TISSU DES PHANÉROGAMES
on voit des stomates, il en est de même chez tous les végétaux verdâtres. Un stomate est une production épidermique qui se compose d’une ouverture ou ostiole, et de deux cellules arquées, souvent renflées, qui l’entourent comme deux lèvres entourent une bouche, ou comme les deux bords d’une boutonnière. 11 est facile de suivre le développement des stomates sur une feuille de plante bulbifère, telle que celles de la Jacinthe, de la Scille, etc.-La cellule qui formera plus tard un stomate est tout d’abord analogue h toutes les cellules voisines de la base de la feuille ; puis, le nucléus qu’elle contient se partage en deux parties qui se séparent l’une de l’autre; une cloison se forme entre ces deux parties, puis la cloison se dédouble, et la cellule unique en forme bientôt deux autres qui se touchent par leurs extrémités, laissant entre elles un vide qui forme l’ostiole. Sous l’ostiole, un petit creux s’établit, et le stomate est complètement constitué.
Les stomates peuvent se rencontrer sur toutes les parties vertes des plantes. En général, ils se développent en très-grande quantité sur les feuilles, et sont en nombre plus considérable sur la face inférieure que sur la face supérieure. Chez le Marronnier, le Châtaignier, le Frêne, il n’en existe pas à la face supérieure, i tandis qu’on en trouve jusque environ 170 par millimètre carré à la face inférieure. Chez la Vipérine, les deux faces en ont un nombre égal; chez le Pin, toute la surface en est garnie; chez le Nénuphar, il n’en existe qu’à la face supérieure. Selon les temps et les lieux, les lèvres des stomates peuvent se rapprocher ou s’écarter; parfois même, dans le Laurier-rose, par exemple, les stomates sont au fond de petites cavités, protégés par des poils qui naissent sur les parois de ces cavités.
Fig. 213. — Portion d’épiderme d’une feuille de Glaïeul avec des stomates.
PHANÉROGAMES OU EMBRYONNÉES.
Substances contenues dans les cellules végétales.
Lorsque les cellules végétales sont frappées de mortification, comme celles de la moelle etde l’enveloppe subéreuse d’un grand nombre d’arbres, elles ne contiennent plus que des gaz; mais lorsque les cellules sont jeunes, elles renferment des produits solides ou liquides, ou des matières en dissolution, qui permettent de faire avec les plantes des agents de thérapeutique ou d’alimentation.
Fécule amylacée ou amidon. — La fécule est une substance solide, non azotée-, qui se présente sous forme de grains incolores dans la grande majorité des cellules végétales. Elle porte plus spécialement le nom de fécule lorsqu’elle est extraite des parties souterraines des plantes, et celui d'amidon lorsqu’elle est ; tirée des fruits ou des graines. Elle est insoluble dans l’eau, a la même composition que la cellulose (C12Hl0O10), et se colore comme elle en bleu violet, sous l’action de la teinture d’iode. Très-souvent les grains de fécule apparaissent avec des lignes concentriques enveloppant une tache nommée hile; mais ils sont excessivement variables de forme, et leur aspect varie avec la plante d’où on les tire. Bien des hypothèses ont été faites sur leur formation et leur composition. D’après M. Trécul, le grain de fécule est produit parla matière protoplasmique de la cellule, que cette matière soit ù l’état d’ulricule primordial, de nucléus ou de filaments; ce grain végète comme une cellule, c’est-ù-dire qu’il est d’abord une simple vésicule à parois simples, puis de nouvelles parois s’ajoutent i\ la première de dehors en dedans, nouvelles parois susceptibles ù leur tour de se dédoubler, de se diviser. Celte hypothèse explique l’apparence de couches concentriques cl l’existence du hile ou tache centrale; celte tache ne serait autre chose que la cavité centrale. Lorsque les couches concentriques et le hile sont peu visibles ou invisibles, c’est que le dépôt s’est fait progressivement, sans transition brusque, qu’il a été assez abondant pour remplir presque ou tout à fait l’espace compris entre la paroi primitivement formée et le centre.
Les grains de fécule sont simples ou composés : simples,
SUBSTANCES CONTENUES DANS LES CELLULES VÉGÉTALES. 521 lorsqu’ils sont parfaitement distincts l’un de l’autre; composés, lorsqu’ils sont fournis par la réunion de plusieurs, rapprochés intimement.
L’amidon du Blé, du Seigle, de l’Orge, de l’Avoine, du Maïs, du Riz, des Céréales en général, du Sarrasin, du Quinoa, du Châtaignier, du Pois, du Haricot, delà Fève, etc., est extrait de la graine. (Chez les céréales, c’est le fruit tout entier qui porte vulgairement le nom de grain).
Les granules de l’amidon du Blé sont elliptiques ou ovoïdes, d’un grand diamètre d’environ 0m,n,0325, sans trace d’enveloppes concentriques ni de hile.
Les granules de l’amidon du Seigle sont lenticulaires eteireulaires, un peu plus volumineux que ceux du Blé, et présentent un hile étoilé.
Les granules de l’amidon de l’Orge ont a peu près le diamètre de ceux du Blé, le plus souvent sans apparence de hile ni de couches concentriques, mais ils sont anguleux, à surfaces ondulées.
Les granules de l’amidon de l’Avoine sont, sphériques ou elliptiques, souvent réunis en granules composés.
Les granules de l’amidon du Maïs présentent des couches concentriques et un hile. Ils sont polyédriques, s’ils sont tirés de la partie externe et cornée du grain; sphériques, s’ils viennent de la portion farineuse centrale.
Les granules de l’amidon du Riz sont tous très-petits et de forme triangulaire ou carrée.
Les Cycas, les Sagouiers, ont des réservoirs d’amidon dans leur tige; c’est la fécule des seconds qui est utilisée sous le nom de sagou.
La Pomme de terre, la Patate, les Maniocs, les Colocasies, les Maranta, ont des réservoirs de fécule dans leurs portions souterraines. La fécule de Pomme de terre est une des plus employées en Europe. Ses granules ont l’aspect cristallin, et leur diamètre est d’environ 0""»,l/i0à 0m“,185 ; ils affectent toutes les formes; les couches concentriques sont manifestes, le hileapparaît comme un point noir. La fécule des Maniocs est connue sous le nom de tapioca; scs granules sont souvent réunis par deuxou par quatre, et présentent chacun un hile noir arrondi, entouré de couches
PHANÉROGAMES OE EMBRYONNÉES.
concentriques. La fécule du Maranta artmdinacea, L., est connue sous le nom d 'Arrow-root des Antilles; scs grains rappellent l’aspect de ceux de la fécule de Pomme de terre ; leur diamètre ou leur longueur est d’environ Omin,l/iO; mais le hile n’est plus à l’extrémité, il occupe ordinairement le milieu du grain.
La fécule de chaque végétal a son caractère propre, facilement révélé par l’examen microscopique. Le microscope est donc un instrument de détermination et de vérification certaines, lorsqu’il s’agit d’expertiser des farines falsifiées.
On remarque que lorsqu’on fait germer des graines qui con- • tiennent de la fécule, que lorsqu’on fait développer les bourgeons ; de la Pomme de terre, la fécule s’épuise peu fi peu et finit par disparaître. Elle passe dans les jeunes pousses, mais non à l’état d’amidon ou de fécule, puisque celle-ci n’est pas soluble; l’expérience a démontré que, par suite du développement d’un ferment, la fécule se transforme en dextrine, substance soluble, et par conséquent susceptible d’être absorbée.
Inuline. — L 'inuline est une substance non azotée, incolore, qui a la même composition chimique que l’amidon (C,2Il10O10). Elle est insoluble dans l’eau froide, dans l’alcool, mais trèssoluble dans l’eau bouillante; elle rougit sous l’influence de la teinture d’iode. On la distingue difficilement dans les cellules végétales; mais lorsqu’elle en a été extraite par l’eau bouillante, qu’elle a été déposée par évaporation, elle se présente sousforme d’une poudre blanche qui, au microscope, se montre composée de petites granulations d’environ Omm,OOlà 0mm,005. L’inulinea été découverte par Dose dans la racine de l’Année (Inula lielcnium, L.); on la rencontre dans la majorité des racines des I plantes qui composent l’ordre des Composées, telles que les Chicorées, les Pyrèthres, les Topinambours, les Dahlias, etc.
Gommes. — Les gommes sont des produits non azotés qui, unis fi l’eau, la rendent épaisse et mucilagineuse ; elles sont insolubles dans l’alcool ; soumises fi l’action de l’acide azotique, elles se transforment en acide mucique. On explique, en général, leur origine en admettant qu’elles résultent d’une transformation particulière delà matière qui forme les cellules végétales, mais on compte de nombreuses exceptions. La gomme qui découle du tronc et des rameaux du Cerisier, du Prunier, de l’Amandier, de