‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 137 sur 155 · TISSU DES PHANÉROGAMES · texte numérisé non relu

TISSU DES PHANÉROGAMES

fait des adjonctions latérales qui sont le commencement des ramifications. Les vaisseaux laticifères ne présentent jamais de ponctuations ni de lignes comme les vaisseaux dits lymphatiques. On trouve, dans la plupart de nos arbres fruitiers, de grandes cellules allongées en tubes, et dont les parois présentent des ponctuations. Ces cellules, nommées par M. Th. ïïartig, tubes cribreux, et par M. H. Molli cellules treillissées ou grillagées, paraissent avoir pour but de remplacer les vaisseaux du latex dont ils occupent la place. Les vaisseaux laticifères se trouvent ordinairement dans la portion de l’écorce des plantes appelée le liber; mais on peut les rencontrer dans la moelle, dans les feuilles, dans les racines, et dans presque toutes les parties de la plante.

Le suc propre ou latex varie dans sa couleur : il est blanc dans i le Pavot, l’Euphorbe; jaune dans la grande Chélidoine ; orangé dans l’Artichaut; rouge dans la Sanguinaire. Il est formé d’une : partie liquide et de globules très-petits, opaques ou colorés, qui y sont charriés. Sa composition chimique varie selon les plantes chez lesquelles on l’examine, et le fait utiliser en médecine ou dans l’industrie. Le suc d’Euphorbe solidifié devient un léger purgatif; il est fourni par Y Euphorbia officinarum et Y Euphorbia antiquorum ; son origine est souvent attestée parla présence des aiguillons de ces plantes. Chez les Chicoracées, le suc propre est disséminé dans une grande portion de l’écorce; il suffit de blesser légèrement ces plantes à la surface pour le voir s’écouler : c’est lui qui fournit le lactucarium. Chez la Sanguinaire, le latex est fourni par les parties souterraines de la plante. C’est le suc propre des fruits du Pavot somnifère noir qui fournit l’opium. Celui de l’ Isonandra gutta donne la gutta-percha; celui du Garcinia cambogia produit la matière colorante connue sous le nom de gomme-gutte; celui de VAntiaris loxicaria fournit le poison connu sous le nom d'upas antiar; celui du Galactodendron utile, ou Arbre à la vache, est si abondant, qu’il sert de nourriture aux habitants du pays. C’est celui des Siphonia elastica, lulea, Spruceana, qui fournit la plus grande partie du caoutchouc du commerce; les Ficus elastica et carica n’en donnent qu’une faible partie. Dans le Robinia pseudo-acacia et un très-grand nombre de Légumineuses, on trouve, groupés autour de la moelle, des

518 PHANÉROGAMES OU EMBRYONNÉES.

vaisseaux laticifères ou de larges cellules remplis de tannin. Dans un grand nombre de plantes, le suc propre perd ses propriétés toxiques lorsqu’il est desséché ou cuit; c’est ainsi que le Manihot peut fournir un aliment, bien que très-riche en principes vénéneux. 11 arrive fréquemment que le latex disparaît avec rtige des plantes; sa quantité varie d’ailleurs avec les saisons, avec les jours, et même avec les différentes heures de la journée. On a longtemps cru que le latex était une simple excrétion ; les récents travaux de M. Trécul ont établi qu’il est souvent versé dans les vaisseaux ponctués, rayés, annelés, pour être porté dans différents endroits delà plante.

Tous les végétaux qui sont exposés à l’air sont entourés par une couche simple, double ou triple de cellules, qui constituent ce qu’on appelle l 'épiderme. Ces cellules sont généralement aplaties; celles qui forment la couche la plus extérieure sont revêtues à leur face externe par une pellicule qui fait corps avec elles-mêmes et qui est très-résistante. C’est celte pellicule qui a reçu le nom de cuticule.

Chez un très-grand nombre de plantes, les cellules extérieures font une légère saillie sur les tiges, les rameaux, les feuilles ou les fleurs; il en résulte un aspect particulier qui rappelle celui du velours. Lorsque ces cellules s’allongent plus, elles constituent des poils. Les poils sont unieellulés ou pluricellulés, selon qu’ils sont formés par une ou plusieurs cellules ; ils sont simples • ou ramifiés ; ils sont unisériés ou plurisériés, selon que les cellules qui les formentsont disposées en une seule file ou sur plusieurs rayons. Lorsque les poils contiennent des liquides âcres ou vénéneux, sécrétés par les cellules de leur base, comme ceux de l’Ortie grièche, on les désigne, d’après de Candolle, par le nom de poils glanduleux ; si la glande est placée à l’extrémité du poil, comme dans un grand nombre de Verveines, ce poil est dit glandulifère. Dans la plupart des plantes qui composent l’ordre des Mal pighiacées, on trouve des poils urtieants d’une forme particulière : une base courte est située au-dessus de la glande, et porte deux longues branches formant croissant; ces poils ont été désignés par les noms de poils malpigliiacés ou poils en navette.

Nous avons vu plus haut qu’à la surface du fruit des Mousses •

Page 1