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gage plus décent : en cela il a certainement surpassé son modèle. Beaucoup de critiques modernes lui reprochent de manquer de vérité, de s'exercer sur un genre de convention et de multiplier les sentiments et les allusions purement politiques ; mais tous sont unanimes à louer le style de ces admirahles essais, où l'on trouve réunis tous les genres de beauté, depuis l'élégante simplicité de la pastorale, jusqu’à la majes- 16 de l'épopée et l'inspiration de l’ode (1).
20 Les Géorgiques forment un traité poétique d'agr:culture, divisé en quatre chants, dans lesquels le poète décrit et célèbre les travaux des champs et
‘ donne des préceptes nombreux sur l’art de l’agricul-
ture.
- Analyse.—Le 1er livre a pour sujet la culture de là terre ; le 2e, celle des arbres ; le 3e, le soin des troupaux et le 4e, celui Gss abeilles. Au milieu de ses descriptions et de ses préceptes, Virgile a intercalé des épisodes ou récits remarquables, entre aures : la mort de César, l'éloge de la vie champêtre l’histoire du pasteur Aristée, etc.
Critique. — Les Géorgiques passent avec raison pour le plus parfait des poèmes didactiques. Variété infinie de tours, coupes hardies et pourtant naturelles, effets imprévus, toutes les satisfactions de l'oreille, du goût et de l'esprit, Virgile y prodigue tous les trésors et ils les répand d'une main si sûre que
Ress
(1) Marmontel a dit: ‘Il n'est habile ne puisse décorer avec une es digues de Bou À qu’un peintre
parmi ces deux mille vers, on en trouve pas un seul à reprendre (1).
3° L’Enéide est un poème épique en Gouze chants dans lequel le Cygne de Mantoue chante l’établissement d’Enée en Italie, et la fondation, par ce héros, du royaume d’où devait sortir l'empire romain.
Analyse.—Dans le premier chant on voit le naufrage d'Enée qui aborde sur les côtes d'Afrique, où Didon, reine de Carthage, l’accueille favorablement. Dans le deuxième, le héros troyen raconte les désastres de la prise d’Ilion. Il continue sa narration dans le troisième et finit à la description de la tempête qui forme le début du poème. Le quatrième chant retrace la passion de Didon pour Enée, le départ précipité du héros, le désespoir et la mort de la malheureuse princesse, Au cinquième, Énée aborde en Sicile, d’où il fait voile pour l'Italie, après avoir célébré des jeux funèbres à la mémoire de son père Anchise. Dans le sixième, l’un des plus beaux de l’Enéide, il descend aux enfers et visite les champs Elysées, où son père lui annonce les grandés destinées des Romains, ses descendants. Au septième, la scène change : Enée arrive dans le Latium ; il fait un traité d'alliance avec le roi Latinus qui lui promet la main de sa fille Lavinie, et se prépare à combattre Turnus son rival. Les derniers chants contiennent le
Virgile travailla pendant sept ans à ce poème et sus ans à L'ÉNEAe Il avait e À Yi 4 précurseurs en ce genre H et Aratus. Les EL ont ent traduites en vers français par
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récit émouvant des batailles qui se livrent pour la possession du Latium, et le poème se termine par la mort de Turnus tué en combat singulier par Enée. Parmi les nombreux épisodes qui entrent dans le cadre de ce poème, on admire surtout celui du brigand Cacus, et celui de Nisus et d'Euryale, deux amis que la muse de Virgile a immortalisés.
Dans cette grande épopée, Virgile a imité à la fois les deux poèmes d'Homère : les six preruiers chants font connaître les voyages d’Enée, comme l'Odyssée fait conneître ceux d’Uiysse :
les six derniers célèbrent les combats livrés en Italie, omme l'Iliade chante ceux qui se sont livrés autour de Troie.
Critique.— L'Enéide est un de ces monuments impérissables qui né lasse pas l'admiration. Cependant Virgile ne l'avait pas conduite au point de perfection qu'il voulait atteindre, Il est vrai que pour l'intérêt de l’action et le dessin des caractères, Virgile est resté au-dessous d’Homère ; mais la beauté continue du style, le charme des descriptions, la vérité des passions, l'intérêt des épisodes font de ce poème la suconde épopée du monde. L’'Enéide renferme une Odyssée et une Iliade ; l'Odyssée est en récit, l’Iliade est en action, et elle remplit les six derniers chants, qui paraissent inférieurs aux premiers,
JUGEMENTS DIVERS, — D'après Quintillien, Virgile compense par la perfection soutenue de son style la sublime con. seption d'Homère,
Dante nomme Virgile son maître, ‘ Ses chants, dit-il, sont une source d’où coule un large fleuve d’harmonie poétique.”
M. Tissot et plusieurs critiques modernes reprochent à Virgile le caractère de son héros pre qu'ils trouvent froid, insensible et même un peu effacé parfois ; mais d’autres considèrent ce jugement comme exagéré.
‘6 Malgré les défauts qu’on peut reprocher à l’Enéide, dit La Harpe, ce qui reste de mérite à Virgile suffit pour justifier le titre de prince des poètes latins qu’il reçut de son siècle, et l'admiration qu’il a obtenue de tous les autres. Le second, le quatrième et le sixième livres sont trois grands morceaux regardés universellement comme les plus finis, les plus compiton beaux. que l’Epopée ait produits chez aucune nation. Ce qui fait en total le caractère de Virgile, c’est la perfection continue du style. Il est à la fois le charme et ie désespoir de ceux qui aiment et cultivent la poésie. S’il n'a pas égalé Homère pour ab mec do jure “ l’ensemble, il l’a surpassé par la singulière beauté de quelques parties, et par son excellent goût dans tous les détails. ”
‘6 Virgile, dit M. Patin, a donné à ses Æylogues et à ses
ques un double caractère, celui de son génie propre et celui des circonstances particulières dans lesquelles il les a écrites. On y trouve la candeur et la simplicité d’une âme tendre, en même temps ls teinte mélancolique d’un ami des champs, qui veut ramener les Romains au goût des occupations rustiques, source première de leur grandeur.—Deux Romes, continue le même critique, sont comme mises en présence par l’auteur de l’Enéide, celle d’Auguste et celle de ses fubudeux ancêtres. Dans l'intervalle, il a jeté habilement tous les grands noms de la république, les écrivant sur le bouclier d'Enée (8e livre), les prêtant à des ombres d'élite appelées à vivre pour de hautes destinées (6e livre). Ce résumé de l’histoire romaine se trouve en même temps le résumé de la fable grecque. La Grèce et Rome s’y succèdent comme dans les annales humaines, et la secrète unité de l'ouvrage est l'unité même du monde antique ” (1).
Cicéron.
Norios. —Cicéron naquit à Arpinum, dans la Campauie, l’an 106 av. J.-C. Il montra d’abord un goût très vif pour la poésie, à laquelle il renonça bientôt pour étudier, sous les maîtres les plus renommés,
(1) On peut lire dans le Précis de l'histoire de la pb par M. eye sant générale de Virgile par l’illustre italien
le, dit r justisiècle, second, Drceaux 1s comnation.
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par M.
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