VOLTAIRE
g À JUGEMENTS DIVERS. — Suard, dans une dissertation inti- ISOR, tulée Du style épistolaire et de madame de Sévigné, s'exprime groupe comme suit : ‘Ce qui distingue madame de Sévigné, c'est aäuire cette sensibilité momentanée qui s’émeut de tout, se répand je . sur tout, reçoit avec une rapidité extrême différents genres d’impressions. Son imagination est une glace pure et brillante, ë où tous les objets vont se peindre, mais qui les réfléchit avec de Sé- un éclat qu’ils n’ont pas naturellement. Je lui trouve tous les r à sa genres d’esprit : raisonneuse ou frivole, plaisante ou sublime, Il elle prend tous les tons avec une inconcevable facilité. Son AE OMR s: yle n’est presque jamais simple, mais il est toujours naturel ; gnages et ce naturel se fait sentir par une négligence abandonnée qui. va à plaît et par une rapidité qui entraîne. On sent partout ce ) qu’elle dit quelque part : J’écrirais jusqu'à demain ; mes penssé au- sées, ma plume, mon encre, tout vole...” : agréa- M. Godefroy, éminent critique littéraire de notre époque, | l’apprécie de la sorte : ‘ La correspondance de la spirituelle V ; elle ‘marquise est surtout précieuse, parce qu’elle nous présente il n’est une incomparable mine de beau style, d'esprit et d’éloquence. à Tout a été dit à satiété sur la souplesse, la variété, les grâces ISSANnCE de ce style unique qui n’est presque jamais simple et qui est rs de la tonjours naturel. Ce qu’il y a peut-être de plus merveilleux, c'est la facilité de cette plume qui érotte avec une si aimable orique. liberté, et & toujours la brid: ::1r le cou.” Sévigné | Voltaire.
égance, Norice. —- François-Marie Arouet, naquit à Chàmitable tenay, près de Sceaux, ou, suivant d’autres, à Paris tableau en 1694. Il étudia au Collège Louis-le Grand, sous Ile, qui | la direction des jésuites. Ces maîtres habiles prévirent que leur disciple serait un jour le porte-étense dard de l’incrédulité. Après un premier succès au sque tout
he théâtre, il abandonna son nom d’Arouet pour celui
Onne Sur. de Voltaire sous lequel il est devenu si tristement Madame célèbre. Ses écrits satiriques le firent enfermer deux qui n’ex-
fois à la Bastille et exiler en Angleterre, où il séjour-
na trois ans. Ilrevint en France, mais, ayant suscité de nouveaux orages par ses écrits, il se réfugia à Cirey sur les frontières de la Lorraine ; il y résida plusieurs années. Après un moment de faveur à la cour de Louis XV, il se retira à Berlin auprès de Frédéric II. Son séjour en Prusse dura trois années. Brouillé avec Frédéric, il revint en France, mais n’osant reparaître à Paris, il demeura quelque temps ‘en Alsace et se fixa enfin près de Genève, à Ferney, dans une habitation seigneuriale, où il résida jusqu’à la dernière année de sa vie. À auatre-vingt quatre ans il revint à Paris où il mourut en 1778, dans un accès de folie, de désespoir et de rage, ainsi que l’attestent les témoins oculaires de cette horrible mort. PRINCIPAUX OUVRAGES.— Voltaire, qui aimait à s'entendre décerner le titre d'écrivain universel, s’est essayé dans presque tous les genres littéraires tant en poésie qu’en prose
APPRÉCIATION GÉNÉRALE.— Voltaire tint le sceptre de la littérature pendant tout le dix-huitième siècle dont il fut l’oracle. Il a eu tant d'esprit qu’il a fait croire qu'il avait du génie. Toute sa vie ne fut qu’une longue et incessante attaque contre le christianisme qu'il se flattait de détruire (1). Son arme principale était la raillerie, mais il rit d’un rire diabolique, abreuvant ses lecteurs du fiel de sa haine contre les
(1) Ii disait un jour: ‘Je suis las d’entendre répéter que douze hommes ont suffi pour établir le christianisme ; j'ai envie de prouver qu'il n’en faut qu’un pour le détruire. ** Menace inepte et impie, inspirée par une haine et un orgueil incommensurable et qu’il savait bien ne pouvoir réaliser,