‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 145 sur 155 · DE LA FLEUR · texte numérisé non relu

DE LA FLEUR

La fleur est, dans sa partie essentielle, ce qui reproduit la plante par voie sexuelle.

Elle peut présenter tous les degrés de complication ; c’est ce que nous allons montrer en citant quelques exemples choisis.

La fleur de l’If se compose d’un petit corps ovoïde et d’un sac béant dans lequel ce petit corps est contenu.

On a emprunté à la zoologie le mot ovule pour désigner le corps ovoïde, et indiquer que c’est en lui que se développe plus tard l’embryon, et celui d 'ovaire pour l’appliquer ;i la cavité dans laquelle se développe l’ovule. fig. 240.— coupe

La fleur du Saule est composée seulement d’un (Vune

ovaire et de plusieurs ovules. Elle diffère de celle de l’If parle nombre considérable de ses ovules, par le prolongementde la partie supérieure de son ovaire en deux lames, qui prennent le nom de styles.

Fig. 241. — Coupe verticale de la fleur femelle (lu Saule.

Fig. 242. — Coupe verticale delà fleur femelle du Chanvre.

Fio. 243. — Coupe horizontale de la fleur femelle du Chanvre.

La fleur du Chanvre ne diffère de celle de l’If qu’en ce que l’ovaire est entouré par une enveloppe appelée le périanthe. La fleur du Peuplier est <i celle du Saule ce que la fleur du Chanvre est à celle de l’If.

PHANÉROGAMES OU EMBRYONNÉES.

Une fleur de Bryone a, comme les fleurs précédentes, plusieurs ovules contenus dans un ovaire ; mais son périanthe est double: l’un, interne, est coloré en jaune ; l’autre, externe, est vert. Le

Fig. 244. — Coupe verticale de la fleur femelle du Peuplier.

Fig. 245, — Coupe horizontale de la (leur femelle du Peuplier.

Fig. 24G. — Fleur femelle de Bryone.

premier forme la corolle, et les différentes pièces qui le composent sont des pétales ; le second forme le calice, et ses différentes pièces sont des sépales.

On rencontre assez souvent, sur certaines de ces fleurs de Bryone, entre l’ovaire et la corolle, des baguettes dont le sommet porte une bourse remplie d’une poussière jaune; ces baguettes sont des étamines, leur bourse terminale est leur anthère, et la poussière qu’elles contiennent est le pollen.

Ce qui n’est que l’exception dans les fleurs de Bryone est la

règle dans celles de l’Ancolie, du Samolus, de l’Oranger, etc. Toutes ont un périanthe double composé d’un calice et d’une

FLEUR

corolle, des étamines, un ovaire (l’Ancolie a plusieurs ovaires) et des ovules.

Fig. 2i9. — Coupe verticale île la fleur «le l’Ancolie.

Dans les Mauves, les Guimauves, la fleur est encore plus complète; car, sous le calice, les bractées se sont réunies pour former un calicule.

L’ovaire, avec son prolongement, son contenu (ou les ovaires), forme ce qui est appelé dans les fleurs leur gynécée ; l’ensemble des étamines compose leur androcée.

Les fleurs qui ont un gynécée, sans accom- Fm, 250 Fniit(le hl pagnement d’androcée, sont dites fleurs fe- Mau vc* avec son calice

1 ,, . , . „„ et son calicule nei'sis-

melles ; celles qui ont un androcee, sans tnnt8

gynécée, son t dites mâles. Les fleurs femelles et

les fleurs mâles sont dites uniseauèes ; les fleurs qui ont ii la lois

un androcée et un gynécée sont hermaphrodites.

Les fleurs d’if, de Saule, de Chanvre, de Peuplier, etc., dont il a été question plus haut, sont donc des fleurs femelles; mais ces plantes ont aussi des fleurs mâles, qui sont normalement situées sur des pieds différents. Les fleurs qui sont dépourvues

BOCQU1LLON. 33.

PHANÉROGAMES OG EMBRYONNÉES.

de périanthe sont dites mes; celles qui ont un périanthe, sans androcée ni gynécée, sont neutres.

mile du Saule pour-

Fio. 251. —1,2, fleurs mûles de l’If ù différents tiges; pre. (Les deux étami-

3, étamine isolée. nés sont réunies.)

On qualifie de dioïques (de deux, et oIxoî, habitation) les plantes dont les fleurs mûles et les fleurs femelles sont sur des pieds différents. Ex.: If, Saule, Peuplier, Chanvre. Des plantes

Fin. 253. — Fleur mile de Bryone.

Fig. 254.— Fleur mâle et fleur femelle de Bégonia.

dont les fleurs mâles et les fleurs femelles habitent le même pied sont monoïques (de [/.o'voç, un seul, et oïxoç, habitation). Ex. : Bégonia, Maïs, Noyer. Enfin, si des fleurs unisexuées existent en même temps que des fleurs hermaphrodites, sur les mêmes pieds ou sur des pieds différents, les plantes qui les portent sont polygames (de woAùc, plusieurs, et ya'acç, noces). Ex.: Pariétaire.

Nature des différentes parties de la fleur. — Préfloraison. — Il a été vu précédemment que la sommité de la

FLEUR. 587

tigelle et ses organes appendiculaires sont groupés et forment la °enimule, que le rameau tout entier est contenu dans un bouigeon ; la fleur, qui n’est autre chose qu’un rameau d’une nature particulière, apparaît aussi tout d’abord sous la forme d un bouigeon qui porte vulgairement le nom de bouton. Comme une tige, comme un rameau, comme un axe d inflorescence, 1 axe de la fleur ou réceptacle floral peut prendre toutes les formes . il est allongé en cône dans le Magnolia, le Myosurus minimus ; il est profondément concave dans le Pommier, le Rosier, l’Iris; il subit même, à mesure que la fleur se développe, des changements qui, de plan qu’il était, peuvent le faire devenir concave ou convexe. Les appendices que porte cet axe, et qui, selon la place qu’ils occupent, prennent les noms de sépales, de pétales, d étamines, de carpelles, ne sont que des feuilles modifiées. Il est vrai que ces différentes parties sont tellement métamorphosées, qu’il est souvent difficile d’en reconnaître la véritable nature ; mais certaines fleurs sont construites de telle manière, qu elles révèlent jusqu’à l’évidence la nature morphologique des parties qui les composent. De même que les bractées ne diffèrent souvent des feuilles que par des dimensions moins grandes, les sépales, chez quelques Hellébores, quelques Pivoines, etc., nesont, comme forme, comme coloration, que des bractées à peine modifiées. Chez le Nénuphar blanc, les sépales, selon qu’ils sont moins ou plus élevés sur le réceptacle floral, passent insensiblement du vert au blanc, de sorte qu’il devient difficile d’établir une distinction entre le calice et la corolle, si l’on n’envisage que la forme et la coloration de leurs parties constituantes. Les lames blanches qui forment les pétales se rétrécissent en tous sens, à mesure qu’elles se rapprochent du centre; un rudiment d’anthère se montre au sommet des plus internes; celles qui environnent l’ovaire sont de véritables étamines constituées par un filet et une anthère remplie de pollen. Enfin l’organogénie montre que les parois de l’ovaire ne sont formées que par des organes foliacés qui se développent exactement comme les feuilles. Chez le Pois, le Haricot, la paroi de l’ovaire n’est formée que par une seule feuille dite feuille carpellaire ou carpelle, qui s’est développée comme pour prendre la vernation condupliquée, mais dont les bords se sont réunis en naissant; chez la Verveine, la Sauge,

PHANÉROGAMES OU EMBRYONNÉES.

les parois de l’ovaire sont formées par deux feuilles carpellaires nées en face l’une de l’autre et qui se sont réunies bords à bords; chez le Lis, la Capucine, l’Euphorbe, ces parois sont constituées par trois feuilles carpellaires; chez VEpilobium spicatum, le Phyladelphus coronarius, elles sont formées par quatre feuilles carpellaires; chez la Primevère, le Cerastium, le nombre des feuilles carpellaires est de cinq, etc. Lorsque ces feuilles carpellaires ont formé la cavité ovarienne, leur partie terminale s’allonge souvent en style et se termine par une surface glanduleuse à laquelle on a donné le nom de stigmate. Dans les Nigelles, les Aconits, les Pieds-d’alouette, etc., les bords des carpelles ne se sont pas réunis les uns aux autres en naissant; les carpelles restent indépendants les uns des autres. Le nombre de ces carpelles libres est variable , selon les plantes : on en trouve deux dans 1 eGaridella nigellastrum; trois dans YHelleborus fœtidus, le Menispermum canadense, quatre dans quelques Thalictrum, cinq dans l’Ancolie, le Crassula. Outre ces divers appendices qui se trouvent dans les fleurs, on en voit encore d’autres qui se présentent sous forme de lames, de filets, de renflements glanduleux, et se montrent tantôt entre le calice et la corolle, tantôt entre la corolle et les étamines, tantôt encore entre les étamines et le gynécée. Quelle que soit leur forme, ils composent ce qu’on est convenu d’appeler un disque.

Les folioles de la fleur sont soumises à toutes les lois de la phyllotaxie. Elles sont opposées, ou verticillées, ou alternes, disposées sur une ligne spirale.

Cette transformation ou métamorphose naturelle de feuilles en bractées, de bractées en sépales, de sépales en pétales, de pétales en étamines, etc., était appelée par Gœthe métamorphose réguhèfe ou ascendante; la transformation d’étamines en pétales, de pétales en sépales, etc., était appelée 'métamorphose irrégulière ou descendante ; en li n la métamorphose opérée par suite d’une circonstance extérieure ou accidentelle était la métamorphose accidentelle.

Fig. 255. — Coupe verticale d’une fleur de Crassula.

FLEUR

Les horticulteurs ont remarqué que chez les plantes cultivées, les métamorphoses sont plus nombreuses, et ils ont imaginé des procédés pour multiplier ces métamorphoses, pour obtenir des fleurs doubles, qui deviennent plus agréables à l’œil. On trouve, dans les jardins, des Primevères dont la calice a les dimensions et la couleur de la corolle, des Campanules à corolle multipliée, des Roses à très-nombreux pétales, des Roses trémières qu’une portion des étamines transformées en pétales fait ressembler à de grosses cocardes, des Soucis, des Dahlias, h fleurons transformés, etc.

Préfloraison. — Les différentes parties de la fleur se disposent et s’agencent dans le bouton comme les feuilles dans le bourgeon; celte disposition, constante dans les fleurs d’un même genre de plantes, prend le nom de préfloraison. La préfloraison est :

Valvaire, lorsque les folioles d’un même périanthe ne se touchent que par leurs bords. Ex. : calice du Tilleul, de la Mauve; corolle du Chardon, de la Vigne. Chaque foliole peut affecter la préfoliation induplicative ou réduplicative .

Tordue ou contournée, lorsque chaque foliole est recouverte en partie par une voisine et recouvre en partie l’autre. Ex. : Calice du Cyclamen ; corolle du Lin, du Géranium.

Alternative, quand les pièces d’un même périanthe sont sur deux vertici Iles, et que celles du verticille extérieur recouvrent celles du verticille intérieur. Ex. : périanthe des Epimedium ; corolle des Diclytra.

Imbriquée, lorsque les folioles d’un même verticille ont celle disposition : deux voisines sont, l’une extérieure, l’autre intérieure; toutes les autres sont en préfloraison tordue. Ex. : double périanthe du Lis; calice des Pyroles.

Qumconciale, lorsque les cinq folioles d’un périanthe ont celte disposition : deux sont extérieures, deux intérieures, une moitié intérieure, moitié extérieure. Ex. : calice de la Rose, de l’Ancolie; corolle du Leiophyllum.

Vexillaire, lorsque les cinq folioles d’un périanthe ont celle disposition : l’une est extérieure; ses deux voisines, moitié intérieures, moitié extérieures; les deux autres, intérieures par un côté, se recouvrent par l’autre côté. Ex. : corolle des Pois, des Haricots.

PHANÉROGAMES OU EMBRYONNÉES.

Et cochléaire, lorsque les cinq folioles d’un périanthe ont celte disposition : l’une est intérieure; ses deux voisines, moitié extérieures, moitié intérieures ; les deux autres, extérieures par un côté, se recouvrent par l’autre côté. Ex. : corolle de Verveine, de Sauge.

Dans les Pavots, les Roses trémières, les pétales se plissent sur eux-mêmes dans le bouton, et méritent l’épithète de chiffonnés.

Les étamines dont le filet est long affectent aussi dans le boulon une préfloraison caractéristique des genres. Dans les Clerodendron, les filets sont enroulés d’arrière en avant; dans plusieurs genres de Rosacées, de Tiliacées, de Portulacées, etc., les filets des étamines, les styles, s’enroulent ou se coudent chacun selon son caractère particulier.

Épanouissement. — Les fleurs s’épanouissent le plus souvent dans l’ordre de leur apparition; cette règle ne souffre que quelques exceptions. Le moment de cet épanouissement varie pour chaque plante avec le climat, l’époque, la disposition de l’atmosphère, le jour, la nuit, l’heure. De telle sorte que Linné a pu, avec raison, établir un calendrier de Flore, une horloge de Flore; Bierkander a même établi un hygromètre de Flore. L’expérience a démontré que pendant l’épanouissement de certaines fleurs, il y a une production assez considérable de chaleur; il a été constaté par plusieurs observateurs que pendant l’épanouissement de Y Arum maculatum, le thermomètre centigrade s’élevait à 9 degrés au-dessus de la température de l’air ambiant.

Position de la fleur. — On distingue, dans une fleur, sa partie antérieure , sa partie postérieure et ses parties latérales. La partie antérieure est celle qui, dans le jeune bouton, est en face de la bractée ou de la feuille ii l’aisselle de laquelle la fleur est née ; la partie postérieure est diamétralement opposée ; les côtés sont h droite et h gauche. La position n’est pas toujours facile à déterminer dans les Heurs adultes, car le pédoncule peut se tordre sur lui-même, comme cela' se voit chez plusieurs Orchidées, et faire apparaître comme partie antérieure ce qui, en réalité, n’est que partie postérieure.

Calice. — Le calice est le périanthe externe de la fleur. Le nombre de folioles ou sépales qui le composent varie avecchaque plante : il en existe deux dans le Glaucium (lavum, trois dans

FLEUR

l’Oseille, quatre clans la Giroflée, cinq dans la Rose, un grand nombre dans le Nymphœa alba. Ces folioles sont le plus souvent vertes, parfois colorées en rouge, comme dans certains Fuchsia; en bleu, comme dans l’Aconit, etc., etc. Elles sont, dans la trèsgrande majorité des cas, dépourvues de gaine et de pétiole, réduites à un limbe dont la composition anatomique rappelle celle d’une feuille. Elles peuvent être égales ou inégales et de figures diverses; prendre la forme d’un capuchon, comme le fait le sépale postérieur de l’Aconit; s’allonger en éperon, comme l’un des sépales du Pied-d’alouette, etc.

Calice polysépale. — Calice gamosépale. — Un calice polysépale est celui dont les folioles sont libres de toute adhérence entre elles, de sorte qu’on peut en arracher une sans en enlever d’autres. Un calice gamosépale est celui dans lequel les folioles sont réunies par leurs bords, dans une portion plus ou moins élevée. Dans ce cas, la portion basilaire du calice devient un tube, la partie terminale et libre des folioles constitue le limbe, la portion intermédiaire ou ouverture du tube est appelée la gorge du calice. Les bords du calice gamosépale peuvent, comme ceux des feuilles, être entiers ou présenter des dents, des fentes, des divisions, des lobes de toutes formes, qui indiquent ordinairement le nombre des folioles composantes.

Apparition des sépales. — Qu’un calice doive être polysépale ou gamosépale, les folioles qui le constitueront se montrent tout d’abord distinctes. Elles naissent sous forme de mamelons, sur les bords du réceptacle floral, ordinairement l’une après l’autre; de bas en haut, si elles s’insèrent selon une ligne spirale et sur un réceptacle convexe ; de haut en bas, si la spirale s’enroule sur un réceptacle concave; de la périphérie au centre, si la spirale se développe sur un réceptacle plan ;deux par deux, si elles sont opposées. Lorsque le calice est polysépale, elles grandissent isolément; s’il est gamosépale, l’extrémité seule des folioles reste libre, les bords se réunissent deux à deux en naissant, de sorte que le calice se soulève sur les bords du réceptacle, comme le ferait un cylindre ascendant à bords supérieurs divisés.

Insertion. — Lorsqu’on arrache les sépales d’un Fuchsia, d’un Géranium, ils laissent une trace en forme de croissant qui indique la forme de l’insertion, et ces croissants, placés bout à

592 PHANÉROGAMES OU EMBRYONNÉES.

bout, limilent un cercle régulier. Mais il arrive parfois que le réceptacle de la fleur s’élève d’un côté, emportant quelques-uns des sépales, tandis que de l’autre côté il reste stationnaire; parfois aussi les sépales sont insérés sur une ligne spirale dont le pas est considérable. Dans l’un et l’autre cas, les insertions des sépales ne sont plus au même niveau, et dans le premier cas il se trouve, entre le réceptacle et le sépale, un vide plus ou moins grand qui donne h l’insertion la forme que Payer avait, avec beaucoup de justesse, comparée à celle d’un fer à cheval.

Régularité. — Irrégularité. — Lorsqu’un sépale peut être partagé dans sa longueur en deux moitiés symétriques, il est régulier ; dans le cas contraire, il est irrégulier. Un calice est régulier lorsque ses folioles ou les divisions du calice gamosépale sont égales entre elles, insérées h la même hauteur et à égale distance les unes des autres, ou encore lorsque les inégalités de forme ou d’insertion se succèdent, autour du centre de la fleur, suivant une loi uniforme. 11 est irrégulier lorsque les inégalités de forme et d’insertion ne sont pas soumises à une loi uniforme (Payer). Le Fuchsia, la Giroflée, le Chimonan thus, ont des fleurs à calice régulier; la Sauge, la Verveine, l’Aconit, le Pied-d’alouette, ont des fleurs à calice irrégulier.

La régularité, comme l’irrégularité, peut se manifester h la naissance du calice, ou plus tard. Ainsi, le calice de la Verveine, né irrégulier, reste toujours tel; le calice du Pélargonium, né régulier, devient plus tard irrégulier; le calice du Cleome spinosa, né irrégulier, devient plus tard régulier. L’atrophie d’une ou plusieurs folioles d’un calice peut être normale chez certaines plantes, ou être déterminée par une pression exercée par des parties environnantes qui empêchent le cours de la végétation.

Symétrie. — Insymétrie. — Un sépale qui est régulier est symétrique; un sépale qui est irrégulier est insymétrique. Un calice symétrique est celui qui peut être partagé par un plan vertical en deux moitiés symétriques; il est insymétrique dans le cas contraire (Payer). Le calice des fleurs de la Verveine, de l’Aconit, de la Sauge, bien qu'irrégulier, est sy-

Fig. 256. — Calice irrégulier et persistant de la Sauge.

FLEUR

métrique; le calice des fleurs du Chimonanthus, du Nymphœa alba, bien que régulier, est insymétrique.

Usage du calice. — Dans la grande majorité des fleurs, le calice est au bouton ce que sont les écailles au bourgeon, c’està-dire un organe de protection.

Durée du calice. — Le calice peut se détacher du réceptacle aussitôt que la fleur s’épanouit (ex. : Pavot). Dans ce cas, il est caduc. 11 est marcescent s’il se dessèche sans tomber, ex. : Muflier. Le plus souvent il se détruit avec les autres parties de la fleur, lorsque l’ovaire devient fruit. Le calice qui persiste autour du fruit, après la fleur, et qui s’accroît, est dit accrescent: tantôt il enveloppe le fruit, comme on le voit dans l’Alkékenge, et forme ce qu’on nomme une induvie ; tantôt il devient succulent, et forme, dans ce qui est appelé vulgairement le fruit du Mûrier noir, par exemple, la partie extérieure et la plus charnue.

Plantes sans calice. — Un grand nombre de plantes appartenant à l’ordre des Composées, des Rubiacées, des Valérianées, sont dépourvues de calice; leurs fleurs sont asépales. Les poils qui, chez quelques-unes d'entre elles, occupent la place du calice, ont été, à tort, considérés comme des parties calicinales. Le périanthe simple et ordinairement coloré de ces plantes constitue une véritable corolle. Payer, et tous les observateurs qui ont suivi convenablement le développement de la fleur dès la naissance de chacune de ses parties, ont remarqué que le calice naît avant la corolle, la corolle avant l’androcée, l’androcée avant le gynécée; que les parties qui constituent le disque, au contraire, bien que se montrant en dehors de la corolle, peuvent naître après elle ou après tout autre verticille placé derrière elle. Payer a aussi remarqué que les sépales se montrent successivement, tandis que les pétales se montrent simultanément. Ces règles, qui n’ont que peu d’exceptions, permettent de distinguer un calice d’une corolle, et montrent que les poils dits calicinaux des Composées, qui naissent après la corolle, appartiennent plutôt à un disque extérieur qu’à un calice.

Corolle. — La corolle est le périanthe interne de la fleur. Le nombre de folioles ou pétales qui la composent varie avec chaque plante. Sauf quelques exceptions, ce nombre est égal à celui des pièces du calice. Les pétales forment souvent un ver-

594 PHANÉROGAMES OU EMBRYONNÉES.

ticille unique; niais chez le Corydalis, le Diclytra,\n Fumeterre, le Mahonia, V Epimedium, etc., ils forment deux verticilles. Us sont rarement verts ; peuvent prendre toutes les couleurs, mais n’offrent jamais une teinte noire. Tantôt ils sont constitués par une foliole réduite au limbe, comme cela se voit dans la Rose ; tantôt, comme dans la Saponaire, l’OLillet, le pétale se compose d’une sorte de pétiole appelé onglet , par lequel il est attaché, et d’une partie terminale, aplatie, nommée lame. La composition anatomique des pétales rappelle celle des sépales, et par conséquent celle de la feuille : mais leur texture est généralement trèsdélicate, leurs nervures ne contiennent souvent que des trachées; les cellules de leur parenchyme ontsouvent une forme identique; les deux surfaces épidermiques sont parfois riches en stomates, et leurs cellules superficielles affectent, sur certaines corolles, la forme de petits cônes qui communiquent l’aspect d’un riche velouté. Les pétales odorants contiennent ordinairement, dans de petits réservoirs glanduleux, une huile très-volatile ;ce sont ces petits réservoirs qu’on aperçoit facilement sur la Gorolle blanche de la fleur d’Oranger. Comme les sépales, les pétales sont égaux ou inégaux, entiers ou divisés, plans ou concaves, ou formant éperon; en un mot, ils sont susceptibles de prendre toutes les formes. Parfois ils se garnissent d’écailles, de lamelles, de franges. Ainsi, la Renoncule scélérate, la Renoncule amplexicaule, ont des pétales qui portent de petites écailles au-dessus de l’onglet; les pétales de l’Épine-vinette ont deux appendices glanduleux à leur base; les pétales du Silene pendula, du Lychnis dioica, portent un appendice entre l’onglet et le limbe, etc.

Corolle polypétale. — Corolle gamopétale. — Une corolle po/ypétale est celle dont les folioles sont libres de toute adhérence entre elles. Une corolle gamopétale ou monopétale est celle dans laquelle les folioles sont réunies plus ou moins haut par leurs bords. On remarque, dans la corolle gamopétale, comme dans le calice gamosépale, un tube, un limbe et une gorge. La gorge est souventgarnie de poils ou de pièces qui contribuent ü l’élégance de la fleur. Le limbe est ordinairement partagé en un certain

Fin. 257. — Pétale d’Épine-vinette avec ses deux appendices glanduleux.

FLEUR

nombre de dénis, de lobes ou de divisions, qui ne sont que l’extrémité des folioles dont l’ensemble forme la corolle. Le tube des corolles gamopétales est staminifère, c’est-à-dire qu’il porte, à l’intérieur, des étamines qui ont toute l’apparence d’y être insérées; ce n’est là, en effet, qu’une apparence, car ces étamines sont nées sur le réceptacle, mais elles sont soulevées plus tard avec la corolle, par un phénomène d’entrainement (1).

Apparition des pétales. — Qu’une corolle doive être polypétale ou gamopétale, les folioles qui la constitueront se montrent tout d’abord distinctes. Elles naissent sous forme de mamelons, sur les bords du réceptacle floral, en dedans ou au-dessus des mamelons qui constitueront plus tard les sépales; elles apparaissent le plus souvent toutes en même temps.

Insertion et position des pétales. — L’insertion des pétales présente ordinairement la forme d’un croissant, comme celle des organes appendiculaires; ce croissant apparaît d’autant plus développé, après la chute du pétale, que les nervures principales de la base de ce pétale sont plus distinctes, mieux séparées; le croissant est d’autant plus petit, que les nervures principales de l’onglet sont plus rapprochées ou conjointes.

Lorsqu’une fleur a deux périanthes formés chacun d’un seul verticille, que l’un est un calice, l’autre une corolle, les pétales sont placés en face de l’intervalle qui sépare deux sépales voisins, ou, autrement dit, alternent avec les sépales. Il y a cependant quelques exceptions : ainsi, les Ternstrcemia ont les pétales placés en face des sépales, et comme leur insertion se fait plus haut sur le réceptacle floral, on dit qu’ils leur sont superposés.

Régularité. — Irrégularité. — Symétrie. — Insymétrie. — Tout ce qui a ôté dit plus haut sur la régularité ou l’irrégularité, lasymétrieou l’insymétrie des sépales et ducalice, peut s’appliquer aux pétales et à la corolle. Les corolles de la Bryone, du Tabac, de la Bruyère, peuvent être données comme exemples de corolles régulières ; celles de la Sauge, du Haricot, de la Germandrée, de la Scabieuse, sont des exemples de corolles irrégu-

(') Il y a exception pour quelques corollos gamopétales, telles que colles des Bruyères. Dans ces flenrs, les étamines sont parfaitement libres, sans connexion avec la corolle.

596 PHANÉROGAMES OU EMBRYONNÉES.

lières. Les corolles de la Sauge, du Haricot, de la Germandrée, sont symétriques, bien qu’irrégulières ; les corolles du Nénuphar, du Magnolia, sont insymétriques, bien que régulières.

Usage de la corolle. — La corolle sert d’enveloppe aux organes reproducteurs. Dans quelques cas, elle sécrète un liquide qui a la propriété d’attirer les insectes; ceux-ci deviennent dès lors des agents souvent indispensables à la fécondation. Enfln, c’est ordinairement la partie de la plante qui nous est le plus agréable par l’in Unie variété des couleurs et la suavité des parfums.

Durée de la corolle. — La corolle n’a souvent qu’une durée éphémère; elle tombe, en général, lorsque la fécondation s’est effectuée. Chez les Lins, elle se détache ordinairement dans la journée même de son épanouissement; chez les Tigridia, la fleur, épanouie au milieu de la journée, se fane avant le soir ; chez les Bruyères, au contraire, la corolle est longtemps persistante

Plantes sans corolle. — Beaucoup de plantes, telles que les Lauriers, les Orties, les Ricins, etc., etc., n’ont pas de corolle ; ces plantes sont dites apétales. L’absence des pétales a servi de caractère négatif à de Jussieu pour créer son groupe de YApétalie. On sait aujourd’hui qu’il n’existe presque pas de familles naturelles qui ne renferment à la fois des plantes munies d’une corolle et des plantes sans corolle. Le manque de corolle dans les fleurs de nos arbres forestiers a pu faire commettre cette erreur, encore assez répandue, de croire que ces arbres ne fleurissent pas.

Différentes formes de la corolle. — Bien que la corolle puisse prendre toutes les formes, et que les épithètes, quelque nombieuses qu’on les fasse, soient insuffisantes à les caractériser, il est d’usage, dans les descriptions, d’en adopter quelques-unes, qui ont été, pour la plupart, employées par Tournefortdansson système de classification. Une corolle rosacée est une corolle régulière, composée de trois, quatre, cinq, six sépales sans onglet, comme celle de la Rose. Une corolle cruciforme est une corolle composée de quatre pétales en croix, munis d’un onglet, comme celle de la Giroflée, du Chou. La corolle caryophyllée est une corolle polypétale, régulière, formée de cinq pétales à long onglet caché par le calice, comme eellè de la Saponaire, de l’Œillet, de la Nielle des blés. La corolle papilionacée esl unecorolle polypétale, irrégulière, composée de cinq pétales disposés de cette

FLEUR

manière : un est postérieur, très-large, et s’appelle Y étendard ; deux sont'latéraux et portent le nom à' ailes ; deux sont antérieurs, rapprochés ou réunis par leurs bords, et forment une sorte de nacelle qui s’appelle la carène : les Pois, les Ilaricols, ont une corolle pa pi I ionacée. La corolle est urcéolée oucn grelot, lorsque son tube, renflé à la base, est globuleux, avec un limbe peu marqué, comme celle du Myrtille. La corolle tubuleuse est celle dont le tube est cylindrique et le limbe non étalé, comme celle de la Consolide. La corolle est in fundibuli forme, lorsque son tube a la forme d’un entonnoir, comme celle du Tabac, du Grémil, de la Jusquiame. La corolle hxjpocratêriforme est celle dont le tube, qui est allongé, cylindrique à la base, s’évase au sommet, comme celle du Lilas, de la Pervenche. La corolle rotacée ne diffère de la précédente que par son tube très-court: le Gallium, la Bourrache, l’Alkékenge, ont des corolles rotacées. La corolle campanulacée ou campanulée a la forme d’une cloche, comme celle de la Campanule, de l’Orcanette. Les épithètes urcéolée, tubuleuse, infundibuliforme, hypocratériforme, rotacée, campanulée, ne peuvent s’appliquer qu’à des corolles gamopétales et régulières.

La corolle ligulée est celle dont le tube est fendu d’un côté, et dont le limbe se déjette en lame dentée du côté opposé : telles sont les corolles de la Laitue, du Pissenlit, du Souci, du Salsifis. La corolle labiée est celle dont le limbe est partagé transversalement en deux parties bien distinctes, nommées lèvres; l’infé-

Fig. 258. — Bouton de la fleur papilionacée du Mélilot.

ricure comprend ordinairement trois divisions plus ou moins inégales, la supérieure comprend les deux autres divisions libres ou réunies: la Sauge, la Germandrée, l’Ortie blanche, ont des corolles labiées. La corolle personnée est une corolle labiée dont l'entree du tube est fermée par un bourrelet de la lèvre inférieure appelé palais: telles sont les corolles du Muflier, de la Linaire. Les épithètes ligulée, labiée, personnée, ne peuvent s’appliquer qu’à des corolles gamopétales, régulières. Nous le répétons, ces épithètes sont loin de caractériser toutes les formes de la corolle-, on les réunit souvent deux à deux, et l’on en fait un mol

598 PHANÉROGAMES OU EMBRYONNÉES.

composé pour caractériser certaines formes que ne peut désigner un mot simple; enfin, il est de ces formes qu’une description longue peut seule indiquer.

Fig. 259. — Pleui’ à corolle ligulée.

a, corolle déjetée ; b, style ; c, stigmates ; d, niveau de l’ovaire.

Fig. 260. — Fleur a corolle labiée de la Sauge.

Fig. 261. — Fleur à corolle labiée de la Germundrée.

Fig. 262. — Capitule de Scabieuse. (Les Heurs out la corolle labiée.)

Inégal développement de la corolle dans les groupes de fleurs. — Lorsque les fleurs sont disposées en capitules, leurs corolles

FLEUR

peuvent être ou ne pas être également développées. Ainsi, dans le Chardon, le Carthame, toutes les fleurs qui composent le capitule ont une corolle régulière, tubuleuse; dans le Pissenlit, la Chicorée, toutes les fleurs qui composent le capitule ont une corolle ligulée; dans le Tussilago farfara ou Pas-d’âne, les fleurs de la périphérie sont les seules à corolle ligulée; toutes les autres ont une corolle régulière tubuleuse; enfin les capitules du Mutisia, du Moscliaria, sont composés de fleurs dont la corolle est bilabiée.

Aindrocée. — L 'androcée est l’ensemble des étamines. Une étamine est une feuille modifiée, dans laquelle on reconnaît le plus souvent trois parties distinctes :

un filet, qui est la partie ordinairement grêle par laquelle l’étamine est attachée au réceptacle; une anthère, sorte de poche terminale; le pollen, poussière fécondante contenue dans l’anthère. Le nombre des étamines varie avec chaque plante : on en trouve une seule dans VHippuris vulgaris, deux dans le Pimelea, trois dans l’Iris, quatre dans la Carance, cinq dans le Tabac, six dans l’Oseille, etc. Il peut même s’en trouver un nombre trèsconsidérable. Linné a remarqué que tant que ce nombre ne dépasse pas douze, il est assez constant pour les fleurs du même genre; mais que lorsqu’il dépasse douze, il est sujet il varier. Le nombre des étamines est égal ou inégal à celui des pièces du calice ou de la corolle.

Dans le premier cas, la fleur est dite ùostc-

mone (de ïooç, égal, etormuv, étamine); dans » iin • . # /i Fw. 264. — Fleur rie

le second, la fleur est amsostérnone (de nmcica.

Fig. 263. — Fleur et coupe verticale d’une fleur à corolle régulière d’ Armoise. (Les étamines sont synantliérées, portées sur la corolle.

L’ovaire est représenté stérile.)

GOO PHANÉROGAMES OU EMBRYONNÉES.

àviaoç, inégal...). Si ce nombre est double de celui des sépales ou des pétales, la fleur est diplostémone (d e «Swrxôoç, double...); s’il en est plus que double, la fleur est polijstémone (de ttcàù;, nombreux...) ; s’il est moindre que le nombre des sépales, la fleur est méiostémone (de moindre...). Parmi les étamines qui composent un androcée, il peut s’en trouver qui soient réduites à un filet plus ou moins développé, manquant d’anthère. On réserve le nom de staminodes à ces étamines atrophiées. La plupart desBignoniacées ont une étamine postérieure réduite à un staminode. tandis que chez les Erodium, les staminodes occupent la place de cinq étamines superposées aux pétales. Comme les autres verlicilles delà fleur, les étamines sont disposées sur le réceptacle en verticille ou en spirale; le verticille, comme la spirale, est unique ou multiple.

Étamines libres, monadelphes, polyadelphes. — Toutes les étamines qui composent un androcée peuvent être libres comme les sépales, les pétales d’un calice polysépale ou d’une corolle gamopétale: telles sont celles de l’Ancolie. Elles peuvent être aussi réunies entre elles, et former un tube comme celui d’un calice

Mg. 2G5. Fleur de Mauve. Fig. 266. — Fleur de Mctia azcdarach , et une (Les étamines sont monadelphes.) • coupe verticale. (Les étamines sont'monadel-

plies.)

gamosépale ou d’une corolle gamopétale. Si ces étamines sont réunies bords à bords par leurs filets, elles constituent des étamines monadelphes : telles sont celles de la Mauve. Si elles sont réunies parleurs anthères, elles constituent des étamines synan-

FLIilllï.

thérées : telles sont celles des Chardons. Si les étamines réunies par leurs filets forment deux groupes, deux phalanges, elles sont diaclelphes : telles sont celles du Haricot. Si elles forment trois phalanges, elles sont triadelphes ; telles sont celles des Melons. Si elles forment un grand nombre de phalanges, elles sont polyadelphes : telles sont celles de l’Oranger, du Ricin.

Apparition des étamines. — Les étamines apparaissent sous forme de mamelons, toujours après les pétales. D’après Payer, si elles sont rangées en spirale, elles apparaissent l’une après l’autre, delà circonférence au centre, dans l’ordre de leur succession sur la spirale; si elles ne forment qu’un seul verticille, elles apparaissent toutes en même temps ; si elles forment plusieurs verlicilles dans une fleur régulière, elles apparaissent toutes en même temps pour chaque verticille, mais successivement pour chacun d’eux, en commençant parle plus Agé : les vertici lies sont d’autant plus jeunes, qu’ils sont théoriquement plus élevés sur le réceptacle. Le mamelon primitif devient plus tard 1 anthère ; il est soulevé au-dessus du réceptacle par un pied qui constitue le filet. Si le filet ne se développe pas ou reste trèscourt, 1 anthère est sessile. Un mamelon staminal peut se partager en deux, trois, quatre, etc., mamelons secondaires, qui deviennent autant d’étamines distinctes.

Insertion et position des étamines. — Les étamines, comme tous les organes appendiculaires, s’insèrent sur l’axe, et l’axe est ici le réceptacle de la fleur. L’insertion est immédiate lorsque le filet est indépendant de la corolle; elle est médiale si le filet est entraîné avec la corolle, comme nous l’avons vu pour la plupart des corolles gamopétales. L’endroit de l’insertion, quoique toujours le même, n’a pas toujours le même rapport ' avec celui des feuilles carpelt laires; le rapport change avec i la forme du réceptacle. Le ré- ] ceptacle est-il convexe, l’inser-

l' in. 207 . ( .orolle étalée ilu Moiycinthcs

trifoliata. (Les étamines semblent liées sut' la corolle.)

lion des feuilles carpellaires se fait au-dessus de celle des étamines; l’ovaire est par conséquent au-dessus de l’androcée, et

1IOCQUILLON. ....

602 PHANÉROGAMES OU EMBRYONNÉES.

les étamines sont dites hypogynes (de üwô, sous, et -vuvr,, femme, | femelle). Le réceptacle est-il concave, le périanlhe et les étamines i peuvent s’insérer sur les bords de la concavité, et les feuilles carpellaires prendre naissance dans le fond ; dans ce cas, l’ovaire est presque au niveau ou au-dessous de l’insertion des étamines : ces étamines sont alors dites périgynes (de «pi, autour, etc.), ou épigynes{ de inl, sur, etc.) (1).

Fig. 268. — Fleur étalée du Tilleul.

(Les étamines sont hypogynes.)

Fig. 269. — Fleur du Lierre.

(Les étamines sont épigvnes.)

Lorsque l’androcée ne se compose que d’un verticille d’éta--: mines, ces organes sont alternes avec les pétales. Ex. : Fenouil, Persil, Seringat, Tabac, Bourrache, etc., etc. Cependant, dans la Vigne, le Samolus, les Primevères, etc., les étamines sont superposées aux pétales. Tantôt, comme dans les Géranium , où l’androcée se compose de deux verticilles, l’un a scs étamines

Fig. 270. — Fleur du Mclalcuta j imlcliclla vue en dessus et en I dessous. (Les faisceaux il étn- I mines sont superposés aux f pétales.)

alternes avec les pétales, l’autre les y a superposées. Tantôt, dans l’Amandier par exemple, où il existe plusieurs verticilles,- r

(1) Pour de Jussieu, l'insertion périgyne consistait dans l'insertion des étamines | | sur le calice, et l’insertion épigync dans l'insertion des étamines sur le sommet de l'ovaire.

FLEUK.

les uns ont leurs étamines superposées, les autres alternes. Si les étamines sont réunies en faisceaux, ces faisceaux peuvent être, s’ils sont en nombre égal à celui des pétales, alternes i avec les pétales (ex. : Sparmannia) , ou superposées (ex. : Myrtes, | Melaleuca).

Régularité. — Irrégularité. — Symétrie. — Insymétrie. — L’androcée est régulier ou irrégulier, symétrique ou insymétrique dans les mêmes circonstances que la corolle et le calice. L’androcée du Crassula, celui du Géranium , de la Giroflée, du Magnolia sont réguliers; l’androcée de l’Ortie blanche, celui du Muflier, de la Violette, sont irréguliers; l’androcée du Crassula, du Géranium, de la Giroflée, de l’Ortie blanche, etc., est symétrique ; celui des Magnolia est insymétrique.

Usage de l’androcée. — L’androcée est, pour les plantes phanérogames, l’ensemble des organes reproducteurs mâles. La partie essentielle, celle à laquelle est dévolu le pouvoir fécondant, est le pollen.

Durée des étamines. — Les étamines ne vivent que jusqu’à l’époque de la fécondation. A partir de cette époque, elles n’ont, plus raison d’être; elles se flétrissent, se desséchent et tombent ordinairement.

Différentes formes dans les parties constituantes de l’étamine. — Le filet est, comme tous les organes appendiculaires, susceptible de prendre toutes les formes; le plus souvent, il est grêle et arrondi. Nous avons vu plus haut que les filets des étamines d’un même androcée peuvent être libres ou réunis. Us peuvent être assez longs pour que les étamines dépassent la hauteur de la corolle, ou assez courts pour que les étamines restent cachées : dans le premier cas, on dit des étamines qu’elles sont saillantes ou exsertes ; dans le second, qu’elles son t incluses.

I Lorsqu’il existe beaucoup d’étamines dans une fleur, les filets sont souvent inégaux. Dans l’Ortie blanche, la Germandrée, on trouve quatre étamines : deux ont un long filet et les deux autres un filet plus court; elles sont didynames (de <S"iç, deux, et Wvap.tç, puissance). Dans la Giroflée, le Chou, le Navet, on trouve six étamines : quatre, disposées par paires, sont les > plus longues; les deux autres, isolées, sont les plus petites. On dit de ces étamines qu’elles sont tétradynames. Les filets ont une

60/i PHANÉROGAMES OU EMBRYONNÉES.

direction le plus souvent dressée, mais ils peuvent être infléchis,

coudés, courbés, etc., dans la préfloraison.

L'anthère est, le plus souvent, un corps globuleux, creux, partagé par une cloison verticale en deux loges remplies de pollen. On dit, dans ce cas, que l’anthère est biloculaire. Les deux loges sont ordinairement réunies par une partie qui prolonge le filet, et qu’on appelle le connectif. La forme des loges, la manière dont elles sont attachées, la forme du connectif, varient à l’infini. Les anthères de la Mauve, de la Guimauve, sont uniloculaires; celles du Pachystemon sont triloculaires; celles du Cannellier quadriloculaires. Une loge d’anthère, quelle qu’elle soit, présente une solution de continuité par laquelle s’échappe le pollen. Le plus souvent cette solution est une fente longitudinale (ex. : étamines du Lis, de l’Iris, du Tabac, de l’Ancolie, etc., etc.); parfois c’est une fente transversale, comme dans la Mercuriale. Chez la Pomme de terre, la Douce-amère, les Bruyères, les Senerilla, etc., la déhiscence se fait au sommet des loges, par une fente très-courte ou un trou, et estdite apicilaire. Chez l’Épine-vinette, les Lauriers, les ouvertures qui donnent passage au pollen sont déterminées par le soulèvement d’une valvule; la déhiscence est dite valvicide. On distingue,

Fin. 271. — Étamine d’Épine- Fin. 272.— Étamines do Lauruscamvinette. (Déhiscence valvicide.) phora. (Quatre loges, déhiscence

valvicide, étamines atrophiées.)

dans une anthère, un dos et une face. Le dos est le côté de l’anthère sur lequel se voit le connectif, entre les loges; la face est celui sur lequel les deux loges, très-rapprochées l’une de l'autre, ne laissent pas voir le connectif. La déhiscence d’une étamine est introrse, lorsqu’elle se fait sur la partie de l’anthère qui regarde le centre de la fleur; elle est extrorse, lorsqu’elle se fait sur la partie de l’anthère qui regarde la périphérie de la

FLEUR

fleur; elle est latérale, lorsqu’elle se fait sur les côtés de l’anthère. Dans ce dernier cas, les deux loges sont ordinairement rapprochées sur les deux faces, de manière que, l’anthère étant

Fig. 273. — Fleur du liescda phyteuma.

(La corolle et le calice sont irréguliers, la déhiscence des étamines est introrse.)

isolée, on ne distingue pas la face antérieure de la face postérieure.

Le pollen se présente ordinairement sous forme de grains arrondis ou allongés, dont les dimensions varient entre 0 ,n ™ , 0 0 8 et.0mm,2, formés d’une enveloppe le plus souvent double, et contenant un liquide granuleux appelé favilla. Quand l’enveloppe est double, l’interne est appelée intine ou endhyménine ; l’externe, extine ou ex hyménine. La première existe chez tous les pollens; la seconde manque parfois. Ce qui varie encore dans le pollen, c’est la couleur: il est jaune dans le Lis blanc, bleu ou violet dans certaines Tulipes, rouge dans certains Géraniums, orangé chez quelques Lis. C’est l’aspect de la surface:

tantôt celle surface est lisse ; tantôt elle présente des pointes, des saillies, des plis. Dans ce cas, les accidents de la surface sont toujours dus à l’exhyménine, l’endhyméninc étant lisse et la même poulies différents grains de pollen. Parfois, dans le Liseron, par exemple, l’exhyménine présente :i sa surface une petite rondelle Bocumu.oN. 34.

Fig. 274. — Grains tic pollen du Cornouiller sortis de l'anthère.

Page 1