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FÉCONDATION

La fécondation est l’acte par lequel l’ovule devient graine, l’ovaire devient fruit. Elle est indispensable pour l’évolution complète de l’embryon. Elle s’opère au moment du contact du pollen avec le sac embryonnaire.

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Lorsqu’un grain de pollen est porté sur le stigmate, il y rencontre un liquide visqueux qui le pénètre et le gonfle peu à peu, comme le fait l'eau gommée en dehors de la fleur. L, exhymemne se rompt l’endhyménine fait hernie par la solution de contmu.te et s’allonge très-lentement en tube pollinique. Ce tube ne se

crève pas comme lorsqu’on humecte le grain de pollen avec de

l’eau ordinaire, il conserve, par conséquent, la fovilla contenue ; il s’insinue entre les papilles du stigmate ou les traverse, pénètre dans la cavité du style ou disjoint les cellules du tissu conducteur. Chemin faisant, il reçoit des cellules l’humidite qui sollicite à chaque instant son allongement, arrive dans la cavité ovarienne et gagne les ovules, soit en traversant directement la cavité, soit en en longeant les parois tapissées de tissu conducteur. Si le sac embryonnaire a fait hernie, c’est sur le sommet de ce sac que s’arrête l’endhyménine allongée; si le sac reste inclus, le tube pollinique s’introduit dans le micropyle, traverse la faible paroi du sommet du nucelle, si elle existe encore, et s’applique sur le sac embryonnaire. Que se passe-t-il alors?... Quel phénomène a lieu?... Ce qu’on peut vérifier, c est qu après ce moment, un travail particulier s’effectue dans une ou plusieurs vésicules embryonnaires; la corolle, les étamines, h style, se dessèchent le plus souvent et tombent ; l’ovule va devenir

graine, l’ovaire va devenir fruit.

11 y a quelques années, une théorie née en Allemagne, due à M. Horkel, soutenue par MM. Schleiden, Schacht, etc, travestissait singulièrement les faits. Elle admettait que le tube pollinique s’introduit dans le sac embryonnaire" ou détermine une dépression à son sommet; que l’extrémité de ce tube se casse, reste incluse dans le sac ou dans la dépression qu elle y a déterminé, puis, qu’elle se transforme en embryon. C’était admettre que 1 étamine constitue l’organe femelle, et que, par contre, 1 ovaire est l’organe mille. Ce qui a pu faire édifier celte théorie, c est que dans un grand nombre de cas, l’une des vésicules embryonnaires est en face l’extrémité du tube pollinique et semble en être la continuation en deçà de la paroi. Mais il n est pas rare de voir le tube pollinique arriver sur le sac embryonnaire, se couder et s’appliquer dans un endroit notablement éloigné de la vésicule; la vésicule et le tube sont très-distincts, celle-là en

PHANÉROGAMES OU EMBRYONNÉES.

dedans du sac, celui-ci en dehors, et la vésicule embryonnaire se développe cependant en embryon. Ces faits, fréquemment vérifiés, ont réduit au néant la théorie horkelienne abandonnée aujourd’hui.

Les partisans de la parthénogenèse ont vu s’éclaircir leurs rangs à mesure que les faits ont été mieux examinés (voy. p. 165). Il est certain pour nous qu’un ovule ne se transforme jamais en graine, s’il n’a été fécondé. La célèbre Euphorbiacée connue sous le nom de Cœlebogyne (de cœlebs, célibataire, et pv/i, femelle) qui était restée le seul exemple de parthénogenèse, a été vue souvent, dans ces derniers temps, munie de petits organes contenantdu pollen et dont l’étude avait été négligée jusqu’alors. Ces petits organes, il est vrai, n’ont pas toujours la forme d’étamines, mais la forme importe peu; ce qu’il importe le plus, c’est la présence du pollen. Le mot cœlebogyne consacre donc une erreur, et c’est pour la détruire autant que pour obéir aux lois de la classification naturelle, que M. Bâillon a fait du Cœlebogyne une espèce du genre Cladodes, Lour., sous le nom de C. ilicifolia (1).

Arrivée du pollen sur le stigmate. — Dans les fleurs hermaphrodites, tel les que oel le de l’Ancolie, du Melia, de l’Oranger, du Géranium, les anthères sont au niveau des stigmates, de telle sorte que lorsqu’elles s’ouvrent, le pollen est projeté directement sur ces stigmates. Dans les Daphné, le stigmate est placé sous les anthères, au fond du tube de la corolle, et reçoit le pollen devenu libre. Dans le Lapagerm, les étamines sont moins élevées que les stigmates, mais la fleur se renverse de manière que le stigmate devient inférieur. Dans l 'Aristolochia clematitis, où les anthères placées contre le style sont entourées par le tube étroit de la corolle, le pollen libre ne peut être porté sur le stigmate, ce sont de petits insectes qui sont chargés de faire ce transport; une couronne de poils dirigés de dehors en dedans, placée sur la gorge de la corolle, leur permet d’entrer dans le tube, mais leur en interdit la sortie; ils s’agitent dans le fond du tube et portent, dans leurs mouvements, le pollen sur 1rs stigmates. Dans l'Épine-vinette, les anthères sont, dans la fleur

(1) II. Bâillon , in Adansonui, vol. VI, 321, 3G8.

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