SCHILLER
qu’ils ont de plus beau appartient à la poésie lyrique ; ce sort des hymnes qui se chantent dans les cieux. La Messiade est sublime, mais monotone et souvent dépourvue d'action. Le chantre du Messie était avant tout un grand poète lyrique, £as Odes, la plupart religieuses ou nationales, sont sublimes, mâis parfois aussi, à force d’énezgie et de concision, elles deviennent obscures. Ses tragédies ne sont point dramatiques, et ses écrits en prose sont obscurs et trop subtils.
JUGEMENTS DIVERS. — ‘*]1 semble, dit un critique, que la lyre convenait mieux à Klopstock que la trompette ou le clairon ; et ce qui le prouve, c’est qu'après avoir épuisé son talent à donner les portaits des douze apôtres, il ne sait pas les faire agir, et que ce qu’il y a de plus intéressant dans ce poème ce sont les épisodes. La postérité, en honorant dans la Messiade la mémoire de Klopstock. lira peu cet ouvrage célèbre, tandis que les belles odes et quelques élégies du même
poète exciteront toujours son admiration.” ‘6 Milton, dit M. Charpentier, avait chanté la chute de
. l’homme ; Klopstock chanta sa délivrance, Ces deux poèmes
présentaient le même écueil ; la difficulté de soutenir constam. ment l'intérêt et la pensée dans les régions idéales et infinies où l'âme s’abîme et se confond, et l’obstacle était plus grand encore pour Klopstock que pour Milton, car celui-ci a pu placer dans le ciel les passions de la terre ; il peint des anges, mais des anges déchus, tandis que ceux de Klopstock ont toujours un aspect divin. Dans ce poète c’est le ciel avec toutes ses saintes et solennelles béatitudes; dans Milton c'est l'enfer qui domine.’
Schiller.
Norios.—Schiller naquit à Marbach, dans le Wurtemberg, en 1759. Après s'être d'abord destiné à la théologie (protestante), il étudia successivement la
jurisprudence et la médecine et devint chirurgien militaire. Il abandonna bientôt cette carrière pour celle des lettres, il se rendit à Mannheim, à Leipsick et de là à Dresde, travaillant toujours pour le théâtre. Il fut plus tard nommé professeur d'histoire à [éna. Il se fixa enfin à Weimar, où il mourut en 1895.
PRiNoIPAUxX ouvraGes.— Schiller a composé des tragédies et des drames, des poésies lyriques, des ouvrages historiques, des traités de critique et d’esthétique.
APPRÉCIATION GÉNÉRALE.—Schiller est,avec Gœthe, l’un des deux plus grands poètes de l'Allemagne. On peut le considérer comme le véritable fondateur du théâtre allemand.
Analyse.—10 Tragédies. La première pièce «ue Schiller fit représenter est intitulée les Brigands ; l’auteur expose sur la scène toutes les hontes et toutes . les infamies qui dégradent l'espèce humaine ; mais son but est immoral, car il applaudit à ces excès et inspire à ceux qui les ont sous les yeux le coupable désire de les imiter. Don Carlos retrace la fin de ce malheureux fils de Philippe II ; ce drame n’est pas conforme à la vérité historique. Wallenstein constitue une trilogie à la façon des tragédies antiques ; la première pièce est intitulée le Camp de Wallenstein, la seconde Piccolomini, elles ne sont en réalité que des prologues en action qui conduisent à la troisième, la Mort de Wallenstein, qui est la véritable tragédie, Dans Marie Stuart et dans Jeanne d'Are,
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