‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 146 sur 155 · GOG · texte numérisé non relu

GOG

PHANÉROGAMES OU EMBRYONNÉES.

qui peut se soulever, se détacher, et déterminer un trou arrondi qui semble être fait à l’emporte-pièce. Le trou a été appelé un pore, et la petite rondelle un opercule. Le plus souvent le pollen se présente sous forme de grains isolés; mais dans certaines plantes, telles que les Orchidées, les Asclépiadées, les grains sont réunis en masses qu’on désigne sous le nom de masses polliniques. .

Lorsqu’on place du pollen sous le microscope et qu’on l’humecte, l’eau le pénètre, on le voit se gonfler; souvent les différents plis de sa surface s’effacent. Bientôt l’exhyménine,

fio. 275. — Gmins de pollen du forme d’un jet. La favilla contient, avec

les Ketmies, ces corpuscules sont allongés; ils se courbent, se redressent, se coudent, enfin exécutent les mouveménts les plus

Structure anatomique de l’étamine. — Développement du pollen. — La structure anatomique du filet est la même que celle des organes foliacés en général. Cette portion de l’étamine est revêtue de cellules épidermiques dont quelques-unes sont souvent devenues des stomates; le tissu cellulaire sous-jacent est formé d’éléments similaires ; les faisceaux fi bro-vascul ai res occupent l’axe du filet et sont souvent réduits fi quelques trachées.

L’anthère, qui est apparue la première sous forme de mamelon, subit des modifications à sa surface et dans son intérieur. Si l’on prend pour exemple une étamine de forme ordinaire, celle du Lis, on voit le mamelon s’élever peu à peu et le tissu se développer plus sur les parties latérales que sur le centre, ce qui

incapable de renfermer le contenu, se crève, et cela de préférence dans l’endroit des pores. L’endhyménine fait alors hernie par la solution de continuité, et comme elle est de nature très-extensible, l’ampoule herniaire qu’elle produit, s’allonge considérablement, forme un tuyau appelé boyau ou tube pollinique, qui continue l’allongement et finit par crever. Il laisse échapper la favilla sous

Cornouiller imbibés d’eau gommée.

de l’eau, des gouttelettes d’huile et des corpuscules animés de mouvement. Dans

variés.

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détermine, dans ce dernier endroit, sur la face de l’anthère, une dépression longitudinale qui sera plus tard le sillon qui séparera les deux loges. Sur chaque loge, une dépression longitudinale s’établit de la même manière, peu de temps après. Elle correspond, dans l’intérieur, ù une subdivision de la loge et indique la ligne de déhiscence de l’anthère.

Pendant que ces changements se passent à la surface de l’anthère, d’autres s’exécutent dans la profondeur des tissus. Parmi toutes les cellules qui composent d’abord uniquement chacun des quatre renflements de l’anthère, il en est quelques-unes, celles qui occupent l’axe longitudinal, qui prennent un plus grand développement. A une certaine époque, elles ont perdu leur contour polyédrique pour revêtir la forme sphérique, et sont disposées en file verticale à la suite l’une de l’autre, au milieu des autres cellules plus petites et polyédriques.

Chacune des grosses cellules en file se partage en deux ou en un plus grand nombre de parties (selon l’anthère qu’on examine), par suite de la division du nucléus, et cela successivement, de bas en haut. Après ce travail terminé, la file centrale de cellules s’est transformée en un tissu formé d’un plus grand nombre de' cellules à parois fortes, et que de Mirbel a nommées utricules polliniques.

Chacune de ces utricules forme, dans son intérieur, quatre autres utricules qui seront les grains de pollen. Elles sont séparées l’une de l'autre par une faible cloison faite aux dépens du protoplasma de l’utricule pollinique. Jusqu’ici le grain de pollen n’a qu’une enveloppe, et il reste tel dans un petit nombre de plantes aquatiques; en général, il en gagne une seconde, l’exhyménine, qui est la plus externe. Les quatre grains de pollen de l’utricule pollinique grossissent peu à peu, finissent par en rompre les parois et deviennent libres. Cependant il est des cas dans lesquels les grains d’une même ulricule restent réunis, dans les Leschenaultia, par exemple; et si tontes les utricules polliniques restent adhérentes, le pollen forme les masses dont il a été question plus liant sous le nom de masses polliniques.

Le tissu de la poche qui renferme le pollen n’a pas toujours la même composition. Pendant que celui-ci se forme, les parois de

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la poche sont constituées par trois couches de tissus : l’une, externe, est formée de cellules épidermiques et a été appelée exothèque ; une autre, interne ou endothèque, entourant le groupe desutricules polliniques, est formée de cellules allongées d’apparence gélatineuse, qui brunissent sous l’action de la teinture d’iode; enfin, entre ces deux couches, en est une moyenne, ou mésothèque, composée de cellules ordinaires hexagonales. Lorsque les grains de pollen sont constitués, la couche interne ou endothèque a souvent disparu. Les cellules du mésothèque changent d’état; elles s’épaississent intérieurement, les dépôts s'y font par points ou sur des lignes spirales: bref, elles deviennent des cellules fibreuses. L’épiderme ou exothèque ne subit pas de changements bien prononcés. Lorsque, dans certains pollens, les cellules du mésothèque ne deviennent pas fibreuses, l’endothèque persiste (Chatin), mais alors la déhiscence des anthères n’a lieu ordinairement qu’au sommet. Quand une anthère telle que celle du Lis, du Tabac, de la Giroflée, etc., est dans le moment qui précède sa déhiscence, elle est formée de deux grandes loges partagées chacune en deux logettes par une cloison cellulaire qui joint le connectif à la paroi interne de la face antérieure de la logette. Au moment de la déhiscence, celte cloison se détache de la paroi de l’anthère, se rétracte, se retire vers le connectif, et laisse s’établir une communication entre les deux logettes qui, dès lors, ne forment plus qu’une loge. C’est à cette époque que la fleur s’est ordinairement épanouie.

L’air arrive librement sur l’anthère, agit sur son tissu, qui est très-hygroscopique ; fait rétracter le tissu cellulaire épidermique de côté et d’autre de la ligne où s’attachait la cloison, et en détermine la rupture sur cette ligne même. Le tissu formé de cellules fibreuses se rompt dans le même endroit, sous l’épiderme, et comme il est très-élastique, les deux bords de l’ouverture formée se déversent au dehors, entraînés probablement par le retrait des cellules superficielles. Dès lors le pollen n'est plus enfermé, il est prêt ;i être porté sur l’organe femelle.

Gynécée. — Le gynécée est l’ensemble des organes femelles. Un organe femelle s’appelle, en botanique, un pistil. Dans un pistil, on distingue ordinairement trois portions: Yovaire, partie renflée et creuse qui contient les ovules; le style, baguette

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simple ou multiple qui surmonte l’ovaire; le stigmate, portion plus ou moins glanduleuse et terminale du style. Le style et le stigmate ne sont pas indispensables ; ils manquent dans plusieurs pistils. Si le style manque, ou, pour dire avec plus de justesse, est très-court, et que le stigmate existe, celui-ci est sessile.

Pistil unicarpellé. — Pistil pluricar pelle ou syncarpé. — Un pistil peut être formé par une seule feuille carpellaire ou par plusieurs. Dans le premier cas, il est dit unicarpellé; dans le second, il est pluricarpellé ou syncarpé. Quand un pistil est unicarpellé, il peut, à lui seul, former le gynécée : tel est celui du Pois, ou n’en être qu’une portion. 11 n’en est qu’une portion

Fig. 276. — Fleur de Fraisier coupée verticalement.

lorsque le gynécée, tel que celui de l’Ancolie, du Crassula, de la Renoncule, du Fraisier, du Magnolia, du Kadsura Roxbitrgliiana, se compose d’un nombre plus ou moins considérable de carpelles isolés. Le gynécée de ces dernières plantes a ses éléments distincts à la manière d’un calice polysépale, d’une corolle polypétale, d’un androcée à étamines libres. Quand un pistil est pluricarpellé ou syncarpé, il constitue it lui seul le gynécée; les différents carpelles dont il est composé se réunissent bord îi bord en naissant, comme les folioles d’un calice gamosépale, d’une corolle gamopétale, d’un androcée monadelplie. Si l’union se fait sur tout le bord des carpelles, le style est unique ainsi que le stigmate. Si l’union n’a lieu que dans une faible étendue au-dessus de la base, les extrémités des feuilles carpellaires restent distinctes, et constituent, dans la très-grande majorité des cas, autant de styles et de stigmates. Si l’union a lieu

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dans une étendue plus considérable, le style est unique à la base; il se divise plus haut, et les divisions constituent ce qu’on a appelé ses branches. Le plus souvent le style est placé au sommet de l’ovaire, est terminal; mais dans le Fraisier, par exemple, il est sur le côté, et est dit latéral. Dans l’Alchimille, il part de la base de l’ovaire, et est dit basilaire ; dans les Labiées et les Borraginées, le style est situé à la base des quatre lobes ovariens, et est dit gynobasique. L’extrémité des branches du style peut se diviser à son tour, se recouvrir d’un tissu stigmatique : c’est le cas de beaucoup d’Euphorbiacées. Le stigmate est susceptible de prendre toutes les formes, car l’extrémité des styles peut s’effiler ou se renfler, s’aplatir ou présenter une surface concave, se diviser et se subdiviser.

Apparition des feuilles carpellaires. — Les feuilles carpellaires apparaissent, après les étamines sur le réceptacle floral ; qu’elles doivent former plus lard un gynécée syncarpellé, ou un gynécée à carpelles libres, elles se montrent tout d’abord distinctes, comme les sépales et les pétales. En grandissant, chaque feuille carpellaire se soulève, présentant ses deux bords réunis, si elle doit constituer un pistil isolé, ou bien ses bords sont unis à ceux des feuilles carpellaires voisines, si le pistil de la fleur doit être syncarpé. Dans le premier comme dans le second cas, les carpelles forment les parois de la cavité ovarienne.

Nombre des carpelles comparé à celui des pièces du calice ou de la corolle. ■ — Leur insertion. — Les carpelles sont tantôt en nombre égal ii celui des pièces du calice ou de la corolle : c’est ce qui se voit dans le Sedum, le Crassula, l’Aconit; tantôt en nombre plus considérable, comme dans la Renoncule, le Magnolia, le Fraisier; lantôlen nombre moins considérable, comme dans le Pois, le Haricot, l’Amandier. Comme les autres piècesde la fleur, ils sont verticillés ou disposés en spirale; le vertieille, comme la spirale, est unique ou multiple. Si les carpelles sont en même nombre que les pétales et disposés en vertieille, ils sont ordinairement placés en face d’eux.

La partie du réceptacle de la fleur qui porte les carpelles subit, selon les fleurs, de grandes modifications. Comme l’axe d’une inflorescence, cette partie peut, dans le Myosurus, par exemple, s’allonger considérablement en forme d’épi, et porter,

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au lieu de bractées, des feuilles carpellaires rangées eu spirale ; dans le Fraisier, elle est renflée en dôme, comme un réceptacle convexe de capitule ; dans le Kadsura Roxburghiana, elle est renflée de manière à servir d’intermédiaire entre celle du Myosurus et celle du Fraisier; dans la Ronce, les bords du réceptacle se soulèvent après avoir donné naissance au calice, à la corolle et à une partie des étamines, tandis que le centre reste

Fig. 277. — Fleur de Kadsura Roxburghiana . i, (leur entière; 2, coupe verticale.

stationnaire : de sorle que lorsque la fleur est adulte, le réceptacle floral paraît s’être déprimé fortement au centre; il a la forme d’un réceptacle concave de capitule- Comme dans la Figue, ce qui était le sommet de l’axe est devenu le point le plus bas. En réalité, ici, le sommet organique du réceptacle est plus bas que sa base. Ces différentes modifications du réceptacle expliquent comment les feuilles carpellaires peuvent s’insérer au-dessus ou au-dessous de l’androcée, et constituer des ovaires supères ou infères.

Les différents verticilles de la fleur ne sont pas toujours pressés les uns sur les autres : dans la plupart des Tiliacées exotiques, par exemple, il existe un intervalle notable qui sépare la corolle du calice, l'androcée de la corolle; chez presque toutes les fleurs, un intervalle semblable sépare l’androcée de l’insertion des carpelles; parfois même cet intervalle est trèsconsidérable, le réceptacle s’allonge après avoir donné naissance aux étamines, et, comme on peut le voir dans le Câprier, le gynécée est situé à l’extrémité d’une colonne grêle. Dans ce cas,

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la colonne porte le nom de gynophore. Les styles des Orchidées, des Aristoloches, des Stylidium, sont au contraire tellement rapprochés des étamines, qu’ils font, pour ainsi dire, corps avec elles, et forment une sorte de colonne à laquelle on a donné le nom de gynostème.

Structure anatomique du pistil. — La structure anatomique du pistil a son caractère particulier et différent chez l’ovaire, le style et le stigmate. Les parois de l’ovaire supère étant formées par une ou plusieurs feuilles carpellaires, rappellent, par leur tissu, la structure du limbe chez les feuilles aériennes. On y distingue un épiderme extérieur, avec des stomates; un épiderme interne, à texture plus délicate, le plus souvent sans stomates; une couche moyenne formée de cellules uniformes contenant de la chlorophylle, et traversée par des faisceaux fibro-vasculaires dont la richesse en fibres est extrêmement variable, selon les plantes.

Le style a en général la structure de la feuille, dont il n’est qu’une portion ; cependant, à l’époque de la fécondation, il se produit dans son axe central un tissu formé de cellules lâches, allongées, se disjoignant facilement, qui constitue ce qui a reçu le nom de tissu conducteur.

Le stigmate est uniquement cellulaire; il présente à sa surface des papilles plus ou moins développées, et sécrète une humeur visqueuse qui est appelée â jouer un rôle dans la fécondation.

Durée du pistil. — Après l’acte de la fécondation, le style et le stigmate se dessèchent et tombent le plus souvent; mais l’ovaire persiste, grandit, devient le fruit ou en représente une portion.

Régularité. — Irrégularité. — Symétrie. — Insymétrie. — Un pistil est régulier ou irrégulier, symétrique ou insymétrique, aux mêmes conditions que le calice, que la corolle et que l’androcée.

Du placenta. — Le mot placenta a été emprunté à la zoologie, pour désigner cette partie qui se trouve dans l’intérieur de l’ovaire et qui porte l’ovule ou les ovules. Le placenta unit le réceptacle floral â l’ovule; il est traversé par des vaisseaux qui s’établissent de l’un à l’autre. Comme un axe d’inflorescence, comme uu réceptacle floral, le placenta peut être très-court ou très-allongé, aplati ou globuleux, unique ou divisé. Quelques exemples vont montrer ces modifications.

FLEUR. 613

Dans la Rhubarbe, le Polygonum, l’Oseille, le Noyer, le Poivre, le placenta est très-court, situé à la basede l’ovaire ; il continue visiblement l’axe de la fleur et porte un seul ovule.

Fig. 278. — Coupe verticale d’un pistil de Rhubarbe.

Fig. 279. — Coupe verticale d’un pistil de Comandra paLida,

Dans 1 ü Comandra pallida, le Thesiutn, le placenta s’allonge considéiablement, est placé dans l’axe de l’ovaire et porte trois ovules à son extrémité.

Dans le Santal, le placenta est encore très-allongé et placé dans 1 axe de 1 ovaire, mais les ovules qu'il porte ne sont plus placés à son extrémité, ils occupent le milieu du placenta.

Dans le Mahonia , le placenta est élargi, occupe la base de l’o-

IlOCQUtlXON. or

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va ire, est parfaitement indépendant des feuilles carpellaires et porte plusieurs ovules.

Dans la Primevère, le Samolus (fig. 2/i7), la Lysimaque, le placenta occupe la base de l’ovaire; il est complètement indépendant des feuilles carpellaires, est renflé en dôme et porte un nombre considérable d’ovules.

Dans l’Épine-vinette, le placenta n’est plus parfaitement indépendant, il est, d’un côté seulement, entraîné avec la feuille carpellaire, comme l’étamine est entraînée sur la corolle gamopétale, de sorte que sa coupe présente une direction oblique.

Dans VEpimedium, le placenta a subi plus loin l’enlraînement. il recouvre une partie de la ligne sur laquelle s’est faite l'union des bords de la feuille carpellaire et porte deux rangées verticales d'ovules.

Le placenta subit de même un entraînement plus ou moins grand dans les pistils du Myosurus minimum, du Fraisier, du Kadsura lloxburyhiana, de l’Aconit.

Dans le Pois, le Haricot, le placenta est soulevé de la même manière et garnit toulc la ligne sur laquelle les bords de la feuille carpellaire se sont réunis. Cette ligne est appelée, en langage organograpbique, la suture ventrale du carpelle.

Dans les Daphné , le placenta a été entraîné jusqu’au sommet de l’ovaire, et l’ovule qu’il porte pend du haut de cet organe.

Les pistils d’Epine-vinctte, c VEpimedium , de Myosurus, de

F ig. 28-. — Coupe verticale d tttt pistil d 'Épine-vinette,

1 ig. 283. — Coupe verticale d un pistil VEpimedium*

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Fraisier, d’Aconit, de Fois, ne sont formés que par une seule feuille carpellaire, ils ne présentent par conséquent qu’une suture ventrale. Il est à remarquer que c’est le long de cette suture qu’est entraîné le placenta. Mais lorsque le pistil est pluricarpellé ou syncarpé, il présente plusieurs sutures faites bords à bords, et c’est le long de ces sutures que s’étendent ordinairement les divisions du placenta, lorsque celui-ci se divise. C’est un phénomène analogue qui fait que dans les corolles gamopétales, l’androcée se trouve entraîné par la corolle; chaque étamine, comme ici chaque branche placentaire, monte dans l’intervalle de deux folioles.

Fie, *284. — Coupe verticale d'uue fleur de Daphné gnidium .

Fig. 285. — Coupe horizontale d un ovaire de Peuplier.

Dans le Saule, le Peuplier, le Groseillier, où il existe deux feuilles carpellaires réunies pour former un pistil unique, et où, par conséquent, il se trouve deux sutures, le placenta forme deux branches entraînées chacune le long de ces sutures.

Dans la Violette, la Bryone, le Réséda, la Passiflore, où le pistil est formé de trois feuilles carpellaires, on trouve trois branches placentaires qui, parlant de la base de l’ovaire, se dirigent en divergeant sur les trois sutures et les garnissent.

Dans les Scopolia, le pistil est formé de quatre feuilles carpellaires; les quatre sutures ont entraîné quatre branches placentaires garnies d’ovules.

Dans les Flacourtia, les Papayers, les Cistes, le pistil est formé de cinq feuilles carpellaires ; les cinq sutures ont entraîné cinq branches placentaires garnies d’ovules.

Dans les Pavots, les Cactus, le pistil est formé d’un grand

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nombre de feuilles carpellaires ; il existe un grand nombre de lames placentaires qui s’appliquent sur autant de sutures.

11 a etc vu précédemment que le placenta du Santal s’élève beaucoup plus haut que le niveau d’insertion de ses ovules; dans les Crucifères, VEscholtzia , etc., les placentas s’élèvent aussi plus haut que le niveau d’insertion de leurs ovules, ils dépassent même le sommet des feuilles carpellaires et apparaissent au dehors comme autant de branches stigmatiques.

Les placentas qui garnissent les sutures des feuilles carpellaires peuvent, comme les placentas indépendants, prendre toutes formes; ils sont linéaires dans les Légumineuses, renflés dans le Peuplier, en forme de lames chez le Pavot. Lorsque ces lames s’allongent assez vers l’intérieur de l’ovaire pour se rencontrer, elles limitent des loges dont elles forment les cloisons. L’allongement centripète des placentas adossés aux parois peut se faire à une époque plus ou moins avancée de la vie de la fleur, et à une hauteur plus ou moins élevée ; dans les Asarum,

Fig. 286. — Fleur d’Asnrwm curopœum .

Coiife verticale de la (leur et coupe horizontale de l'ovaire.

dans les Tilleuls, l’ovaire, examiné dans les jeunes boulons, est uniloculaire, muni de placentas adossés aux parois, mais à l’époque de l’épanouissement de la fleur ou anthèse, les placentas, ou, pour dire peut-être avec plus de vérité, les bords des feuilles carpellaires qui portent ces placentas se sont rejoints au centre de l’ovaire et ont partagé cet organe en dix ou en cinq loges.

Les pistils des Cordia, des Vitex, ont d’abord des placentas libres entre eux, adossés aux parois de l’ovaire; mais à une

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époque voisine de l’anthèse, les placentas se sont rejoints pour former cloison dans le fond de l’ovaire, tandis qu’ils sont restés indépendants sur le haut des parois.

Dans les Lis, les Euphorbes, les Géranium, le sommet du placenta s’élève dans l’axe de l’ovaire, soulevé par les bords connés des feuilles carpellaires.

Lorsqu’un placenta est situé au centre de l’ovaire, sans connexion avec les parois de l’ovaire, comme ceux des Santalum des Samolus, il constitue la placentation centrale libre. Lorsque les placentas tapissent une ou plusieurs portions des parois de l’ovaire, comme ceux de VEpimedium, du Pois, du Haricot, de la Violette, ils constituent la placentation pariétale. Enfin si le placenta s’élève dans l’axe de l’ovaire, porté sur les sutures ventrales des feuilles carpellaires, la placentation est axile (1).

Loges vraies et fausses loges. — Cloisons vraies et fausses cloisons. — Un ovaire dont le placenta est central libre ou se partage en placentas pariétaux, ne présente qu’une seule cavité; il est dit uniloculaire. Un ovaire dont le placenta est axile peut être partagé en un certain nombre de chambres; il est dit alors bi, tri, quadri , quinque, multiloculaire. Ainsi l’ovaire du Tabac est biloculaire ; celui de l’Euphorbe, triloculaire ; celui de l’Épilobe, quadriloculaire ; celui du Géranium, quinquéloculaire, etc. Les loges rayonnent autour de l’axe de l'ovaire; elles sont limitées par des cloisons. Ces cloisons sont formées le plus souvent par les bords réunis de deux feuilles carpellaires, qui se sont rencontrés en naissant, chaque feuille grandissant à la manière d’un carpelle isolé ; elles constituent les vraies cloisons, et sont alternes avec les styles et les stigmates proprement dits.

Dans l’ovaire du Lin, le nombre des loges n’est pas le même dans le jeune âge qu’à l’époque de l’anthèse; à une époque assez avancée du bouton, on voit naître sur la face interne de chaque feuille carpellaire, au niveau de la nervure médiane, une cloison qui s’avance vers l’axe de l’ovaire et partage chaque loge primitive en deux compartiments. Chacun de ces deux compartiments

(U Dans la très-grande majorité des cas, co n’est pas sur la ligne même do la suture qu’est soulevé le placenta, niais do chaque côté de celte ligne. En effet, les ovules ne sont pas portés sur cette ligne même, mais placés en séries ou groupés île chaque cété,

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est une fausse loge; la cloison souvent incomplète qui les sépare est une fausse cloison, un style ou un stigmate lui est superposé. Il arrive très-fréquemment que le nombre de loges présenté par un ovaire dans son jeune âge est amoindri à l’époque de l’épanouissement, par suite d’un phénomène d’atrophie ; ainsi, l’ovaire du Noisetier, qui a primitivement deux loges, n’en a plus qu’une à l’âge adulte; l’ovaire du Chêne, du Hêtre, qui a primitivement trois loges, n’eu a plus qu’une à l’âge adulte; l’ovaire du Châtaignier, qui a primitivement six loges, n’en a également qu’une seule â l’âge adulte.

Ovules. — Les ovules sont ces petits corps contenus dans l’ovaire et attachés au placenta. Ce sont eux qui, après la fécondation, deviennent des graines.

Composition de l’ovule. — Un ovule est nu ou revêtu de téguments. Il est nu chez l’If, le Gui, le Myrica, etc., a la forme d’un petit cône ou d’un œuf et est appelé nucelle; le tissu en est cellulaire et uniforme. L’ovule est entouré de téguments dans le plus grand nombre des plantes; ces téguments forment ordinairement deux sacs concentriques : l’externe s’appelle primine, l’interne, secondine. Chez la plupart des plantes gamopétales et chez certaines polypétales, l’ovule n’est recouvert que par un seul sac. La primine et la secondine naissent â la base du nucelle, sous forme d’anneaux, successivement, la primine derrière et après la secondine; elles grandissent et forment un double sac qui s’élève souvent au-dessus du sommet du nucelle, mais ne le recouvre pas complètement. Le très-petit canal limité par les téguments, au-dessus du sommet du nucelle, s’appelle le micropyle ; l’ouverture de la primine est Yexostome (de ê%&>, en dehors, et <TTo'(/.a, bouche) ; celle de la secondine est Yendostome (de évÆ’ov, en dedans....). L’ovule est attaché directement ou non au placenta ; dans le premier cas il est dit sessile ; dans le second, il est uni au placenta par un cordon appelé funicule ou cordon ombilical dans l’axe duquel courent les vaisseaux. Le point d’attache de l’ovule au funicule ou au placenta a reçu le nom de hile ou ombilic. La chalaze est la base du nucelle, c’est l’endroit où naissent les téguments.

Forme des ovules. — Un ovule est dit orthotrope (de èjflà;, droit) lorsque le micropyle est diamétralement opposé au hile.

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Toutes ses parties se sont développées d’une manière uniforme, le hile se confond avec la chalaze.. Ex. : ovules de Rhubarbe, de Polycjonum . L’ovule est anatrope (de avarpomn, renversement), lorsque par suite d’un développement inégal de ses parties, il semble renversé; le micropyle est venu se placer contre le hile. Dans cette position, le hile est resté en place, mais la chalaze a suivi la base du nucelle, qui s’est déplacé ; elle a entraîné une sorte de prolongement du funicule qui 1 unit au hile et qui est appelé raphé. Ex. : ovules d’Hellébores, de Renoncules.

Un ovule qui n’achève pas complètement le mouvement d anatropie est dit hémitrope (de r;y.«ni;, demi )•

I . ovule orthotrope : f, funicule ; h, liile ; m, micropyle. — 2, ovule anatrope : A, hile r, raphé ; c, chalaze; m, micropyle. — 3, ovule campulitjrope : f , funicule; A, hile n, micropyle. — 4, ovule hémitrope : f , funicule ; A, hile ; r, raphé ; c, chalaze rn, micropyle.

L’ovule est dit campulitrope (de jcajMriXoç, courbé....), ou ampliitrope (de àp/pi, des deux côtés...), lorsque son micropyle vient contre le hile, sans changement de place de la chalaze par rapport ii l’ombilic ; de sorte qu’il n’existe pas de raphé. Dans le mouvement de campulitropie, une portion de l’ovule forme une gibbosité qui s’abaisse d’un côté du hile, tandis que le micropyle décrit une courbe pour venir se placer de l’autre côté, ce qui donne aux ovules campulitropes la forme d’un rein. Ex. : ovules de Giroflée, de Chou, de Nielle des Rlés.

Dans l’Euphorbe, le Ricin, le Croton, et dans un très-grand nombre d’autres plantes, le micropyle est recouvert par une sorte de coiffe qui émane de l’axe floral ; cette coiffe csl de forme

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très- variable, on l’a appelée successivement chapeau, caroncule, heterovule; M. Bâillon qui, le premier, en a fait connaître la véritable origine, l’a nommée obturateur.

Fig. 288. — Coupe verticale d’nn ovule aimtrope.

n, nucc-lle; s, secondine, p, primine ; ( , fuoicule ; h , niveau du liile ; n, vaisseaux nourriciers; r, raphé ; e, chnlaze ; e, endnstomo : xe, exostome.

Enlin, il peut se former à la surface de l’ovule des productions de tissu qui continuent leur développement lorsque l’ovule devient graine ; elles seront étudiées dans le chapitre consacré a la graine.

Position des ovules. — Lorsque l’ovule est unique dans une loge, il est d’usage de le dire dressé, s’il s’élève du fond de cette loge; ascendant s’il s’élève, fixé par le hile à la paroi latérale • renversé, s’il pend du haut delà loge; pendant ou suspendu, s’ii pend, fixé par le hile à la paroi latérale. Si les ovules sont au nombre de deux dans chaque loge, ils sont placés au même niveau h côté l’un de l’autre et ditsco//aférauæ, ou placés au-dessus 1 un de 1 autre et dits superposés. S’ils sont en nombre plus grand, sur deux séries, ils sont ordinairement horizontaux.

Toutes ces épithètes, que l’usage a consacrés, sont loin d’avoir toujours la valeur qu’on leur a donnée; ce qu’il importe plus c’est de déterminer la position des différentes parties de l'ovule par rapport au placenta. Ainsi, un ovule ascendant, anatrope peut, dans une loge, avoir le raphé placé contre son placenta ou rapproché de la paroi de l'ovaire; dans le premier cas, le raphé est intérieur ou interne; dans le second, il est extérieur ou externe; le micropyle peut être supérieur, inférieur, intérieur ou

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interne, extérieur ou externe. Les ovules de Melia, d’Euphorbe, sont suspendus; ils ont le raphé intérieur, le micropyle supérieur et externe. Les ovules de Buis sont collatéraux et suspendus, ils ont le raphé extérieur, le micropyle supérieur et interne. Les ovules de Tilleul, de Renoncule, sont ascendants; ils ont le raphé intérieur, le micropyle inférieur et externe. Les ovules de Consolide, de Bourrache, sont dressés; ils ont le raphé extérieur, le micropyle inférieur et interne. Quand, par suite de pression extérieure sur les parois des loges, ou pour une autre cause, les ovules sont obligés de changer de position, ils peuvent, de suspendus qu’ils étaient, devenir ascendants et vice versa. Si ce changement survenait pour les ovules d’Euphorbe, ils apparaîtraient, en dernier lieu, ascendants, mais leur raphé serait extérieur et le micropyle inférieur et interne. Tel est, du moins, ce qu’on observe dans la très-grande majorité des cas. Si les ovules sont placés dans l’angle d’une loge', sur deux séries verticales, ils se touchent par leur raphé.

Changements dans l’intérieur de l’ovule avant la fécondation. — Pendant que la fleur est en bouton, l’ovule garde sa structure cellulaire uniforme; mais lorsque la fleur s’épanouit, que le

Fig. 289. — Coupe verticale d’un ovaire mûr de Leon tice. L’un des ovules a été coupé verticalement ainsi que son sac embryonnaire.

moment de la fécondation approche, des changements s’opèrent dans l’intérieur du nucelle. L’une des cellules grandit considérablement et refoule les autres vers les parois ; son agrandissement est régulier, comme on peut le voir dans le Leontice, ou irrégulier, comme dans l’Amandier; quoi qu’il en soit, celte cellule plus grande constitue une cavité, un sac, dans lequel se développera plus tard l’embryon, sac qu’on est convenu d’appeler sac embryonnaire.

Le sac embryonnaire reste ordinairement inclus dans le nucelle, mais il peut faire hernie au sommet et s'avancer plus ou

BOCQUII.LON. 35.

622 PHANÉROGAMES OU ËMBRYONNÉES.

moins loin dans la cavité ovarienne; c’est ainsi que dans le Santalum, dans le Gui, sa partie supérieure se fait passage au sommet du nucelle et s’avance jusqu’au style ; dans la Capucine, celte même portion s’incurve après sa sortie du nucelle. Enfin, le sac embryonnaire n’est pas toujours unique, il en existe parfois deux, trois ou plus dans le même nucelle.

Le sac embryonnaire contient, dans son intérieur, un liquide protoplasmique que révèle avec facilité la teinture iodée unie à l’acide sulfurique étendu. C’est au moyen de la matière proto-

Fio. 290. — Arrivée du tube pollinique sur le sac embryonnaire.

/, tube pollinique ; v, vésicules embryonnaires ; s, sac embryonnaire ; a, vésicules antipodes ; n, nucelle ; se, seoondine; pi', primine.

plasmique que vont se constituer de nouveaux éléments. Tout d’abord, dans le fond du sac embryonnaire, se montrent des vésicules en petit nombre ordinairement et qui n’ont qu’une existence temporaire ; elles ont été nommées vésicules antipodes et sont à l’opposite de vésicules qui apparaissent plus tard et qui occupent le sommet du sac embryonnaire. Ces vésicules formées en second lieu sont en petit nombre; le plus souvent il n’en existe que deux; elles sont d’une extrême petitesse et ont une importance capitale, puisque ce sont elles qui deviendront les embryons; on les a appelées vésicules embryonnaires.

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