D TES
Critique.—Les Caractères forment un livre unique dans son genre. La Bruyère n’a pas mis moins de soin à produire ses observations morales qu’il n’en avait pris pour les recueillir. Observateur attentif et inexorable, il est aussi écrivain diligent etscrupuleux ; de même qu'il a scruté tous les mystères du cœur pour les dévoiler, il connaît et il veut employer toutes les ressources de la langue. On retrouve la trace de ses efforts dans son beau langage. Sans doute il ne manque jamais son effet, mais on sent qu’il a voulu produire un effet. Le procédé qui lui est le plus familier est de tenir l'esprit en suspens et ‘16 lui procurer une surprise. Suivant la remarque de ::0:leau, il échappe, par l’économie de son livre, à la difficulté des transitions, mais il n’en a pas moins
suivi dans la disposition de ses parties un ordre
régulier (1).
JUGEMENTS DIVERS. — ‘* Si La Bruyère l'emporte sur Théophraste, dit Dellile, c’est parce qu'il a mis plus d'art dans son style et dans ses portraits. Jamais peintre ne sut mieux disposer ses couleurs que l'auteur des Caractères. Dans chacun de ses tableaux le lecteur, ou plutôt le spectateur, est entraîné de surprise en surprise ; chacun des portraits qu’il retrace est comme une petite scène qui a son exposition, son milieu et son dénouement. Son art est de surprendre le lecteur et de se jouer des règles de l’art. IL n’appartenait qu’à un homme de génie d’intéresser de cotte manière ; un homme médiocre aurait pu mettre plus d'ordre et de méthode dans un livre, mais il aurait fait un ouvrage ennuyeux. ”
Le philosophe Vauvenargues, un des plus habiles continua. teurs de La Bruyère au dix-hüïitième siècle, l’apprécie ainsi : ‘ On remarque dans tout son ouvrage un esprit juste, élevé,
(1) Géruzez, Etudes littéraires sur les ouvrages français.
ique ns de p’en tif et leux ; ‘œur routes ace de e il ne voulu le plus de 11 de t:c!e, à la s moins na ordre
orte Sur us d'art re ne sut es. Dans
spectades por- ON expo” surpren- ’apparteanière ; re et de
ouvrage ontinuaie ainsi :
e, élevé,