‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 32 sur 155 · VI. — ROTATEURS · texte numérisé non relu

VI. — ROTATEURS

Les Rotateurs sont des animaux de petites dimensions qu’il est bien difficile de placer dans les groupes secondaires admis par Cuvier. Ehrenberg et Bory-Saint-Vincent en faisaient des Infusoires, Lamarck les rangeait avec les Polypes, Dujardin en faisait un groupe des Systolides qu’il rapprochait des Vers. M. Milne Edwards adopte aussi cette disposition, mais il reconnaît à ces petits êtres une organisation bien supérieure à celle des Vers, enfin M. Dana les place avec les Crustacés. Ces différentes opinions de zoologistes éminents montrent assez combien l’étude de l’organisation de ces animaux présente de difficultés et combien sont insensibles les nuances qui différencient les êtres inférieurs. Ce n’est pas à titre déclassé que nous plaçons ici les Rotateurs, mais comme un groupe incertœ sedis.

Les animaux si connus sous le nom de Rotifères (de rota, roue, et fero, je porte), et dont on s’est tant entretenu ces années dernières, appartiennent à ce groupe. Ce sont ces animaux ressuscitants qui vivent dans les mousses des toits et sur les vieux murs. Spallanzani, Schullz, et plus récemment Doyère et Gavarret, ont montré que lorsqu’on les dessèche, ils perdent totalement la propriété de se mouvoir, de se contracter; toute trace de vie disparaît; ils ressemblent alors à de petits globules de gomme arabique desséchée et transparente. Ils peuvent rester longtemps dans cet état; mais si on les humecte, on les voit manifester leur existence, d’aborcl par des contractions, puis par des mouvements vifs qui ne le cèdent en rien à ceux qui précédaient le dessèchement.

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