MOLIÈRE
manie sauvage, qui l’expose à la risée de ceu& dont il condamne légitimement la conduite et les discours. Alceste et Célimène, les deux puincipaux personnages, se partagent la satire de tout ce qui existe, et nul ne peut échapper aux traits lancés par l’un ou par l’autre.
Critique.—Cette comédie est le premier tableau historique de mœurs réelles et de caractères qui ait paru sur la scène française. Le principal intérêt du Misanthrope est dans le développement, la vérité, le contraste et les nuances des caractères. Alceste n’est pas un portrait, mais un type exprimé par un personnage tout ensemble idéal et réel. Le style de cette comédie présente à peine quelques taches ; il est constamment naturel et approprié au sujet et aux personnages.
22 L’Avare.—Comédie en cinq actes et en prose, imitée de Plaute.
Analyse.—Le poète a pour but de faire détester l'avarice. Il montre cette vile passion en action dans le personnage d’Harpagon, homme né dans l’opulence, mais devenu esclave de l’avarice la plus sordide et qui se rend odieux à tous ceux qui l’entourent. Aveuglé par une insatiable cupidité, il en vient jusqu’au point d'exercer la plus criante usure à l’égard de son propre fils, Cléante, qui, privé du nécessaire, se voit réduit à faire des emprunts onéreux et qui reconnffit avec stupeur son père dans l’usuriez auquel il s'adresse.
Crilique.—"" L’Avare, dit La Harpe, est une des pièces de Molière où il y a le plus d'intentions et d'effets comiques. Le principal caractère est bien plus fort que dans Plaute, et il n’y a nul comparaison pour l'intrigue. Le seul défaut de cette pièce est de finir par son roman postiche, tout semblable à celui qui termine si mal l'Ecole des femmes ; et il est reconnu que ces dénouements sont la partie faible de l’auteur. Mais, à ce défaut près, le plan de l’Avare est très bien conçu et cette comédie en prose est mise au nombre des meilleures productions de Molière.”
JUGEMENTS DIVERS. — L'Académie française, qui n’avait pu admettre Molière au nombre de ses membres, à cause de sa profession de comédien, voulut du moins rendre à sa mémoire les honneurs qu’elle s'était crue obligée de refuser à sa personne, En 1778, elle décida que, dans la salle où étaient rangés les portraits des académiciens, serait placé le buste de te portant pour inscription ce monostique, proposé par
aurin :
Rien ne manque à sa gloire, il manquait à la nôtre.
Louis XIV demandait un jour à Boileau quel était l’homme de lettres qui faisait le plus d'honneur à son siècle. Le célèbre critique répondit sans hésiter : C’est Molière.
Le Philosophe J. J. Rousseau, après avoir proclamé Molière le plus parfait de tous les auteurs comiques, ajoute que son théâtre est ‘‘une école de vices et de mauvaises mœurs, plus dangereuse que les livres mêmes où l’on fait profession de les enseigner.”
‘ Ce grand nom de Molière, dit M. Jules Janin, n’a pas d’égal dans le monde littéraire. Quelle immense étude ! quelle profonde observation ! quel admirable style ! souple, varié, moqueur, plein de verve, de bonhomie, de franchise et facile comme une improvisation de génie...Molière, comme moraliste, a aussi de beaux, de sublimes élans ! Mallfëureusement il a plus souvent attaqué les ridicules de la nature humaine que see vices. Pour égayer son parterre, il lui arrive plus d'une
BOILEAU 267 e des fois d'oublier les convenances, et la lecture de ses pièces laisse dans l'esprit une impression qui n'est pas favorable à la vertu. ns et C’est surtout envers les hommes qui, par l'élévation de leur t bien que auraient pu exercer sur la société la plus salutaire inà uence, qu'on a le droit de se montrer sévère” (1). \paraice est Boileau.
able à 1686. 1711.
ÿ 1l est à > faible Norioe.—Boileau-Despréaux (2) naquit à Crosne . ee près de Paris, on, suivant d’autres, à Paris même en 'eniéé 1636. Sa jeunesse fut traversée par de pénibles épreuves. Après avoir terminé ses premières études, ne il passa sur le banc de l’école de droit et fut reçu a. hu avocat. I] étudia ensuite la théologie en Sorbonge : mémoi- mais son penchant l’attirait vers la poésie et il entra ! er A définitivement dans la carrière des lettres. Louis ste de XIV lui accorda une pension, et le nomma son bhisosé par toriographe avec Racine (3). Admis à l’Académie française en 1684, il prit peu de part à ses travaux. Il avait depuis longtemps renoncé à la poésie, quand omme il mourut à Paris en 1711. Sa vie et sa mort furent heu celles d’un chrétien sincère et convaincu. folière PRINCIPAUX OUVRAGES.— Boileau a débuté par ses e son Fa plus (1) On peut lire le jugement de Fénelon sur Molière dans les œuvres e les choisies de Fénelon recueillies par M. Saucié. On trouve dans ce méme ouvrage les principaux jugements émis par l’illustre archevêque à pas de Cambrai sur les littérateurs anciens. ade ! (2) On ajouta:ce dernier nom à son nom de famille pour le distinguer de ses deux frères ; il le tirait d’un petit pré qui se trouvait à l’extréouple, mité du jardin attenant à la maison paternelle, ise et (8) Ami de \'olière, de La Fontaine et de Racine, il s’honora pat sa be MmO- Ù conduite envers Patru et envers Corneille. En mourant, il laissa une ment partie de son bien aux pauvres. ‘‘Il n’était cruel qu’en vers ” a dit $ très bien madame de Sévigné. Boileau a pu se rendre à lui-même ce maine témoignage : ‘C’est une de consolation pour un poête qui va
d’une mourir que de n’avoir jamais offensé les mœurs. ?
Salires ; il a donné ensuite ses ÆEpitres, l'Art poétique et le Lutrin. Outre ces ouvrages, qui sont ses véritables titres aux éloges de la postérité, il a laissé des odes, en particulier celle sur la prise de Namur, où il a démontré qu’il ne suffit pas de connaître les règles d'un genre pour y briller ; des poésies diverses, entre autres des épigrammes, une traduction en prose du traité du Sublime de Longin ; un dialogue de la Poésie et de la Musique ; un dialogue des Héros de roman, des lettres, etc (1).
APPRÉCIATION GÉNÉRALE.— Boileau ne s’est pas élevé aux sublimes inspirations des génies du premiæ ordre, mais il s'impose à nous, comme à son siècle, par des qualités précieuses : une haute raison, un goût sûr, une diction parfaite, un respect constant pour la religion et la morale. La postérité n'oubliera jamais les services ‘qu’il a rendus aux lettres françaises (2) ; il découragea la médiocrité, et sa louange alla toujours chercher le véritable talent. Ila été, au dix-septième siècle, l’oracle et l'arbitre du goût ; c’est là sa mission et sa gloire ; c’est la ce qui lui a valu le titre de ZLégislateur du Parnasse. Versificateur d'une habileté consommé, et l’un des meilleurs poètes du grand siècle, Boileau réussissait peu dans la prose, où il est clair et correct, mais sans
(1) Boileau, étant encore au collège, avait composé une tragédie dont ja première scène était ouverte par quatre géants. Il se moqua
plus tard de ce début burlesque.
(2) Roïileau est le premier qui ait appris aux Français à chercher le mot propre, à faire valoir les mots par leur arrangement, à relever les petits détails, à condenser la période, enfin à connaitre toutes les ressources de la langue poétique.
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couleur et sans harmonie. On peut lui reprocher quelques injustices dans ses jugements littéraires (1), on doit regretter aussi que, dans son admiration exclusive du Parnasse grec, il ait méconnu le génie chrétien dont s’inspiraient les chants du moyen-âge et de la chevalerie.
APPRÉCIATION PARTICULIÈRE DE QUELQUES OUVRAGES
1° Le Lutrin.—Poème héroïque-comique en six chants par lequel Boileau répondit à ceux qui l’accusaient de manquer de fécondité et de verve, et qui ne trouvaient dans son talent ni variété ni souplesse (2).
Analyse.—Une querelle futile, le déplacement d’un pupitre dans la Sainte-Chapelle, constitue le sujet de ce poème. Le premier chant débute par une invocation à la muse et nous fait assister à l’assemblée dans laquelle les amis du trésorier désignent trois héros pour replacer le lutrin que le chantre avait eu l’audace d'enlever du chœur. Le deuxième et le troisième chants racontent les péripéties de l’entreprise qui se termine par le rétablissement du pupitre à sa place antique. Le quatrième contient le songe du chantre, la délibération du chapitre et le renversement du lutrim par les chanoines. Le cinquième, après avoir conduit le lecteur au palais de
(1) Les censeurs de Boileau signalent surtout le jugement qui parle du clinquant du Tasse, les jugements sur Quinault ; ils ajoutent que Boileau n’a pas dit un mot de La Fontaine dans s0s8 vers.
. (2) ‘Ce poème, dit Boileau, fut composé à l’occasion d’un différend
assez léger qui s’émut dans une des plus célèbres églises de Paris entre le trésorier et le chantre ; mais c'est tout ce qu'il y à de vrai; le reste, depuis le commencement jusqu’à la fin, est une pure fiction. ’?
la Chicane, sur les pas du trésorier, décrit le combat acharné que se livrent à coups de volumes poudreux les deux armées rivales. Le sixième contient le dénouement, c’est-à-dire le rétablissement de la paix, grâce aux efforts de la Piété et à l'intervention du vertueux et sage Ariste.
Critique. — Le Lutrin est un chef-d'œuvre de versification. Par un miracle de son art, le poète est parvenu à enrichir la matière la plus stérile ei à composer de beaux vers sur une querelle qui n'avait rien d’épique. Tous ses héros ont une figure dramatique et une attitude pittoresque, et rien n’est plus riche que le coloris dont il les a revêtus. Le Lutrin est un des ouvrages où la perfection de la poésie a été portée le plus loin, surtout dans ies quatre premiers chants, mais ce poème n’est pas sans défauts. Le sixième chant ne répond pas aux autres ; il est tout entier sur le ton sérieux, et la fiction y change de nature. Un reproche plus grave porte sur le choix même du sujet La plaisanterie du poète ne respecte pas assez ce qu'un homme de foi ne devrait jamais ridiculiser (1).
2° Les Epitres, au nombre de douze, montrent sous divers aspects le talent du poète. Les neuf premières appartiennent à l’époque de sa maturité ; les
trois dernières carrespondent au commencement de sa vieillesse.
Analyse—On trouve dans les Æpîtres plus de
(1) On peut lire à ce sujet, dans le Précis de l'histoire de la Poésie par M. Henri, l'opinion dé Nisard et celle de l’abbé Feller dans son Dictionnaire historique.
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variété que dans les Sutires. La première, adressée au roi sur les Avantages de la paix, cherche à éteindre dans le cœur du jeune monarque l’ardeur guerrière qui le disposait à rompre la paix d’Aix-la-Chapelle (1). La quatrième, également adressée au roi célèbre le fameux passage du Iihin que le poète, embouc ant la trompette héroïque, décrit sur le ton de l'épopée. La cinquième, sur Za Connaissance de soi-même, contient plutôt des conseils de bon sens que des principes de haute philosophie. La septième, adressée à Racine, sur l'Utilité des ennemis, console le grand trasique de l’insuccès immérité ue Phèdre et lui prorurt les hommages de la postérité, La neuvième développe en termes excellents une pensée que Boileau aimait à prendre pour règle : rien n’est beau que le vrai. La dixième, adressée par le poète à ses vers, est une satire littéraire (2).
Critique. — Les Epîtres sont plus estimées aujourd’hui-que les Satires. La versification y offre plus de souplesse et de grâce, le style plus de naturel et d'égalité, plus de couleur et d'énergie ; on y trouve des pensées plus fortes et mieux enchaînées entre elles. Le Passage du Rhin a un caractère à part, c’est un des chefs-d'œuvre de la langue poétique ; en relisant cette épître, on regrette que Boileau n'ait pas exercé son talent dans l'épopée (3).
e- (1) Louis XIV lut l’épitre, loua les vers et récompensa le poète, mais il goûta peu le conseil et fit la guerre.
(2) Nous n'indiquons dans cette courte analyse que le sujet des principales épîtres. Nous prociderons de la même manière pour les satires, (3) La plupart des critiques admette que Boileau a plus d’une fois surpassé Horace dans ses Æpîtres.
3° Les Satires, au nombre de douze, appartiennent presque toutes aux premières années de la carrière poétique de Boileau. Le but du poète fut surtout de considérer les mauvais écrivains qui passaient pour excellents.
Analyse.— La deuxième satire, adressée à Molière, a pour sujet les caprices de la rime, ‘“ cette esclave qui devrait toujours obéir et qui commande trop souvent.” La troisième qui donne la description d’un Repas ridicule, est une vraie scène de comédie (1). Dans la cinquième, sur la ÆMoblesse, le poète imite Juvénal ; il veut que les membres üe l’aristocratie conservent leur véritable titre de noblesse, c’està-dire Ja valeur et la probité. La neuvième, intitulée À mon esprit, est un des chefs-d'œuvre de Boileau. Elle est tout ensemble un modèle et une anologie
( de la satire littéraire. Jamais le poète n’a été mieux inspiré ; ilse justifie admirablement, et il attache ] au front de ses ennemis un ridicule ineffaçable. 4
Critique.—Les Satires de Boileau sont écrites dans l un genre tout nouveau. Evitant la licence où s'étaient r jetés Régnier et tous ses devanciers, il ne songea qu’à faire la guerre au mauvais goût. On a reproché F à ces satires d’être trop frivoles dans leur objet, mais , il est certain qu'elles ont eut le glorieux privilège # de fixer le goût. Au mérite de faire juger saine- a ment les écrivains et de réduire à leür juste valeur le les réputations usurpées et surfaites, Boileau joignit pi
(1) Horace et Régnier ont traité le même sujet,
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poète ’avisto- >, C'estititulée zoileau.
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celui de donner, le premier, le modèle d’un excellent style et d’une période poétique parfaitement cadencée.
4 L'Art poétique.— Après avoir créé, en quelque sorte la langue de la présie et produit des modèles en plusieurs genres, Boileau avait acquis le droit d’être le législateur du Parnasse. Il fit l’Aré poétique, poème didactique en quatre chants.
Analyse.—L'Art poétique comprend tous les préceptes de composition littéraire consacrés par l'expérience et légitimés par la raison. Le premier chant est consacré aux préceptes généraux de l’art d'écrire et aux conseils qui doivent guider le poète. Le second donne la définition des genres secondaires, tels que l'idylle, l’élégie, la satire, l’ode, etc. (1). Le troisième est le plus étendu et le pius important du poème ; il traite de la tragédie, de l'épopée et de la comédie. Le quatrième renferme des préceptes moraux et donne les règles de la critique ; il se termine par l'éloge du roi et par le tableau des merveilles de son règne.
Criüique.— L'Art poétique, œuvre capitale &e Boileau, est le plus beau poème didactique des temps modernes. C’est le code du bon goût. L’enseignement littéraire et moral y est donné sous une forme attrayante, la saine raison s’y montre parée de tous les ornements de la poésie. Si Boileau n'approfondit pas assez, au gré de quelques critiques, les principes
(1) C’est ici que la fable aurait dû trouver place. On reproche avec raison cette omission à Boileau.
esthétiques de l’art, il s’attache ‘d'autant mieux à en tracer les règles pratiques. On s'étonne que le poète, qui connaissait les fables de La Fontaine, n'ait point parlé de l’apologue, tandis qu’il s’étend sur le sonnet ; on regrette surtout qu’il n'ait pas compris toutes les ressources que la poésie peut trouver dans les croyances chrétiennes. Le début du poème ainsi que la satire qui commence le quatrième chant ont également donné prise à la critique (1).
JUGEMENTS DIVERS. — La Bruyère a dit de- Boileau dans son discours de réception à l’Académie : ‘Celui-ci passe Juvénal, atteint Horace, semble créer les pensées d’autruit et se rendre propre tout ce qu’il manie. Ses vers, forts, harmonieux, faits de génie, quoique travaillés avec art, pleins de traits et de poésie, seront lus encore quand la langue aura vieilli, et en seront les derniers débris. On y remarque une critique sûre, judicieuse et innocente, s’il est permis du moins de dire de ce qui est mauvais qu'il est mauvais. ”
La Harpe disait que les satires de Boileau eurent un succès prodigieux ‘non parce que c’étaient des satires, mais parce que personne n’avait encore si bien écrit en vers. ”
Comme tous les législateurs, Boileau a fait des mécontents, il faut citer parmi eux en première ligne tous les mauvais auteurs qu’il a immolés par l’arme du ridicule. Il a eu comme détracteurs principaux au dix-huitième siècle d’Alembert et Marmontel ; enfin de nos jours l’école romantique a essayé, mais en vain, de détrôner Boileau et Racine (2).
La Fontaine.
Norice.—La Fontaine naquit à Château-Thierry
(1) La plupart des critiques admettent que l'Art poétique de Boileau l'emporte de beaucoup sur l’Epître aux Pisons d’Horace pour la régularité du plan, le bonheur des transitions, et l'élégance ferme et soutenue du style.
(2) On peut lire avec fruit les j @*. rés k recueil des Œuvres poétiques de Boileau par M. Aubertin. — On compte au delà de 800 éditions des œuvres du législateur du à
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| Thierry de Boileau
our la régune et soute-
recueil des nte au delà
en 1621. Iifit ses études sans effort comme sans éclat, et il arriva jusqu’à l’âge de vingt-deux ans sans avoir laissé entrevoir aucune étincelle de .son rare et heureux génie. Jl était entré chez les Pères de l'Oratoire, mais il en sortit au bout de dix-huit mois.
. Une ode de Malherbe qu'il entendit réciter enflamma
tout à coup son génie, et dès lors il se livra à l'étude des écrivains de l'antiquité et de la renaissance. Conduit à Paris, il reçut une pension de Fouquet, auquel il resta fidèle dans sa disgrâce. Il passa presque toute sa vie dans une indolence sans dignité, Mangeant son fonds avec son revenu, comme il le dit lui-même dans son épitaphe, et se laissant tour à tour héberger par divers personnages qui le prirent sous leur protect’r1. Il expia dans ses vieux jours par les pratiques d’une sincère piété les égarements de sa
jeunesse et mourut en 1695.
PRINOIPAUX OUVRAGES.—Les Fables sont le véritable titre de La Fontaine à l’immortalité On les fait généralement suivre des petits poèmes de PAilémon et Baucis, et-des Filles de Minée, qui sont des imitations d'Ovide. On peut citer encore parmi ses autres poèmes : Adonis, Psyché, le Quinquina, etc. Le grand fabuliste a laissé en outre des Contes dont l'art ne saurait faire excuser l'extrême licence (1) ; des élégies, dont une seule est célèbre, les Nymphes de Vaux, sur la disgrâce de Fouquet ; quatre comédies, celle intitulée le Forentin ‘est seule restée au
(1) Les Contes ont 6t6 mis à l'Indez à Rome.
théâtre ; deux mauvais opéras ; quelques odes fort médiocres, excepté peut-être celle sur Fouquet qu’il adressa au roi et qui fut un acte de courage ; des épîtres ; un grand nombre de poésies fugitives, ballades, rondeaux, épigrammes, etc. Sincèrement converti à la suite d'une grave maladie, La Fontaine condamna publiquement les œuvres licencieuses qu'il avait produites, et ne voulut plus traiter que des sujets de piété. Ilfit une paraphrase du Dies iræ, et la mort le surprit traduisant les hymnes de l'Eglise.
APPRÉCIATION GÉNÉRALE.— Suivant le sentiment unanime des critiques, La Fontaine est le premier des fabulistes anciens et modernes ; plusieurs voient en lui un des plus grands poètes de la France et du monde. ‘“ La Fontaine, dit M. G‘ruzez, c’est la fleur de l'esprit gaulois avec un parfum d’antiquité.” Par une réunion de qualités singulières et éminentes, le bonhomme, comme on l'appelle, a mérité d’être regardé comme le plus original des poètes français. ‘ I] n’a rien inventé, dit La Harpe ; mais il a inventé son style, et son secret lui est démeuré.” En imitant les autres, il est devenu inimitable. Il sera toujours regrettable pour la gloire de La Fontaine qu’il ait consacré son talent à quelques œuvres que la morale réprouve.
APPRÉCIATION PARTICULIÈRE DE QUELQUES OUVRAGES
Les Fables, au nombre de 239, sont distribuées en douze livres qui parurent en deux recueils suc-
des fort et qu'il re ; des es, balnt conontaine Ccieuses er que lu Dies nes de
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nventé itant jours il ait aorale