‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 107 sur 155 · REPTILES. — VIPÈRES · texte numérisé non relu

REPTILES. — VIPÈRES

froid résistent plus longtemps ; le venin n’agit pas sur la Vipère elle-même.

Des personnes mordues ont éprouvé une douleur atroce au moment de l’accident, tandis que d’autres s’en sont à peine aperçues. Quoi qu’il en soit, il survient bientôt du gonflement et de la rougeur autour de la blessure; celle-ci consiste le plus souvent en deux petits trous à peine perceptibles, qui sont au centre du gonflement. Bientôt la douleur augmente, la rougeur devient vive et luisante; des taches jaunâtres, livides, apparaissent sur le trajet des vaisseaux. Il survient parfois des nausées, des vomissements, des selles involontaires ; les yeux se gonflent et s’inondent de larmes; la vue perd de sa netteté ; le pouls est petit, intermittent; la fièvre est intense. Le blessé éprouve des vertiges, il est couvert d’une sueur froide; les muscles se relâchent, il étouffe... Mais rarement ces accidents sont suivis de mort chez les adultes.

Lorsqu’une Vipère est morte depuis peu de temps, on ne doit lui loucher la tête qu’avec précaution, parce que ses muscles jouissent encore pendant quelque temps de la propriété de se contracter, et qu’elle peut piquer par conséquent.

Une personne piquée ou mordue par une Vipère doit d’abord sucer la plaie, parce que le venin n’agit pas sur les muqueuses, puis faire une ligature; il est bon aussi d’élargir la blessure, d’y appliquer une ventouse ou de cautériser. Si les accidents secondaires se montrent, on emploie les linimenls ammoniacaux, des cataplasmes émollients, des sudorifiques, des toniques. On a obtenu de bons effets de la liqueur de Fovvler, de l’iodure de potassium, du Milcania guaco, du Simaba cedron.

Dans certaines parties de la France, on trouve encore des têtes de Vipère dans les pharmacies; la thérapeutique se débarrasse chaque jour, et â bon droit, de ces préparations d’un autre âge.

Les Vipères les plus connues sont :

La Vipère commune, ou Aspic ( Vipera aspis, Merr.), dont la taille ne dépasse guère 70 centimètres. Sa tête est plate, munie sur le sommet d’écail les granulées égales et de deux bandes noirâtres qui se rencontrent en formant un V. Le museau est tronqué et garni sur son bord de six plaques, dont deux plus foncées sont percées pour les narines. Les écailles du reste du corps

se recouvrent â la manière des tuiles d’un toit et sont carénées.

Le dos est brunâtre, parcouru sur le milieu par une bande noirâtre en zigzag et marqué de points foncés sur les côtés; le ventre est gris ardoise.

On trouve l’Aspic dans beaucoup de localités en Europe; on le rencontre dans les forêts de Montmorency, de Sénart, de Fontainebleau, etc. 11 affectionne les lieux ombragés, pierreux, montueux, et se tient assez souvent aux bords des sentiers.

Cette espèce a été partagée en variétés nombreuses, caractérisées par la couleur du corps, la forme et la disposition des taches, etc. Les principales sont les Vipera ocellata, liedii, chersea, prester, etc.

La Vipère ammodyte (Vipera ammody tes, Dum.), qui vit dans

le centre de l’Europe, et en France dans le Dauphiné.

Elle recherche les endroits exposés au soleil. On la distingue facilement de l’espèce précédente par la corne retroussée, molle, écailleuse, qu’elle porte â l’extrémité du museau (flg. 110).

Fig. 109. — Tète de ln Vipère commune.

Fm. 110. — Tète de In Vipère ammodyte.

PÉLIADE.

La Péliade, ou petite Vipère (Pelias berus, Merrem; Vipera chersea, Cuv.), est regardée par plusieurs erpétologistes comme ormant le genre Pelias, tandis que d’autres l’assimilent aux Vipères. Elle ne diffère de ces derniers animaux qu’en ce que le sommet de la tête porte, au lieu d’écailles granulées, trois plaques adjacentes, l’une en avant, les deux autres en arrière.

REPTILES. — ËGH1DNÉS. — CÉRASTES. 223

beuü plaques sourcilières allongées se remarquent au-dessus des yeux. La couleur du corps est ordinairement d’un brun roussàtre.

La tête, un peu arrondie, est marquée au-dessus de deux lignes noires qui forment un Y. La taille de ce petit Serpent ne dépasse guère 15 à 20 centimètres.

On le trouve dans les bois des environs de Paris, au milieu des joncs, dans les forêts de Montmorency, de Sénart, de

Fig. 111, — Tète de lu Péliade. Fig. 1 12. — PoFtioii postérieure dtr edrps de la

Péliaue.

Fontainebleau, dans le nord de l’Europe, etc. Il est très-venimeux.

ÈCHIDNÉS.

Les Éciiidnés (de É'xt^va, vipère) ne diffèrent guère des Vipères qu’en ce que leurs narines sont plus rapprochées vers le milieu du museau, non placées latéralement sur la même ligne que les yeux.

C’est au genre Echidna, Merr., qu’il faut rapporter ce reptile si venimeux connu sous les noms de Serpent cracheur, Vipère minute, ou Ëchidné heurtante (Echidna arietans, Merr.), et qui vit dans le sud de l’Afrique. L’Éciiidné mauuitanique se trouve dans le nord de l’Afrique; les Ëciiidnés Atropos etiNORNÉ, au Cap; I’Échidné élégante, dans l’Inde.

CERASTES.

Les Cérastes ( Cerastes , Dum.) (de /.ep aarri?, cornu) ont été longtemps confondus avec les Vipères, dont ils ne différent guère que par des plaques sourcilières dressées, et qui simulent des cornes. La tête est concave entre les yeux; son sommet est cou-

vert d’écailles tuberculeuses; deux, très-volumineuses, ou plaques, sont placées près de la symphyse des os sous-maxillaires.

C’est aux Cérastes qu’appartient ce Serpent redouté à si juste titre, le Céraste d’Égypte ( Cerastes œgyptiacus?), connu sous le nom de Vipère céraste. Il est commun en Égypte, au Maroc, dans le Sahara. Sa taille ne dépasse guère 60 centimètres; il est grisâtre ou jaunâtre, et vit dans le sable, dont il a souvent la même teinte. Le dessus de la tête est granuleux.

Le Céraste de Perse ( Cerasies persicus, Dum.) diffère du précédent par le dessus écailleux de sa tète et sa corne à base large, écailleuse.

Le Céraste LOPiiOPiiRYS ( Cerastes lophophrys, Cuv.), ou Vipère à panaches, habite l’Afrique, et diffère des autres espèces par les lobes écailleux placés sur les sourcils, lobes qui simulent un panache.

Page 1