; il va même jusqu’à la profusion des ornements, il ressemble à Isocrate ou mêine à Fléchier.”"

“I1y a, dit M. Chantrel, plus d’austérité dans la manière de saint Basile, plus d’enjouement et de grâce dans celle de saint Grégoire, qui cultivait la poésie aussi bien que l’éloquence. Comme poète, on peut dire qu’il a créé le genre des méditations religieuses ; comme orateur, il a laissé d’éloquentes homélies et de magnifiques oraisons funèbres. Ses lettres témoignent d’une sensibilité de cœur qui le font aimer encore davantage.”

‘ Saint Basile et saint Grégoire, dit M. Villemain, sont les

remiers modèles de cette docte et pieuse éloquence attachée E ismirisment régulier du peupie. Saint Grégoire a été appelé le théologien de l'Orient : il faudrait l'appeler surtout le poète du christianisme oriental.”

‘On ne connaîtrait qu'imparfaitement le génie immortel de saint Grégoire de Nuzianze, dit l’abbé Darras, si l’on se

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