BOURDALOUE
éloquentes exhortations, inspirer aux nouveaux convertis l'amour de la religion catholique. Il termina sa laborieuse carrière en 1704, admiré de son siècle et respecté même des ennemis des jésuites.
PRINOIPAUX OUVRAGES.—Le P. Bourdaloue a composé des oraisons funèbres et des panégyriques, mais c'est surtout à ses sermons qu'il doit sa haute réputation orâtoire. Il faut citer aussi ses volumes de Pensées.
APPRÉOIATION GÉNÉRALB.—Le P. Bourdaloue fut un des plus beaux ornements de la Compagnie de Jésus. Orateur de premier ordre, il eut l’honneur insigne de contrebalancer, aux yeux de ses contemporains, la gloire de Bossuet, et la critique moderne n'a pas affirmé ce jugement.
Analyse.—1 Œuvres oratoires. Les sermons du P. Bourdaloue forment un cours complet de religion. Ils se composent de deux Avents prêchés devant Louis XIV ; de plusieurs Curémes prêchés également devant la cour ; de sermons sur les Mystères el sur les Fêtes des saints, d'Exhortations, de Retraites, d'Oraisons funèbres, etc. Parmi ce grand nombre de sermons, les plus remarquables sont ceux sur la Passion et sur la Résurrection où l’orateur atteint les limites de l’art. 20 Les Pensées du P. Bourdalowe sont des réflexions ou plutôt des fragments de sermons qui étaient demeurés imparfaits et qui n’ont pas été prononcés.
Critique.—Le P. Bourdaloue n'avait pas le génie
de Bossuet, mais il excitait encore plus d'enthousiasme que l'aigle de Meaux. Ce qui le distingue, c'est une connaissance approfondie des scienses théologiques, une dialectique irrésistible, l’art de disposer et d'enchaîner dans un cadre magnifique les preuves que comporte le sujet. Il ne manque pas de mouvement, mais il n’est pas ce qu’on appelle un orateur pathétique : le mouvement consiste chez lui à presser ses conclusions avec une vigueur qui ne laisse à l'auditeur ni trève ni repos ; il ne l’entraîne pas, il le dompte. Ses plans sont supérieurement beaux et variés, son style est sobre, mais toujours suffisamment élégant.
JUGEMENTS DIVERS. — Le P. Bourdaloue eut l'honneur rare d’être appelé jusqu'à dix fois pour prêcher l'Avent ou le Carême à la cour, et Louis XIV, disait ‘“qu’il aimait mieux entendre ses redites que les choses nouvelles d’un autre.”
Madame de Sévigné disait ‘ qu'elle n’avait jamais rien entendu de plus beau, de plus noble et de plus étonnant que les sermons du P. Bourdaloue.”
‘ Le premier, dit Voltaire, qui fit entendre dans la chaire une raison toujours éloquente, ce fut Bourdaloue.”
‘ Bourdaloue, dit la Harpe, est aussi une de ces couronnes du grand siècle, qui n'appartiennent qu’à lui ; un de ces hommes privilégiés que la nature avait, chacun dans son geare, doués d’un génie qu’on n’a pas égalé depuis.” -
‘ Ce qui me plaît, ce que j'’admire principalement dans Bourdaloue, dit le cardinal Maury, c’est la fécondité inépuisable de ses plans qui ne se ressemblent jamais, et l’heureux talent de disposer ses raisonnements avec cet ordre dont parle Quintilien lorsqu'il compare le mérite d’un orateur à l’habileté d’un général qui commande une armée ; c’est sa logique exacte et pressante, l’art avec lequel il fonde nos devoirs sur nos intérêts, l'abondance de génie qui ne laisse rien à imaginer au delà de chacun de ses discours, la simplicité d’un style nouveau et touchant, naturel et noble, la connaissance la plus
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