ROTIFÈRES
Leur corps est symétrique, mou, fusiforme, long de 0mm,â à 1 millimètre, recouvert d’un tégument. Plusieurs vivent dans les eaux douces, et ne peuvent supporter le dessèchement. La partie antérieure de leur corps porte latéralement deux roues recouvertes de cils vibratiles sur leur circonférence, la partie postérieure porte également des cils vibratiles, et esldigitée. Le tube digestif est complet, la bouche est située entre les roues, munie de deux mâchoires, et est suivie d’un intestin qui débouche à l’anus situé sur le dos.
Les deux roues servent à la fois à l’animal pour lui amener sa nourriture, pour lui amener l’air et pour progresser. En effet, ces roues tournent dans l’eau à la manière de celles d’un bateau à vapeur; elles battent l’eau, la chassent sans cesse, et déterminent à chaque instant une nouvelle arrivée du liquide. Il en résulte conséquemment une nouvelle arrivée d’air pour la respiration, qui se fait par la périphérie du corps. Le mouvement des roues produit la progression par un mécanisme analogue à celui qui fait avancer le bateau à vapeur. Le Rotifère peut en outre progresser à la manière d'une sangsue, en fixant alternativement les extrémités du corps, bien que ces extrémités ne soient pas munies de ventouses.
Les animaux qui composent le grand groupe des Articulés n’ont plus simplement le corps partagé en segments incomplets, comme beaucoup deVers; ce corps comprend unesuited’anneaux très-marqués, formant des masses articulées l’une avec l’autre; leurs membres, quand ils en ont, sont aussi articulés avec le corps et possèdent eux-mêmes plusieurs articulations; leur système nerveux est ganglionnaire et symétrique ; la bouche présente une organisation toute particulière, ("est à ce groupe qu’appartiennent le Hanneton, la Cantharide, l’Abeille, les Papillons, le Scorpion, les Araignées, le Homard, l'Écrevisse, etc. L’énumération de ces quelques animaux suffit pour indiquer combien varie 1 organisation chez les divers représentants des Articulés, et combien il eût été long et pénible de les étudier sans mé-
thode, un à un. Mais si l’on remarque qu’une parenté bien plus grande existe entre le Hanneton, la Cantharide, l’Abeille, les Papillons qu’entre ces mômes animaux elle Scorpion, on comprendra que, pour l’étude, il y aurait avantage à séparer les premiers du second; qu’ayant étudié le Hanneton, par exemple, il serait très-facile de connaître l’organisation de la Cantharide, qui lui ressemble beaucoup. On a donc formé des groupes secondaires dans les Articulés, et ces groupes secondaires ou classes ont reçu les noms de Crustacés, d’AuACHNiDES, de Myriapodes, et d’iNSECTES.
Sauf quelques exceptions, il est assez facile de reconnaître auquel de ces groupes appartient un Articulé.
Si, lorsqu’il est arrivé à l’ége adulte, il a trois paires de pattes et respire par des trachées (1), c’est un Insecte;
S’il a quatre paires de pattes, qu’il respire par des poumons ( '2 ) ou par des trachées, c’est une Arachnide;
S’il a un très-grand nombre de pattes et respire par des trachées, c’est un Myriapode;
S’il respire par la peau ou par des branchies (3), le nombre des pattes étant variable, cinq paires ou plus, c’est un Crustacé.
Il ne faut pas croire que toutes ces classes d’animaux soient aussi tranchées dans la nature que dans les livres, et nos classifications, quelles qu’elles soient, sont toutes artificielles. Nous aurons l’occasion de montrer, dans le cours de ce chapitre, comment on passe d’une classe à l’autre par tous les intermédiaires.
(1) Les trachées sont des tubes entre les parois desquels se trouve un fil spiral qui les maintient béantes. Elles prennent l’air du dehors et le mènent au contact du sang dans toutes les parties du corps. Elles indiquent une respiration aérienne.
(2) Les poumons sont des organes intérieurs placés dans telle ou telle portion du corps et dans lesquels l'air extérieur est amené au contact du sang. Ils indiquent une respiration aérienne.
(3) Les branchies sont le plus souvent des organes extérieurs en fils déliés et contenant du sang. Ces organes plongent dans l’eau, et il s'y fait à travers leurs parois un échange entre l’air contenu dans l’eau et les gaz du sang. Ils indiquent une respiration aquatique. Nous no voulons pas dire que les animaux munis de trachées ou de poumons no respirent que dans l'air, ni que ceux munis de branchies ne respirent que dans l'eau ; on saitquo beaucoup d'insectes ne vivent que dans l’eau, que les poissons viennent souvent au-dessus de l'eau pour respirer l’air en nature, que plusieurs peuvent se tenir longtemps hors de l’eau.
CRUSTACÉS
1° CRUSTACÉS
On serait dans une grande erreur si l’on croyait que tous les Crustacés ressemblent forcément au Homard ou à la Langouste, au Crabe ou à l’Écrevisse. Ceux-ci sont les plus élevés en organisation, mais il en est un bon nombre d’autres dans lesquels il est bien difficile de reconnaître le type crustacé. 11 existe si peu de ressemblance entre les uns et les autres, que M. A. Milne Edwards n’a pu les définir exactement que par cette formule faite en termes si généraux : « Les Crustacés sont tous les animaux annelés à respiration branchiale ou cutanée, dont le corps est pourvu de membres articulés, soit permanents, soit transitoires. » Puisque certaines parties du corps peuvent être transitoires, il est évident que lorsqu’on voudra connaître l’organisation d’un Crustacé dans lequel ces particularités existent, il est évident, disions-nous, qu’il faudra examiner cet animal b tous les âges. On assistera d’abord à sa naissance et on le suivra pas à pas dans son existence, jusqu’à ce qu’il arrive à l’âge adulte. C’est en employant cette méthode si féconde en heureux résultats que MM. Van Beneden et Gerbe ont pu déterminer avecceritude la place naturelle de certains animaux de cette classe.
M. A. Milne Edwards (1) a proposé la classification suivante des Crustacés. Elle a le mérite de la simplicité et de la détermination rapide des individus.
Les Crustacés comprennent deux sous-classes :
1° Les Basinotes (de paaiç, base, et vütoç, dos, ou Cirripèdes (de cirrus cirre, pedes , pieds). Ils ont les sexes réunis. Les individus adultes sont fixés, mais non parasites, et adhèrent aux corps étrangers par un pédoncule dorso-frontal.
2° Les Crustacés proprement oits ou Éleuthéronotes (de èXe60epo<;, libre, et vûrc;, dos). Us ont les sexes séparés. Les individus sont libres ou parasites, et, dans ce dernier cas, fixés par la bouche ou par les pieds-mâc!io:res. Ils sont subdivisés en :
(H A. Milne Edwards, Histoire des Crustacés podophthalmaires fossiles.
Crustacés ordinaires ouEustomes (de su, bien, et or oW, bouche), qui comprennent les Podophlhalmaircs (dei-roû;, noâ'd;, pied, otpOoXf&ô;, œil), qui ont les yeux toujours pédonculés et mobiles, une carapace,, une bouche armée de six paires d’appendices ou davantage; et les Oligognathes (de oXéy c.;, petit, et pâûo;, mâchoire), qui ont les yeux toujours immobiles et non pédonculés, rarement une carapace. Leur bouche est garnie de trois à quatre paires d’appendices seulement.
Et Crustacés agnathes (de à privatif, et pâlo', mâchoire), ou xiphosures , dont la bouche est dépourvue d’appendices spéciaux , et entourée de pattes-mâchoires seulement.
C’est à la subdivision des Crustacés à yeux pédonculés (Podophlhalmaires) qu’appartiennent tous ces animaux munis de branchies enfermées ; ils ont cinq paires de pattes et portent, pour cette raison, le nom de Décapodes. L’ordre des Décapodes a été partagé en sections : la première est celle des Crustacés dont l’abdomen est court, reployé sur le thorax, les Brachyurcs (de ppayj ù;, court, oùpa, queue), comme les Crabes ; la deuxième comprend les Crustacés dont l’abdomen, de grandeur médiocre, est lamelleux et membraneux, les Anomoures (de ctvojj.cç, irrégulier, et oùpa, queue), comme le Pagure ou Bernard l’ermite; la troisième renferme les Crustacés dont l’abdomen est trèsdéveloppé, non reployé, et terminé par une nageoire en éventail, les Macroures (de p.axpo'ç, long, et oùpoî, queue), comme les Écrevisses, les Homards, les Langoustes.
D’autres Podophthalmaires n’ont plus les branchies abritées, elles sont libres et abdominales, les pattes se terminent par des houppes frangées : ce sont les Stomapodes (de orop-a, bouche, et -où;, -cSo;, pied), comme les Squilles.
Les Crustacés qui ont les yeux fixes peuvent comprendre une infinité de sections ; nous renvoyons, pour les connaître, aux ouvrages spéciaux, et nous ne citerons que l’ordre des Isopodes (de îoo;, égal, et iroü;, m So'ç, pied) . Les animaux qui le composent n’ont pas l’abdomen terminé par une nageoire, ils sont munis de cinq paires de pattes terminées par des lamelles frangées qui leur servent de branchies. Parmi eux se trouvent les Cloportes et les Armadilles, usités autrefois en thérapeutique.
C’est près de l’ordre des Isopodes qu’il faut placer ces singuliers Crustacés fossiles qu’on trouve dans les terrains primaires, et qui sont connus sous le nom de Trilobites.
CRUSTACÉS
BASINOTES OU CinRJPÈDES.
Les Basinotes ou Cirripèdes ont été regardés successivement comme des Échinodermes et des Mollusques, parce qu’ils sont entourés de parties calcaires. Mais lorsqu’on les examine attentivement, on peut voir sur leur corps des divisions circulaires; leurs cirres, disposés par paires, sont véritablement articulés et rappellent les appendices qui existent sous la queue de l’Écrevisse; leur système nerveux est ganglionnaire et présente la forme que nous retrouvons chez tous les Articulés. Cependant l’inspection de leur corps, à l’âge adulte, ne suffit pas pour motiver leur classement dans les Crustacés; il a fallu 1rs examiner dans leur jeune âge pour reconnaître en eux des caractères communs avec les Crustacés inférieurs. Ces animaux sont libres à leur naissance et ont le corps mou; plus lard, iis se fixent aux corps sous-marins. Leur corps est entouré d’un sac ou manteau qui s'encroûte de parties calcaires et forme des valves en nombre variable, soudées entre elles ou libres. La bouche est entourée de pièces articulées que l’animal allonge hors de sa coquille et dont il se sert pour déterminer des courants d’eau (jui lui apportent sa nourriture. Les Cirripèdes sont le plus souvent hermaphrodites. Ils n’offrent aucun intérêt pratique pour le médecin. Ils appartiennent à deux types principaux très-communs; ce sont : les Balanes ou Glands de mer, Tulipes, Turbans, dont la coquille est sessile, qui s'attachent aux roches, aux coquilles, aux flancs des navires, dont les Chinois font, dit-on, un mets délicieux ; et les Anatifes, dont la coquille est pédiculée. Cette coquille est formée de cinq valves unies et rapprochées par une membrane. Les Anatifes sont très-communes; elles s’attachent aux corps sous-marins, et particulièrement â la quille des navires.