Les Rotateurs
Ces cinq classes correspondent an quatrième embranchement de Cuvier, celui des Rayonnés ou Zoophytes, moins une partie des Vers qu’il plaçait avec les Articulés.
( Forment le troisième embranchement de 7. Les Articulés. . . \ Cuvier, celui des Articulés, moins les Annclides, reportés dans la classe des Fers.
Forment le deuxième embranchement de Cuvier, celui des Mollusques, moins quelques animaux reconnus aujourd'hui pour des Articulés.
Il est bien entendu qu’en plaçant dans une série linéaire; les
croupes dont il est ici question, nous ne voulons pas faire entendre que tous les Mollusques soient plus élevés en organisation que tous les Articulés; que tous les Articulés soient mieux organisés que tous les Vers, etc. Nous verrons par la suite comment l’organisation varie dans chaque classe, tout en conservant son type particulier; comment ce type se perfectionne et se complète, à mesure qu’on examine les êtres les plus élevés de chaque groupe. Aucun zoologiste, assurément, ne se représente les différentes classes du règne animal en série linéaire : il les voit formant de nombreux îlots plus ou moins grands, plus ou moins écartés ou rapprochés, et reliés entre eux par des passages uniques ou multiples; passages formés par des êtres qui, n'ayant l’ organisation d’aucun groupe, empruntent à la fois à deux ou ;’i plusieurs.
Lorsqu’on laisse séjourner de l’eau de mer pendant quelque temps dans un vase à l’air libre, et qu’on place une goutte de cette eau sur le porte-objet d’un microscope, il n’est pas rare de la voir peuplée par les êtres les plus singuliers. Ils ont la forme de petites étoiles irrégulières, il rayons très-inégaux, et paraissent avoir la consistance de l’huile. Ils glissent sur la plaque de verre en allongeant leurs rayons ou en en établissant d’autres dans leseus de leur progression. Leur forme est tellement variable et change si souvent, que, lorsqu’on essaye de les dessiner, on est obligé de finir de mémoire le trait qu’on vient de commencer. Ce sont de véritables Protées (tig. 1). On n’aperçoit en eux aucune trace d’organes spéciaux ; c’est ce qui a fait penser qu’ils respirent par la périphérie de leur corps. On ne voit pas de système nerveux ; c’est ce qui a porté les naturalistes à admettre qu’ils sont formés d’une substance jouissant des propriétés nerveuse et musculaire, substance qu’ils ont appelée .“arcade (de «pxôxfr.;, charnu). Ils n’ont pas de tube digestif, et cependant ils se nourrissent.
Lorsqu’un point de leur corps atteint une particule nutritive, cette particule semble d’abord s’y souder, puis elle y détermine
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une dépression et bientôt un enfoncement. Derrière elle, les deux bords se réunissent, et elle se trouve englobée. Les divers mouvements de l’animal la font cheminer, et alors de deux choses l’une : ou elle disparaît complètement absorbée, ou elle
Fia. 1. — Amibe ilifilnente glissant clans le sens indiqué pnt' la (lèche et vue sous trois aspects différents.
n’est absorbée qu’en partie; l’autre partie, non nutritive, est poussée vers la périphérie, détermine un allongement en un lieu variable, d’où elle s’échappe. Un nombre considérable de particules semblables peuvent être introduites ainsi successivement dans un temps très-court, et déterminer autant de dépressions et autant de saillies. La partie absorbée se transforme en une substance analogue à celle du corps. L’animal peut se fractionner, et chaque partie du corps devient un animal complet. Ce mode de génération a reçu le nom de scissiparité.
Telle est la vie de l’animal appelé Amibe diffluente (de àjjLGië-À, permutation).
Comment expliquer la présence de ces petits êtres dans un milieu où ils n’existaient pas d’abord? Deux hypothèses sont en présence. L’une admet qu’il existe dans l’atmosphère un nombre inlini d’œufs, de germes d’êtres organisés qui ne se développent que loisqu’ils rencontrent des milieux appropriés à leur genre d’existence : c’est l’hypothèse des panspermistes. L’autre nie la présence constante des germes, et soutient que la vie peut se montrer au sein de la matière indépendamment d’œufs ou de germes : c’est l’hypothèse des hétèrogénistes.
Les Actinophrys (de àxriv, ïvo;, rayon ; sourcil) (tig. 2), étudiés avec tant de soin par Kolliker, respirent, se nourrissent
NOCTILUQUES, CERCOMONADES. 7
et se reproduisent à la manière des Amibes. Ils diffèrent cependant de ces derniers animaux par la contractilité, l’élasticité de leurs prolongements filiformes, dont ils se servent pour amener la proie au contact de leur corps. C’est en ce point, variable d’ailleurs, qu’il s’établit, comme pour l’Amibe, une bouche de circonstance.
Près de ces animaux, il faut placer les Foramiuifères, tels que les Xoi- JIUUTES, les Miliolites , qui ont formé des dépôts si, considérables à l’époque tertiaire. Leur corps ne restait pas nu, il s’entourait d’une carapace formée aux dépens des sels calcaires dissous dans l'eau ; cette enveloppe présentait un certain nombre de trous pour le libre allongement des expansions sarcodiques.
Les Noctiluqles (de nox, noctis , nuit; lucere, briller, luire) sont des animaux qui vivent dans la mer et donnent aux parages où ils se trouvent l'aspect phosphorescent. Ils ont la forme et les dimensions d’une tète d'épingle; tout le corps est garni d'expansions filamenteuses en réseau, et en un point se montre un appendice contractile.
On désignesouventsous le nom général de Pihizopodes (de iiîx, racine;
-'Ai:, pied) tous ces animaux qui n'ont ni eavité digestive, ni cils vibratiles, et dont lecorps fournit des expansions sarcodiques.
Les Ceucomonades (de unité, et xePxsÇ, queue) (fig. 3) ont le corps piriforme, long de ~ à
... de millimètre. L’extrémité obtuse est munie d'un long fila-
Fig. 3.
A y oereomunas Davaini; B. autre variété
ment flagelliforme, tandis que l’extrémité amincie se termine par un filament caudal aussi long que le corps. Leurs mouvements sont vifs; parfois le corps oscille autour du filament fixé par son extrémité aux corps environnants.
M. Davaine les a rencontrées dans les garderobes encore chaudes de malades atteints de choléra, et d’un autre atteint de fièvre typhoïde.
LaTRiCHOMONADE vaginale (de Tpt/up.x, chevelure) a le corps ovoïde, glulineux, de ~ de millimètre, portant un filament flagelliforme isolé et quatre ou cinq fils disposés en houppe (fig. b). Les Trichomonades jouissent d’un mouvement ondulatoire très-marqué. M. Donné les a trouvées dans du mucus vaginal écumeux.
Les Paramécies (de «apau .w;, oblong) ont, comme l’indique leur nom, le corps oblong. Il est couvert de cils vibratiles disposés en séries régulières et muni d’une bouchelatéralequi fait ressembler l’animal à une petite pantoufle; de là les noms de chausson , animal-pantoufle, sous lesquels il a été désigné. On le trouve fréquemment dans les infusions végétales, dans les vases d’appartement où des bouquets de fleurs ont séjourné. Une espèce, la Paramécie du côlon, a été trouvée par M. Malmsten dans les selles récentes de deux malades atteints de diarrhée rebelle. A l’autopsie, on en trouva une telle quantité dans le mucus du cæcum et du côlon, qu’une seule gouttelette en contenait vingt à vingt-cinq.
Tous les êtres étudiés jusqu’à présent, et beaucoup d’autres, tels que les Volvox, les Vorticelles, etc., etc., étant les plus simples de tous les animaux, constituent un groupe auquel les zoologistes ont donné le nom de Protozoaires (de -omtc;, premier, et Çwov, animal), et qu’on peut subdiviser ainsi :
YIBRIONIENS.
Expansions sarcoiliques.
POIiES
[ Amibes.
r.nizo.l Actinophrys.
' Nummulites.
Miliolites.
Nocliluques.
Filamenls flagelliformes ou cils vibratiles. Ixeesoires
ICercomonades.
Trichomonades.
Paramécies.
Dujardin et les zoologistes les plus recommandables regardaient comme appartenant au groupe (les Protozoaires les petits filaments qu'on désigne ordinairement sous le nom de Yibriunierts.
Les Yibrioniens comprenaient plusieurs genres. Lorsque les filaments étaient roides, à mouvement vacillant, ils constituaient le genre Bacterium: s'ils étaient flexibles, à mouvement ondulatoire. ils constituaient le genre Yibrio; enfin, s’ils étaient en hélice et avaient un mouvement en rapport avec cette forme, ils constituaient le genre Spirillum. (Davaine.)
On a fait jouer, dans ces derniers temps, un grand rôle b toutes ces productions. M. Pasteur les a rencontrées dans les fermentations (1 . M. Davaine a montré que la présence des Bacterium dans le sang des moutons amène cette épizootie si meurtrière, connue sous le nom de sang de rate. 11 a prouvé de plus que le sang de ces moutons, injecté à plusieurs de nos animaux domestiques, détermine la même maladie (2). Signol a rencontré aussi des Bacterium dans le sang des chevaux atteints de diathèse typhoïde, etc. (3). Tigri les a reconnus dans le sang d'un homme atteint de fièvre typhoïde ; il pense que les Vibrions se développant dans le sang des cadavres en hâtent la putréfaction (û).
Les Yibrioniens sont-ils des animaux? M. Davaine, qui, avec les zoologistes qui l’ont précédé, les regardait comme tels, pense aujourd'hui qu’ils sont plutôt les ana'ogues de quelques
H Pas'eur, Complet rendus de l'Acad. des sciences 1” série, 1803, p. 410. (2) Davaine, ibid., 2 * série, 1803, p. 220, 351 , 380, et 2- série, 1804, p. 393 l3J S'gnol, Md.. 2« série, 18G3, p. 348.
(4| Tigri, Md., 2* série, 1803. p. 033.833.
P.OCOni.I.OK.
Cryptogames (1). Les réactifs chimiques ont en effet sur eux la même action que sur certaines Conferves.
II n’est pas aussi facile qu'on pourrait le croire de formuler les caractères qui distinguent l’animal du végétal. Si les différences sontévidenteslorsque ces êtres sont élevés en organisation, elles deviennent tellement cachées lorsque l’on compare entre eux les êtres les plus simples, qu’elles sont insaisissables. C’est ici qu’il est vrai de dire : les extrêmes se touchent, et c’est aussi ce qui explique comment tant de plantes ont pu être considérées comme des animaux, et comment tant d’animaux ont été pris pour des plantes.
Tous les animaux mâles connus ont une liqueur fécondante appelée le sperme (de <nrspp.a, semence). Lorsqu’elle est saine, elle contient un grand nombre de filaments plus ou moins déliés (fig. 5, Jamain). Ceux de l'homme ont un ^ de millimètre;
l’une de leurs extrémités est renflée en tête, l’autre amincie en queue. Ils sont doués de mouvements très-vifs, et progressent la tête en avant, tandisque la queue ondule comme celle des serpents.
On les a considérés longtemps comme des animaux, et on les a appelés animalcules spermatiques, spermatozoïdes (de a-spuz, sperme; Çwcv, animal, et «Wc?, forme). On sait aujourd'hui que ce sont des cellules embryonnaires mâles, et qu’elles résultent de la segmentation du vitellus dans l’ovule mâle (‘2).
(t) Davaino, op. cit., 2‘ série, 1864, p. G30.
(2) Nous verrons plus loin qu’il existe des cellules analogues dans certains végétaux.
U. Robin donno le nom d’ovule mâle à de grandes vésicules qu’on rencontre dans les canaux séminifères du testicule. Ces vésicules renferment une ou plusieurs cellules qui, par métamorphose, donnent naissance chacune à un spermatozoïde (tig. 5, 2, 3, 4 et 5).
On trouve dans les organes génitaux femelles do petits corps qui ont reçu depuis ongtemps le nom d’ovules , et qu’il faudra désigner sous le nom d'ovule* fe-
Fio.5.
*1, spermatozoïdes; 2, ovule mâle, grande cellule du sperme; 3, cellules incluses dans chacune desquelles se développera un spermatozoïde; 4, mêmes cellules isolées ; 5, une grossie.
ÉPONGES