SUBSTANCES CONTENUES DANS LES CELLULES VÉGÉTALES
PAbrieolier, du Pêcher, est formée dans le ligneux, et est connue sous le nom de gomme du pays ; celle qui est fournie par l 'Acacia arabica, Vf., porte le nom de gomme arabique; celle des Astragalus verus, creticus, gummifer , est la gomme adragante; celle de Y Acacia vere.k est la gomme de Galam, etc-, etc.
Sucres. — Les végétaux contiennent dans leurs cellules deux variétés principales de sucre: l’une qui cristallise régulièrement, quiestsansinfluencesur la liqueur de Frommherz, et qu’on trouve dans la tige de la Canne à sucre, dans la sève de l’Érable à sucre, dans la racine de la Betterave, dans les fruits de la Citrouille, du Châtaignier, etc., etc.; l’autre qui ne cristallise pas, qui réduit la liqueur de Frommherz, et qu’on rencontre dans les Raisins, les Groseilles, les Poires, les Pommes. (On sait que la première variété peut se transformer en la seconde.)
Aleurone, — L 'aleurone (de àAeupov, farine) est une matière solide, azotée, qui se présente sous forme de grains arrondis, à surface favéolée, ou sous forme de cristaux h nombreuses facettes. Ces grains sont ordinairement incolores (rarement teints en bleu ou en vert, en jaune ou en brun); leur diamètre varie entre 0mm, 00125 et 0mm,0375. Ils sont solubles dans l’eau, mais insolubles dans l’huile, l’alcool, l’éther.
La découverte del’aleurone a été faite par M Ilarlig, en 1855. On rencontre cette substance dans tous les végétaux, particulièrement dans les cellules où se font les réservoirs de nourriture. Une solution iodée la colore en brun jaune; une solution acide d’azotate de mercure colore en rouge-brique l’intérieur des grains.
Autres principes azotés neutres. — Un grand nombre de principes azotés neutres, souvent non isolés, donnent aux plantes des qualités alimentaires. L 'albumine végétale se rencontre dans un très-grand nombre de matières nutritives telles que les farines des céréales, les Haricots, les Lentilles, les Pois, les Amandes. Elle existe en si grande quantité dans l’écorce de l’Orme pyramidal, â la Martinique, que cette écorce est employée à la place du blanc d’œuf pour clarifier le vesou. Le gluten se rencontre en assez forte proportion dans la farine des céréales,
et en lait un aliment nutritif. La caséine végétale existe abondamment dans les Lentilles, les Pois, les Fèves, les Haricots, etc.
524 PHANÉROGAMES OU EMBRYONNÉES.
Alcaloïdes. — Les alcaloïdes sont des substances azotées dont les propriétés chimiques rappellent celles des alcalis inorga- niques. Leur nombre s’accroît avec les progrès de la chimie. Les , uns sont des médicaments actifs, les autres des poisons violents.
Parmi les plus connus, citons la Quinine et la Cinchonine, fournies par l’écorce des Quinquinas; la Morphine, la Codéine, la Narcoline, contenues dans l’opium ou suc propre des fruits du Pavot somnifère noir ; la Strychnine, la Brucine, qu’on relire ordinairement des graines du Strychnos noix vomique et du Strychnos fève de Saint-Ignace; la Narcotine, qui s’extrait des feuilles du Tabac; l’Atropine, qui existe dans la racine de la Belladone; la Conine, qui s’extrait de toutes les parties de la grande Ciguë, etc., etc.
Acides végétaux. — On trouve dans les végétaux un grand nombre d’acides libres ou combinés. L' acide malique se rencontre dans les Pommes vertes, dans les Groseilles, les Framboises, les Cerises, etc., dans les tiges de Sauge, de Laitue, de Chanvre, etc., dans les racines de Guimauve, de Réglisse, d’Angélique, etc.
L 'acide tar trique se trouve dans les Mûres, les Cornichons, les Topinambours, etc. L'acide citrique se rencontre dans le jus de Citron, dans les Cerises, les Oranges, les Framboises, etc. L'acide pectique existe dans un très-grand nombre de fruits, dans les racines charnues, comme celles de la Carotte, du Navet, de la Betterave, etc.
Huiles. — Un très-grand nombre de plantes donnent des huiles plus ou moins employées. Celles del’Épurge, de Médicinier ou Pignon d’Inde, de Croton liglium, de Ricin ou Palma-Christi, de Noix, de Lin, d’OEillette, de Belladone, s’extraient des graines et sont siccatives. L’huile d’Olive exisledans le fruit et la graine de l’Olivier; l’huile d’Amandes douces se retire de l’embryon de l’Amandier commun ; l’huile de Juvia s’extrait de la graine du Bertholletia excelsa; l’huile de Navette s’extrait des graines de Choux-rave; celle de Colza s’extrait des semences du Colza; l’huile de Moutarde est aussi contenue, dans les graines des Moutardes blanche et noire; celle de Sésame est fournie parles graines du Sésame d’Orient, etc. L’huile fine concrète ou beurre de Cacao s’extrait des graines torréfiées du Cacaoyer; le beurre de Muscade est tiré des graines du Muscadier; l’huile de Palme s’extrait du
SUBSTANCES CONTENUES DANS LES CELLULES VÉGÉTALES. 525 fruit de l’Avoira de Guinée; le beurre de Palme s’extrait de la graine de la même plante ; l’huile ou beurre de Coco se retire de la graine du Cocos nucifera et de VElœis butyracea ; l’huile de Carapa se retire du fruit et principalement des graines du Carapa guianensis, etc.; le suif d’arbre, ou Chouh-lah des Chinois, s’extrait des graines du Stillingia sebifera, etc.
Cires. — Les principales cires fournies par les végétaux sont : la cire de Myrica, qu’on obtient en faisant bouillir dans l’eau les fruits du Myrica cerifera ; la cire de Bicuiba, fournie par les fruits du Muscadier bicuiba; la cire de Palmier, qu’on lire de l’épiderme du Ceroxylon cmclicola ; la cire deCarnauba, tirée de la même manière du Corypha cerifera, etc.
Résines. — Les résines sont le plus souvent fournies par des arbres, se forment dans des cavités particulières, et découlent du tronc ou des rameaux, naturellement ou par des fentes artificielles. Les plus connues et les plus usitées sont : la Poix de Bourgogne, la Colophane, le Galipot, la Poix noire, le Goudron, fournis par le Pin, le Sapin, le Mélèze; le Sang-dragon, qu’on trouve dans le commerce, en baguettes, en lames, en globules, et qui est fourni en grande partie par les fruits du Calamus draco. Le Pterocarpus draco , le Dragonnier, laissent aussi exsuder du Sang-dragon de leur tronc (les Dragonniers sont aujourd’hui très-rares). La Bésine Élémisort des incisions faites au tronc de l’Iciquier icicariba ; le mastic provient de celles faites au tronc du Pistachier lentisque; la résine Animé sort du tronc et des rameaux de VHymenea courbarit; le Roucou s’extrait du fruit du Roucouyer; la résine Sandaraque se retire du Callitris articulé, etc.
Gommes-résines. — Les gommes-résines sont en grande partie fournies par les sucs propres : c’est ce qui a déjà été vu au chapitre des lalicifères pour la Gomme-gutte, l’Euphorbe, le lait du Calactodendron. Les autres gommes-résines les plus connues sont la Scammonée, qui découle des incisions faites à la partie supérieure des racines du Liseron scammonée; Vas a fedida s’obtient des racines de la Férule asa foclida ; le sagapènum , des la Férule persique. La Gomme ammoniaque est fournie par Ylferacleum gummiferum; le Galbanum, par le Galbanum officinal; l’Opopanax, parl’Opopanax panais; l’Encens de l’Inde,
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par la Boswellie à dents de scie; l’Encens d’Afrique, par la Plossléc papyracée; la Myrrhe, par le Balsamodendron Myrrha; le Bdellium, par le Balsamodendron africain, etc.
Baumes. — Les baumes découlent, pour la plupart, des troncs d’arbres. Le Baume de Tolu découle des incisions faites au tronc i du Myrospermum toluiferum ; le Baume du Pérou, dit de San- Salvador, vient du Myrospermum pubescens, et le Baume de Pérou sec vient du Myrospermum peruiferum. Le Storax découle d’incisions faites au tronc du Styrax officinalis; le Benjoin se retire de même du Laurus Benzoin. Le Styrax s’extrait par ébullition de l’écorce du Liquidambar orientalis, etc.
Essences. — Les principales essences se retirent de différentes parties de la plante. L’essence de Roses s’obtient avec les pétales • du Rosier des quatre saisons, du Rosier à cent feuilles et du Rosier musqué. L’essence de Rhodorize s’obtient parla distillation du bois du Rhodoriza scoparia. L’essence de Pélargonium, l’essence de Citron, d’Orange, de Cédrat, etc., se retirent de la portion corticale du fruit. Les essences de Carvi, de Cumin, de Coriandre, de Fenouil, etc., se retirent du fruit de ces plantes; ! les essences de Menthe, de Lavande, de Romarin, de Thym, de Sauge, etc., sont fournies par les tiges et les feuilles. L’essence de Cajeput est fournie par la distillation des feuilles du Melaleuca i minor; celle de Girofle est obtenue par la distillation des boutons du Giroflier. Les essences sulfurées se retirent des bulbes j d’Ail, des graines de Moutarde noire, de Cresson, etc., etc.
Térébenthines. — On désigne aujourd’hui sous le nom de térébenthines, des résines liquides qui contiennent en grande quantité une huile essentielle, et qui se distinguent des baumes en ce qu’elles ne renferment pas d’acide benzoïque. Elles se retirent du tronc ou des branches des arbres, le plus souvent au moyen de trous ou d’incisions. Les principales sont : les térébenthines de Bordeaux, d’Alsace, du Canada, des Vosges, qui se retirent des troncs de Pin, de Sapin ou de Mélèze; la térébenthine dite Baume de Copahu, qui se retire de même des troncs des Copayers; la térébenthine de la Mecque, qui est fournie par les Balsamodendron opobalsamum et Gileadense ; la térébenthine de Chio, qui est fournie par le Pistachier térébinthe.
Matières colorantes. — Parmi les matières colorantes que l’on
SUBSTANCES CONTENUES DANS LES CELLULES VÉGÉTALES. 527 trouve dans le règne végétal, là chlorophylle est la plus répandue. C’est une substance verte, qui se présente dans les cellules végétales, tantôt à l’état amorphe, c’est-à-dire sous forme de gelée, le plus souvent sous forme de grains arrondis ou polyédriques, dont le diamètre varie entre ^ et ^ de millimètre. La chlorophylle est très-soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles fixes, soluble dans l’eau chaude, insoluble dans l’eau froide, qui gonfle les grains facilement. Tantôt ces grains nagent au milieu du liquide contenu dans la cellule ; tantôt ils sont attachés comme par un pied à la paroi cellulaire ; tantôt encore ils recouvrent le nucléus entièrement ou par.'points. On a dit que les grains de chlorophylle sont formés d’une partie centrale et d’une membrane périphérique; ce qu’il y a de certain, c’est que la partie externe des grains acquiert souvent plus de consistance que le centre. On a dit aussi que certains grains sont caractérisés par la présence d’un ou de plusieurs granules d’amidon qui leur tiennent lieu de noyau. Bien des hypothèses ont été faites sur la nature de la chlorophylle, encore imparfaitement connue aujourd’hui; on la regarde comme une matière azotée dont la formule serait Cl8lIl0AzC3, et C81I7C, qui représenterait la graisse associée.
M. Fremy et plusieurs chimistes considèrent la chlorophylle comme formée de deux principes : l’un jaune, la phylloxanthine, assez stable; l’autre bleue, la plnyllocyanine, plus fugace.
L’origine de la chlorophylle est attribuée à I’utricule primordial, au moins dans la grande majorité des cas.
La couleur blanche des organes des végétaux est due tantôt à la présence de l’air qui remplit leur tissu, tantôt à une si faible quantité de matière colorante, que celle-ci n’apparaît pas. Dans le premier cas, la compression fait disparaître l’air, et le tissu paraît incolore; dans le second, la superposition de plusieurs organes donne, par transparence, une teinte colorée plus ou moins foncée.
Les autres couleurs sont produites, ou par des liquides colorés, ou par des granules colorés nageant dans un liquide. En général, lorsque la teinte appartient à la série des couleurs du spectre fiui s’étend du bleu verdâtre au violet (série cyanique, DG.), elle est due à des liquides; si elle appartient à la série des couleurs du spectre qui s’étend du jaune verdâtre au rouge (série
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xanthique, DC.), elle est due à la coloration de globules. Cette loi générale a de nombreuses exceptions. Il arrive fréquemment i que plusieurs couches de cellules superposées contiennent des | couleurs différentes, que la chlorophylle se mêle au jaune, à l’orangé, etc., ce qui produit les teintes les plus variées.
Le velouté qu’on remarque sur les pétales de certains Pélargonium, sur les feuilles de beaucoup de Marantées, etc., est dû aux cellules épidermiques qui s’exhaussent en cônes.
Parties minérales. — Les végétaux sont plus ou moins riches en parties minérales. Les Charagnes contiennent tellement de sels calcaires, qu'elles sont utilisées pour polir les métaux; les Prêles d’hiver, les Rotins, sont tellement riches en silice, que les premières servent h polir les bois, et que les seconds ont un tissu presque inaltérable.
11 arrive très-souvent que la matière inorganique se présente dans les cellules sous forme decrislaux : tantôt ces cristaux sont de longues aiguilles effilées à leurs deux bouts, elles portent le nom de raphides, DC. ; ils sont groupés par faisceaux dans de grandes cellules avec les parois desquelles ils n’ont aucune adhérence; tantôt ils sont polyédriques, isolés ou réunis en groupes.
Dans l’épiderme des feuilles qui appartiennent aux plantes de la famille des Urticées, et dans plusieurs autres, on trouve des sortes de petits ballons de pierre suspendus à la paroi cellulaire; ce sont ces petits corps qui ont été appelés par M. Weddell des cystolithes. Ils peuvent changer de forme, être ovales, elliptiques, en croissants, etc. Le fil qui les suspend est formé, dans sa jeunesse, de matière cellulosique, tandis que la partie renflée est la réunion de grains calcaires englobés dans de la cellulose.